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Apprendre la Bourse

Jim Simons et le fonds Medallion

By 20 février 2025One Comment

Lors de son départ à la retraite en 2010, Jim Simons a laissé derrière lui l’un des fonds d’investissement les plus performants de l’Histoire. Même s’il a connu son lot de controverses – qui ont suscité des débats sur la transparence et l’équité en Bourse – le fonds Medallion reste un exemple emblématique de la gestion quantitative et de l’application des mathématiques aux marchés financiers.

 

Par Chris Campbell

 

Jim Simons, vous connaissez ?

C’est une légende des marchés financiers. C’est « Monsieur 66 % de rendement annuel ».

J’ai bien dit « rendement annuel ». Chaque année.

100 $ investis dans son fonds, le fonds Medallion en 1988 auraient été convertis en plusieurs dizaines de millions de dollars, si ce n’est plus – après prélèvement des énormes frais – en 2018.

(Non, vous ne pouvez pas investir. Le fonds est fermé aux nouveaux entrants depuis belle lurette. Désolé.)

Mais le plus fou dans tout cela, c’est que Jim Simons (qu’il repose en paix) n’était pas un gars de Wall Street. C’était un mathématicien.

Pas le genre à compter les pourboires au restaurant. Non. Plutôt le genre à codévelopper des préceptes révolutionnaires comme la théorie de Chern-Simons… qui semble sortir d’un roman de science-fiction, mais qui est en fait le fondement de la théorie des cordes.

Et il a vraiment changé la donne.

 

Le courage, la cupidité et la chance

Vous voyez, avant Simons, le marché boursier ressemblait en grande partie à un vieux boys’ club.

Le genre d’endroit où des types en costume balançaient leur canne en parlant et prétendaient avoir de l’«instinct».

En réalité, ceux qui négociaient sur la base de leur instinct allumaient des cigares avec des billets de 100 $ (au sens figuré et parfois dans la réalité).

Quant à ceux qui gagnaient vraiment de l’argent sur les marchés, ils avaient de la « chance ».

Le genre de « chance » qui leur tombait dessus comme par magie, comme un contrat gouvernemental chuchoté discrètement ou des informations confidentielles sur une fusion à venir.

Bien entendu, les délits d’initiés existent encore aujourd’hui…

Ivan Boesky – oui, le type qui a inspiré le personnage de Gordon Gekko dans le film Wall Street – était l’incarnation parfaite de cette ère relativement tranquille de… disons… « chance » sur les marchés financiers.

Cette époque a atteint son apogée lors d’un discours prononcé par Boesky en 1986 à l’école de commerce de l’université de Berkeley. Il a déclaré aux diplômés :

« L’avidité est une bonne chose, soit dit en passant. Je veux que vous le sachiez. Je pense que la cupidité est saine. On peut être cupide et se sentir bien dans sa peau».

(Quelques mois plus tard, Boesky a été arrêté pour délit d’initié et condamné à une amende de 100 M$. A l’époque, c’était la plus grosse sanction jamais infligée par la SEC. Après cela, la SEC a commencé à sévir contre les délits d’initiés).

A peu près à la même époque, un certain Simons a eu une idée radicale : et si, au lieu d’être « chanceux » en Bourse, on utilisait les mathématiques ?

Mais attendez. Revenons en arrière.

Parce qu’il faut plus qu’un génie pour réussir dans ce domaine.

 

Comment Newton a été ruiné

Isaac Newton était l’un des hommes les plus intelligents que la Terre ait jamais porté. Il a pratiquement inventé la physique.

Et pourtant, en 1720, il s’est fait démolir en Bourse.

Ne soyez pas désolé pour lui.

Newton était riche.

Il était directeur de la Royal Mint (en gros, le chef de l’économie britannique).

Mais il s’est laissé entraîner dans la bulle de la Compagnie de la mer du Sud, une escroquerie si grave qu’elle fait passer l’affaire FTX pour un scandale de parc à chiens de quartier.

Newton a investi tôt. Il a fait +100%. Il a encaissé ses gains.

C’était bien joué de sa part.

Mais il a ensuite vu que l’action continuait à grimper.

Il a été victime du FOMO (Fear Of Missing Out, cette forme d’anxiété que les investisseurs ressentent lorsqu’ils ont le sentiment de manquer une opportunité en or).

Il est revenu sur le marché, cette fois au plus haut.

Pas très malin de sa part.

Finalement, la bulle a éclaté, et il a perdu un tiers de sa fortune.

Voici ce qu’il a déclaré après cette mauvaise opération financière (et qui est devenu par la suite une citation célèbre) :

« Je peux calculer les mouvements des corps célestes, mais pas la folie des gens ».

Boesky avait ses bars à cigares. Newton avait son instinct. Simons avait une équation.

Et devinez qui a le mieux réussi sur les marchés…

 

Fonds Medallion : la méthode Jim Simons

Simons n’était pas intéressé par l’intuition ou les conseils boursiers.

En 1982, il a fondé Renaissance Technologies sur un principe simple : trouver des modèles mathématiques.

Pour ce faire, il a embauché des physiciens, des statisticiens, des personnes qui n’avaient aucune expérience dans le domaine de la finance, mais qui savaient comment trouver des signaux cachés dans des quantités massives de données.

Il a brisé l’ordre établi en donnant naissance au fonds Medallion en 1988 qui est encore, à ce jour, l’un des fonds spéculatifs les plus performants de l’Histoire, grâce à ses méthodes de gestion quantitative.

Voici quelques points clés de cette stratégie :

  • les modèles mathématiques : le fonds utilise des modèles avancés pour identifier des tendances et des anomalies sur les marchés financiers ;
  • les algorithmes de trading : ils permettent de réaliser des transactions en temps réel sans intervention humaine ;
  • les données : le fonds analyse des quantités énormes de données pour trouver des opportunités d’investissement ;
  • une équipe de chercheurs chevronnés : Jim Simons a réuni une équipe de mathématiciens, et d’ingénieurs pour développer et améliorer ces modèles et algorithmes.

Aujourd’hui, le fonds Medallion est réputé pour ses performances exceptionnelles, avec une rentabilité annualisée de 66 % après frais. Jim Simons a cependant limité la taille du fonds à 10 Mds$ pour éviter un afflux massif de capitaux, qui pourrait nuire à ses performances.

 

A bientôt !

Chris Campbell

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