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Biotechs et Medtechs

Votre IA-Médecin va vous recevoir…

By 10 juillet 2024juillet 12th, 2024One Comment

Les médecins ne passent plus suffisamment de temps avec leurs patients. Ce constat amer, relayé par de nombreux malades, remet en cause la modernisation des consultations médicales. Aujourd’hui, certains chercheurs tentent d’utiliser la robotisation pour améliorer les examens et affiner les diagnostics sur l’état de santé général des malades. Les outils d’intelligence artificielle seront-ils un jour capables de concurrencer la médecine actuelle ? D’après Chris Campbell, certains d’entre eux donnent déjà des résultats probants.

 

 

Jadis, le docteur venait chez vous. Il entrait, respirait l’air ambiant, évaluait la température de votre logement et son taux d’humidité.

Il remarquait des choses importantes et des choses mineures. Ce qui était propre et ce qui était sale. L’environnement bombardait ses sens de millions de micro perceptions.

Et, ensuite, il examinait le malade.

A cette époque, on ne distinguait pas l’environnement dans lequel vit l’organisme (vous) de l’état de santé dudit organisme.

Comme j’ai une sainte horreur du mot « holistique » … disons que l’approche de ces médecins était globale.

Mais revenons à nos jours…

 

Une répartition à 70-30

Le fonctionnement actuel repose sur ce que l’on appelle la répartition à 70-30 : les médecins passent 70 % de leur temps à collecter des informations, et seulement 30 % à prendre des décisions et à communiquer avec le patient.

Ce phénomène est si répandu, si coutumier, que dans la profession médicale, il est considéré comme une constante universelle au même titre que E = MC2, le deuxième principe de la thermodynamique, la gravité, etc.

Mais voilà… D’un point de vue pratique, les informations qu’ils collectent n’ont pas grand-chose à voir avec le fait d’aider les patients à aller mieux.

Les médecins d’aujourd’hui sont noyés dans un océan de données numériques. Ils passent moins de temps avec le patient et plus de temps à cliquer sur des dossiers médicaux numériques interminables pour faire défiler ensuite des résultats d’analyses et déchiffrer des codes médicaux.

Le terme « fatigue du clic » est même apparu, pour dire jusqu’où cela va : « Epuisement physique et mental ressenti à force de cliquer sur la souris et de taper sur le clavier ». 

C’est d’un ridicule sans précédent, me dit-on.

Les dossiers médicaux numériques – introduits avec cet objectif admirable de rationaliser les soins des patients – sont devenus un labyrinthe de multiples écrans, menus, boutons, formulaires, etc.

SOAP… HL7… FHIR… ICD-10… CCD… CPOE… EOB… PACS… MU… HIE… ADT… Les médecins doivent apprendre par cœur un grand nombre d’acronymes. On pourrait penser qu’ils sont en train de postuler au Département de la Défense (très friand des acronymes).

Et le décalage le plus important est le suivant : certes, il faut des données, mais venir en aide aux humains est une tâche qui fait surtout intervenir le « cerveau droit » . Il faut de l’intuition, de la créativité et d’autres compétences non techniques. Autant de traits faisant généralement défaut aux personnes qui aiment cliquer et taper sur un clavier toute la journée.

D’une certaine façon, nous avons transformé l’art ancestral de soigner les gens en discipline banale et robotisée.  Ironiquement, comme le dit le docteur Conor Judge, les robots peuvent aider à remettre les choses à l’endroit.

 

L’IA peut-elle réellement aider ?

Alors quelle est la solution ?

Le docteur Conor propose une nouvelle perspective : un usage responsable de ce qu’il appelle « l’IA multimodale ».

Contrairement à l’IA « unimodale », qui traite un type de données, l’IA multimodale intègre différentes formes de données : textes, images, nombres. Selon le docteur Conor, elle reflète l’approche multifacettes qu’adoptent les docteurs pour pratiquer la médecine : l’utilisation de tous les sens.

Nous avons entendu parler d’outils d’IA tels que ChestLink, qui peut lire de façon autonome des scanners et relever des anomalies avec une précision troublante (en surpassant parfois les humains).

Ces outils se développent à un rythme presque impossible à suivre, et seront bientôt courants.

Le dernier en date, c’est Eureka, une « IA-médecin » personnalisée et spécialiste de la thyroïde. Il s’agit de la première IA-médecin couverte par l’assurance-maladie aux Etats-Unis. Elle peut commander des analyses, et elle est 90 fois plus rapide en termes de prise en charge. La plupart des gens en redemandent après l’avoir utilisée.

L’IA multimodale va doper ces systèmes d’IA en leur permettant d’intégrer des données provenant de toutes sortes de sources.

 

Un retour à la maison grâce à l’IA

L’art de la médecine  « d’humain à humain » ne peut se perdre.

Les médecins développent une aptitude à évaluer les patients d’un seul coup d’œil, compétence que les modèles complexes ne peuvent répliquer.

Les humains sont bien plus doués pour l’approche globale, quel que soit le degré d’utilité des modèles d’IA.

Et, peu à peu, les soins de santé vont reprendre le chemin de la maison. Des capteurs bon marché, chez soi, permettront aux médecins de repérer des données et des biomarqueurs comme jamais auparavant.

Bien que je ne sois pas trop emballé par la révolution des « gadgets intelligents » … des toilettes qui pistent vos biomarqueurs… un purificateur d’air qui contrôle la qualité de l’air… un robot-aspirateur qui repère et signale des toxines potentielles… Cela ressemble à de bonnes idées, et l’IA peut contribuer à y voir plus clair.

L’avenir de l’IA, dans le domaine de la médecine, devrait honorer la promesse faite lors du passage au numérique, à savoir des soins plus efficaces, plus personnalisés et plus accessibles.

D’après ce que l’on voit, l’IA pourrait aller bien au-delà.

Les régions éloignées pourront avoir les mêmes connaissances que les villes de premier plan, ce qui comblerait des inégalités dans le domaine des soins spécialisés.

 

Le plus important :

Ce partenariat IA-humain pourrait permettre aux médecins de passer plus de temps avec leurs patients.

Si l’IA parvient à inverser cette répartition 70-30, et à faire disparaître la fatigue du clic… l’avenir de la santé sera radieux.

 

A bientôt

Chris Campbell

1 commentaire

  • Avatar Pierre dit :

    Super !!!! Il y avait déjà peu de médecins encore honnêtes qui ne laissaient pas les Big Pharma les «  inciter «  à prescrire des médicaments inutiles ou inefficaces …. Maintenant les labos n auront qu à contrôler les logiciels IA pour être les seuls maître à bord 🤮🙄😤😠

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