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GoldOR / GOLDOr et matières premièresTaux & Devises

En 2024, oubliez l’or, place à l’argent !

By 18 décembre 20232 Comments

En pulvérisant le seuil des 2 100 $ par once avant d’approcher les 2 150 $, l’or a réussi à dépasser la résistance qui limitait sa hausse depuis la fin 2020. Mais attention, l’argent-métal, beaucoup plus abordable, possède lui aussi un potentiel de hausse important.

 

C’est finalement la quatrième tentative en trois ans au-dessus des 2 070 $ qui fut la bonne, pour que la relique barbare, malgré son repli entamé à la suite du record, retrouve la faveur des analystes qui la voient désormais atteindre de nouveaux sommets.

 

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Le métal jaune a atteint un nouveau record début décembre. Infographie : Investing.com

 

La hausse de la plus médiatique des matières premières cache pourtant plusieurs faiblesses. Si les aficionados de la monnaie physique voient dans ce sursaut une preuve bienvenue que le règne des monnaies fiduciaires touche à sa fin, il n’en demeure pas moins que le métal jaune risque de faire face à des vents contraires ces prochains mois.

Alors que tous les regards se tournent vers l’or, avec un risque d’emballement haussier comme le prouve la volatilité de ces derniers jours, les investisseurs contrariens pourraient avoir intérêt à s’éloigner de la star des métaux précieux pour s’intéresser à son éternel second couteau : l’argent-métal.

D’un côté, les fondamentaux plaident pour une baisse du cours de l’or à court terme. De l’autre, les facteurs de hausse s’accumulent pour l’argent. Les investisseurs prudents peuvent ainsi poursuivre leur stratégie d’investissement dans la monnaie-métal tout en se protégeant contre une correction du cours de l’or.

Le choc de l’arrivée des taux positifs

La menace a longtemps été agitée – au point que toute une génération d’investisseurs a fini par ne plus y croire.

Les manuels d’économie le répètent : le cours de l’or physique est porté par la faiblesse des taux d’intérêt. C’est en effet lorsque les monnaies fiduciaires rapportent le moins que la relique barbare, qui n’est pas productrice de richesse et ne verse aucun dividende, est la plus abordable.

Les monnaies-métal, à l’instar des autres matières premières, ont en effet pour intérêt principal de protéger l’épargne contre l’avilissement des devises. Dans un contexte d’impression monétaire, or et argent ont été de formidables remparts contre l’inflation, allant jusqu’à surperformer les marchés actions.

 

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Sur plus de vingt ans, l’argent-métal surperforme nettement le S&P 500 (en violet). Infographie : Investing.com

 

Mais l’ère de l’argent gratuit, qui soutient le cours des monnaies réelles depuis le début du siècle, vient de toucher à sa fin. Alors que les taux d’intérêt des principales banques centrales ont été augmentés avec une vitesse inédite depuis quinze mois, c’est seulement depuis quelques semaines que les taux directeurs sont supérieurs à l’inflation.

Pour la première fois depuis des années, les emprunteurs ne sont plus rémunérés à mesure que le temps passe : ce sont les prêteurs, soit les détenteurs de monnaies fiduciaires, qui sont payés à attendre.

Et avec une inflation en zone euro qui recule une nouvelle fois, s’établissant à 2,4 % en novembre contre 2,9 % en octobre, le différentiel commence à être significatif. Le coût d’opportunité de la détention d’or, qui était négatif depuis des années, repasse clairement en territoire positif.

Cela signifie que protéger son épargne contre l’érosion monétaire coûte de l’argent – et même de plus en plus cher. Dans les prochains mois, un nombre croissant d’épargnants risque de jeter l’éponge et de se débarrasser de son or pour placer ses liquidités sur des comptes rémunérés.

Est-ce la fin de l’investissement dans les monnaies réelles? Pas nécessairement, car l’argent-métal possède encore un potentiel de hausse significatif.

 

Argent-métal: profitez des vases communicants !

Si le flux vendeur de l’or risque de s’intensifier durant les premiers mois de 2024, l’argent-métal pourrait bien profiter du retour de balancier.

En effet, outre les aspects monétaires discutés précédemment, les fondamentaux plaident pour une hausse relative du silver par rapport au gold.

Historiquement, le ratio de prix or/argent est en effet autour de 65. Cela signifie que l’argent métal se paye traditionnellement 65 fois moins cher que le métal jaune. Aujourd’hui, le ratio a dérivé et est autour des 87. Toutes choses égales par ailleurs, l’argent-métal devrait ainsi voir son cours bondir de +34 % pour retrouver son prix relatif habituel par rapport à l’or.

 

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Le ratio or/argent a été maintenu en lévitation grâce à des politiques monétaires laxistes. Celles-ci s’inversent pour la première fois depuis des années.  Infographie:BullionByPost.com

Même ce facteur 65 pourrait être remis en cause dans les prochaines années. L’argent est en effet un métal industriel, qui va être consommé en quantités historiques à cause de la transition énergétique. Il est par exemple indispensable à la fabrication des panneaux photovoltaïques. Même si la quantité utilisée dans chaque panneau a diminué d’un facteur 5 au cours des dernières années, la production mondiale augmente plus rapidement que les économies générées par les nouveaux procédés industriels. La demande est déjà en hausse exponentielle : selon les analystes, la production de panneaux solaires engloutirait aujourd’hui entre 10 % et 15 % de la production minière d’argent, alors qu’elle ne représentait qu’un volume négligeable au début du siècle.

Or, comme nombre de métaux critiques de la transition énergétique, la disponibilité de l’argent va être limitée par les ressources prouvées. Et là encore, l’argent est loin d’être soixante fois plus disponible que l’or. Bien au contraire, les réserves estimées par les compagnies minières sont seulement 19 fois supérieures à celle du métal jaune.

Même les stocks immédiatement mobilisables pour répondre à la demande mondiale sont loin de justifier l’écart de prix actuel. Aux dernières estimations, l’humanité dispose seulement de 11 fois plus d’argent extrait, purifié, et stocké que d’or.

Le maintien d’un ratio gold/silver élevé doit donc plus à l’engouement pour le métal jaune depuis le début de l’ère des « taux zéro » que d’une réelle surabondance par rapport à l’or. Mais ne vous y trompez pas : l’argent métal a aussi son rôle à jouer en période de troubles monétaires. Lors de la crise des subprimes, le ratio était tombé à moins de 32. Au prix actuel, cela représenterait une hausse de +180 % du métal blanc.

De quoi justifier d’y consacrer une partie de votre épargne de précaution, que ce soit par le biais d’achat physique de pièces ou de lingots, ou de trackers cotés.

2 commentaires

  • Avatar Hervé BOURGOIS dit :

    Dès que j’entends parler de transition énergétique, j’ai tendance à fuir. A un moment donné, la réalité rattrape la bêtise humaine et nos dirigeants sont hors sol à ce niveau. Aussi, que l’argent soit nécessaire à la transition énergétique n’est pas un argument, c’est un vœu pieux.

    Soit l’argent monte en même temps que l’or, et plus vite, auquel cas la ratio va revenir à sa moyenne histoire (environ 30), soit l’or baisse et l’argent va continuer à baisser. Ce n’est pas une bonne idée d’acheter de l’argent pour se protéger d’une baisse de l’or.

  • Avatar VERGULT dit :

    Vous êtes vraiment tous pareils!!!…
    L’un contredit l’autre, autant jouer sur la tranche de la pièce !!!

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