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Dassault Aviation : faut-il renforcer ?

By 28 juin 2024No Comments

Favorisé par l’augmentation des dépenses militaires internationales, Dassault Aviation semble bien positionné pour voir son activité progresser sans encombre. Son destin n’est pas assuré pour autant : le groupe fait face aux difficultés d’approvisionnement qui pénalisent tout le secteur aéronautique et il est également sensible aux performances de Thales

 

Véritable fleuron de l’industrie française, Dassault Aviation est un constructeur aéronautique de presque cent ans d’âge. Détenu aux deux tiers par la famille actionnaire, le groupe tire une grande partie de ses bénéfices de sa participation dans Thales (25 %).

En plus d’un titre qui progresse en moyenne de 11 % par an sur les marchés depuis 2004, la société bénéficie d’une double diversification : une gamme de produits très large, tournée à la fois vers l’aviation d’affaires (environ 40 % du chiffre d’affaires) et l’aviation militaire (60 %), et une grande présence à l’international qui lui permet de réaliser deux tiers de son chiffre d’affaires à l’étranger.

 

Un contexte géopolitique bénéfique pour le carnet de commandes

Depuis le début de l’année 2022, le cours de l’action est passé de moins de 100 € à plus de 200 € récemment. Une performance considérable soutenue par quelques facteurs majeurs : la guerre en Ukraine, les tensions géopolitiques, mais aussi les bonnes performances de l’action Thales : en effet, depuis 2019, la corrélation entre le cours de Thales et celui de Dassault Aviation atteint près de 70 %.

Pourtant, le chiffre d’affaires de la société est passé d’environ 7 Mds€ en 2022, à moins de 5 Mds€ en 2023, soit une chute de plus de 30 %.

Par ailleurs, le bénéfice par action a grimpé de près de 7 % (toujours grâce aux bons résultats de Thales), et la société dispose d’un carnet de commandes qui lui assure près de 10 ans d’activité. En 2022, près de 92 rafales ont ainsi été commandés, dont 80 par les Emirats Arabes Unis.

S’il est clair que les dépenses dans l’armement vont augmenter en Europe et dans le monde dans les années qui viennent, elles ne suffisent pas à garantir l’avenir du secteur : l’industrie aéronautique fait aussi face à des difficultés d’approvisionnement qui impactent directement l’activité, et le phénomène risque de se poursuivre en 2024.

Sur le plan fondamental, la société affiche mi-2024 un PER proche de 16,5 pour un rendement proche de 2 %. D’ici 2 ans, le chiffre d’affaires est attendu autour de 9 Mds€ pour 1,3 Md€ de bénéfices, c’est-à-dire toutes choses égales par ailleurs, un bénéfice par action proche de 16 €. Dans cette hypothèse, avec un PER de 16, le cours de l’action serait proche de 260 € en cas de diminution progressive des difficultés d’approvisionnement, et de maintien d’une croissance continue.

Avec un ratio price to book proche de 2,5, la société se paye plus cher que ses capitaux propres. Thales se payant plus cher en Bourse, des déceptions sur les perspectives de croissance de Thales pourraient impacter plus ou moins négativement le cours de Dassault Aviation, bien que la société ait jusqu’ici maintenu un bon rythme de croissance.

 

Un titre attractif mais relativement cher

 

Dassault_Aviation_cours_et_regression_lineaire_280624

Sur le plan technique, le cours de l’action Dassault Aviation a atteint une résistance oblique majeure à presque 210 € en mai 2024, résistance qui avait déjà été touchée en 2007 et 2018. Elle correspond aussi à un seuil de régression majeur (voir graphique ci-dessus) : l’important retour baissier, suivi de volumes assez lourds, atteste de la force du nouveau rejet de cette résistance oblique.

Pour l’heure, aucune tendance baissière n’a véritablement été impulsée. Un léger rebond haussier s’est dessiné en juin sur le support oblique déjà touché en novembre 2021 et octobre 2022. L’évolution technique est donc encore parfaitement cadrée, mais un quasi-biseau de long terme semble apparaître. En cas de rupture baissière de ce support oblique, les niveaux majeurs à préserver à court et moyen terme seraient situés autour des supports des 170 € et 166 €.

 

Dassault_Aviation_270624

 

De plus, une zone statistique et de retracement majeure autour de 177 € semble agir comme seuil de polarité. Une cassure de ce seuil pourrait engager une pression baissière plus importante.

Les supports majeurs qui suivent sont situés autour de 160 € et surtout 150 €, zone qui correspond aussi à la régression moyenne des dix dernières années, ainsi que la moyenne mobile à 150 semaines.

Enfin, une rupture baissière importante dans les prochaines semaines pourrait valider une rupture de la tendance haussière observée depuis 2021, avec un potentiel objectif technique autour de 134 €, qui correspond également au retracement à 50 % de cette tendance et à la moyenne mobile à 200 semaines.

A l’inverse, un retour durable au-delà de 177 € et une confirmation de la tendance haussière observée depuis 2021 entraînerait un potentiel retour haussier vers 190 €, puis éventuellement au-delà par extension.

Mais la résistance oblique de long terme exige une certaine prudence sans rupture durable de cette dernière. Enfin, nous remarquerons le regain en volatilité, qui permet de juger d’un potentiel haussier inférieur aux trois dernières années du point de vue des fractales.

En résumé, l’analyse du cours de Dassault Aviation montre que :

  • l’on se dirige vraisemblablement vers une nouvelle cassure baissière, bientôt confirmée ou infirmée ;
  • la perspective à long terme reste favorable, mais la société est plus « chère » à court terme. La chute du cours de l’action Airbus a fragilisé un peu plus la tendance de juin ;
  • le titre demeure attractif mais un retour vers une zone de prix moyenne serait bienvenu ;
  • pour le moment, l’absence de cassure baissière de la tendance observée depuis 2021 incite encore à l’observation.

 

Thomas Andrieu

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