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Avec ce qu’il se passe en Bourse, Philippe Béchade a l’impression de voyager dans le temps. La séquence actuelle lui rappelle étrangement la séquence qui avait précédé la bulle internet…

 

Jerome Powell vient de marquer de précieux points pour muscler son profil de « candidat le plus crédible » – si nous pouvons reprendre l’expression de Janet Yellen – pour diriger la FED de 2022 à 2026 : l’annonce du « tapering » est très bien passée !

Merveilleusement même puisque Wall Street réalise un carton plein avec 8 records absolus sur 10 possibles pour les indices US « larges » ou sectoriels. On note un 4/4 sur les indices majeurs et un 8/8 sur les indices « généralistes ».

Pour les moins célèbres, citons le Dow Jones US Total Stock Market Index à 43 390 points, le Nasdaq-100 à 16 145 points, le NYSE Composite Index à 17 210 points, le Barron’s-400 à 1 103 points…

Et dans l’euphorie générale, n’oublions surtout pas ce 3 novembre où le Dow Jones Transportation (ou « Dow transport ») a perdu 0,94% à 16 861 points et le Dow Jones Utility Average a chuté de 0,55%… Normalement, ce sont des valeurs ennuyeuses sans vélocité haussière et donc sans attrait dans un contexte d’euphorie générale.

Bref, ça a explosé !

Ça continue de grimper… Mais jusqu’à quand ?

Parmi les 4 indices majeurs les plus suivis au quotidien, celui qui semble valider le scénario le plus marquant du point de vue de l’analyse technique, c’est le Nasdaq qui a bondi de 0,8%. Il franchit les 15 750 points et inscrit un 5ème record absolu consécutif à 15 812 points, à l’issue de sa 13ème séance de hausse sur une série de 16.

Seul le S&P500 (+0,65% à 4 660) fait mieux avec une 14ème séance de hausse sur 16 et un 5ème record consécutif à 4 660 points.

En quoi le seuil des 15 750 points est-il à retenir ?

C’est tout simplement l’ultime ligne de résistance moyen terme unissant les deux précédents sommets historiques majeurs   14 175 points le 16 février, 15 375 points le 7 septembre.

Cela fait +9 180 points gagnés depuis le plancher des 6 630 ; +238%… ou +61% depuis le précédent zénith des 9 838 du 19 février 2020 ou encore +21,6% depuis le 4 mai, dont +11,5% en un mois seulement.

Même si les bénéfices ont fortement progressé en un an, ils n’ont certainement pas bondi de 61% par rapport à l’avant-Covid-19.

Et il faut le dire : les valorisations ont explosé de +100% sur la douzaine de titres qui apporte 90% de la performance du Nasdaq-100.

Sans grande surprise, Tesla figure désormais en pole position avec une capitalisation passée de 78 Mds$ à 1 475 Mds$ en 18 mois tandis que son chiffre d’affaires a juste… doublé. Son poids boursier a été multiplié par 20 !

Un tel niveau de déséquilibre et d’expansion des multiples rend la performance future du Nasdaq très difficile à évaluer, sinon à justifier…

Mais si nous nous en tenons au graphique, et rien qu’au graphique, le Nasdaq inaugure un nouveau canal qui nous pourrions qualifier d’hyper-parabolique, sans objectif plafond, avec juste une petite étape symbolique à valider à 15 900 points (le ratio de Fibonacci par rapport au zénith du 19/02/2020).

Compte tenu des 6 550 Mds$ de capitalisation combinée de Microsoft, Apple et Tesla, l’évolution du Nasdaq est de plus en plus tributaire des géants de la tech. Avec Tesla en figure de fer de lance, on se retrouve avec un scénario de hausse hyper-parabolique qui signe souvent les derniers moments d’une phase d’hystérie spéculative… Pour ceux qui ont une grosse mémoire, la dernière fois que nous nous sommes retrouvés dans une situation similaire, avec des proportions comparables sur le Nasdaq, c’était entre la mi-octobre 1998 et mars 2000. Et cela avait duré 16 Mois !

C’est pourquoi, les records de début septembre (S&P et Nasdaq) semblaient cadrer avec une duplication de la séquence 1998/2000… mais depuis le 29 octobre, le scénario du double top est exclu et le scénario mi-mars 2020/novembre 2021 ne ressemble plus à rien de connu. Nous sommes donc dans l’inconnu le plus total…

Ceci confortera les adeptes de la stratégie du « trend following » : on ne sait pas pourquoi ça monte, ni jusqu’où ça monte, raison de plus pour se jeter sur tout ce qui monte… puisque les « algos » – qui ne se posent jamais de questions existentielles – font ça très bien !

 

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