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Société Générale : mal aimée, mais peut-être plus pour très longtemps

By 11 février 2021janvier 23rd, 2023No Comments

Zoom sur Société Générale, bonnet d’âne du CAC40 en 2020, mais qui pourrait bientôt profiter d’un « effet rattrapage » du secteur bancaire, à la traîne au sein de l’indice de référence de la Bourse de Paris.

Société Générale (FR0000130809-GLE) a donc réalisé la pire performance parmi les 40 valeurs du CAC l’an passé, l’action de la banque rouge et noire ayant finalement fondu de 45%. De nombreux actionnaires se rappelleront longtemps ce plongeon abyssal de 32 € le 19 février 2020 jusque vers 13 € un mois plus tard (soit une baisse d’environ 60%). Pire, le cauchemar s’est ensuite prolongé jusqu’au 15 mai, le titre touchant alors un plancher des 11,75 €.

On aurait pu croire à l’époque que « SG » constituait la synthèse des problèmes rencontrés par Unibail-Rodamco-Westfield, Airbus Group et Vallourec – en exagérant à peine tant les performances étaient comparables – et cette impression ne s’est pas dissipée de tout l’été. Les choses ont même encore empiré à l’automne, alors que l’action peinait à préserver le palier des 11 € les 29 et 30 octobre.

Les parcours de BNP Paribas et de Crédit Agricole n’apparaissaient guère différents, mais les cours des deux banques se maintenaient 10% au-dessus des planchers annuels de la mi-mars (et non de la mi-mai), ce qui laisse planer le soupçon d’une stratégie « long/short » au détriment de Société Générale.

Un dividende deux fois inférieur à celui que distribuera BNP Paribas

Invité sur BFM Business à venir commenter les résultats trimestriels ce mercredi 10 février, son patron Frédéric Oudéa a beaucoup insisté sur l’absence de détérioration du portefeuille de crédit à l’échelle mondiale, soulignant la chute de 38% des faillites en France. Toutefois, chacun sait qu’il s’agit là d’un « petit miracle », entièrement imputable aux prêts garantis par l’Etat (PGE) et autres mesures de compensation des charges pour des entreprises privées de chiffre d’affaires par décision administrative, des aides qui ne dureront pas éternellement, comme l’a rappelé Bruno Lemaire, tandis que les crédits devront bien être remboursés. M. Oudéa n’en a pas moins souligné que les entreprises endettées et à cours de trésorerie pourront demander et obtenir un report de l’échéancier à début 2022 (sous réserve que le dossier soit viable), ce qui dégage l’horizon pour l’année en cours.

Pour le reste, la dernière publication de Société Générale est mitigée avec certes un bénéfice hors éléments exceptionnels de 1,435 Mds€ en 2020, mais un recul de 28,1% desdits bénéfices à 470 M€ au dernier trimestre, et une perte annuelle brute de 258 M€. On peut en outre se montrer réservé quant à la minoration des provisions pour pertes (défaut sur les crédits) à 689 M€, au lieu de 993 M€ anticipé par les analystes. Cet écart de 300 M€ aurait en effet pu se soustraire au bénéfice annuel susmentionné, ce qui change un peu la perspective si l’on compare avec les 6,8 Mds€ de bénéfice net part du groupe de BNP-Paribas, qui proposera pour sa part un dividende de 1,11 €, le double de celui dévoilé par « SG ».

La résistance des 18,3 € de nouveau testée

Oudéa a par ailleurs confirmé le déploiement d’un plan de rachat d’actions d’un montant de 470 M€, équivalent à celui consacré au dividende qui sera versé (en juin). Voilà pour le côté lumière.

Côté ombre, les ratios de solvabilité respectent peut-être les critères de la BCE sur le papier, mais toute la communauté financière sait que Société Générale est l’une des banques les plus « leveragée » sur les marchés dérivés… C’est tout saut un scoop, le marché fait avec depuis plus d’une décennie et cette réalité est « discountée » depuis tout aussi longtemps, d’où la sous-valorisation persistante du titre.

Qu’à cela ne tienne : le voici qui tente de refranchir la résistance des 18,3 € testée les 8 juin et 4 décembre derniers, puis les 7 et 8 janvier. En cas de succès, « SG » s’ouvrirait le chemin des 21,34 € (l’ancien « gap » du 6 mars 2020 et ex-plancher du 21 juin 2019), avec ensuite les 22,62 € en ligne de mire (l’ex « gap » du 5 mars 2020 et ex-plancher du 8 octobre 2019), ce qui représente un potentiel de progression de 16 voire 20%.

Plus largement, on ne peut exclure un scénario de rattrapage du secteur bancaire par rapport au CAC40, qui semble « en panne » dans la zone des 5 700 points, et une surperformance si l’indice franchit ce cap. Il s’agit en effet de l’unique secteur qui peut à la fois bénéficier de la dynamique de reprise et de la hausse des taux qui l’accompagnerait.

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