Zone euro : quand les banques auront fini de ruiner leurs épargnants…

Rédigé le 9 juin 2017 par | A la une, Big caps, Taux & Devises Imprimer

Les marchés semblent ignorer l’éléphant (les éléphants même) dans le magasin de porcelaine : le risque bancaire de la zone euro.

  1. Comment l’Italie va-t-elle s’en sortir avec des taux longs à 2,30% et une croissance de tout juste le tiers en 2018 ?
  2. Qu’est-ce que nous hurle le spread avec le Bund (qui dépasse les 200 pdb) que les marchés ne veulent pas entendre ?
  3. Qu’est-ce que nous hurle le spread entre les BTP italiens 2027 et les bonos espagnols qui atteint +80  (la pire situation depuis le « whatever it takes » de Mario Draghi il y a 5 ans).

Et dire qu’hier matin, un économiste réputé, professeurs des universités, se réjouissait sur BFM du premier bail in orchestré en Espagne. Banco Popolar, rachetée par Santander avec un trait de plume tiré sur la dette junior et de nombreuses tranches « non sécurisées » détenues par des créanciers institutionnel, est censé être une victoire, un succès de sauvetage bancaire et qui devrait « servir d’exemple pour résoudre la crise des banques italiennes ».

Sauf qu’en Italie, le créancier qu’il faudrait rincer, c’est précisément le client de la banque en quasi faillite à qui on a vendu des SICAV bourrées de dettes du même établissement : ruinez l’épargnant via un bail in et il n’y a plus aucun actif à sauver… clap de fin, et rideau !

Cela en dit long sur la vision des élites de Bruxelles qui postulent qu’une banque ayant pris des risques inconsidérés doit être sauvée, quitte à enterrer sa propre clientèle, le contribuable et les 3 prochaines générations d’épargnants.

Nous avons largement abordé le sujet et les risques bancaires en Europe avec Simone Wapler dans cette interview, et je ne peux que vous conseiller son dernier livre afin de vérifier la solidité de votre

banques vos vrais risques euro

 

La croissance de l’Eurozone accélère à +0,6% au premier trimestre selon une estimation révisée d’Eurostat. C’est mieux que les +0,5% du 4ème trimestre 2016 et cela donne un PIB en hausse de +1,9% sur 12 mois (contre +1,8% à fin 2016).

Ces chiffres corroborent les projections de l’OCDE qui rehausse son objectif à +1,8% en 2017 (contre +1,6% initialement), tous les pays confirmant ou amplifiant les objectifs initiaux, à une exception près : l’Italie. Après un modeste +1% en 2017, la croissance italienne se contracterait à +0,8% en 2018.

croissance zone euro

Ouf, la France ne sera peut-être pas celle par qui l’éclatement de la zone euro arrive : il y aura sans doute l’Italie avant.

Mots clé : - - - -

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Zone euro : quand les banques auront fini de ruiner leurs épargnants…”

  1. 100% d’accord avec l’article révélateur de nombreuses choses ….. Olivier Bertrand

Laissez un commentaire