Comment investir en Chine ? (Comment profiter de l’inclusion du yuan dans la composition des DTS ? partie 2 )

Rédigé le 4 décembre 2015 par | Autres indices, DTS, Matières Premières, Toutes les analyses Imprimer

Dans mon dernier article sur l’inclusion du Yuan dans le panier DTS du FMI, je vous expliquais comment cette nouvelle donne allait radicalement rebattre les cartes et augmenter la confiance des investisseurs envers la devise et la place financière chinoise.

En effet, (comme le savent depuis longtemps déjà les lecteurs d’Intelligence Stratégique) pour en arriver là et voir sa monnaie acceptée dans le club très restreint des devises de réserve mondiales, la Chine a dû fournir un effort de standardisation et de transparence énorme.

Certes, il reste encore du travail à accomplir, mais la Chine est sur le bon chemin, et avance à un rythme rapide. Elle a besoin d’internationaliser sa monnaie le plus vite possible pour ne pas plus longtemps subir la dépendance au dollar.

Dans le précédent article, j’évoquais les façons d’acheter le yuan, négociable sur les marchés forex en dehors de la Chine via le CNH. Aujourd’hui, je vais vous parler des différentes façons d’investir en Chine pour un investisseur particulier, et de profiter ainsi des flux financiers (spéculatifs, de couverture, de fonds de pension et de fonds souverains) qui ne vont pas manquer de se diriger vers les marchés chinois maintenant qu’ils sont plus « fréquentables ».

Investir via un ETF

Le plus simple pour un investisseur particulier qui souhaite se diversifier en Chine est encore de le faire par un ETF (un Exchange Traded Fund, coté en dollar) répliquant un panier d’actions chinoises.

L’ETF iShares China Large-Cap (ticker : FXI) regroupe ainsi les plus grandes capitalisations du marché chinois.

Voici son graphique en bougies mensuelles :

le cours de l'ETF iShares China Large-Cap

Vous pouvez constater que la récente bulle des actions chinoises qui a tant défrayé la chronique ces derniers mois a complètement éclaté.

Elle était, pour une grande part, due à une spéculation des particuliers chinois eux-mêmes qui ont soudainement eu une ouverture facilitée à des comptes de trading. Et comme beaucoup sont joueurs… cela a mené à des extrêmes.

Vous remarquerez aussi que le niveau du marché chinois est désormais revenu à un niveau d’avant bulle, il n’y a donc plus de danger relatif à cette bulle.

Les ETF sont bien pratiques pour jouer un marché d’actions dans son ensemble, mais pas pour acheter des actions en particulier. Heureusement, un autre moyen existe pour acheter en direct des titres d’entreprises chinoises. Je vous le présente tout de suite…

Investir directement sur le marché chinois

Cela fait 10 ans que les investisseurs institutionnels (banques, assurances, fonds, etc.) ont la possibilité d’investir sur le marché chinois grâce aux programmes QFII et RQII mis en place par le gouvernement chinois. Mais ceux-ci ne sont pas encore ouverts aux particuliers…

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Cependant, même si peu de gens le savent (voire, personne du côté des investisseurs francophones), la CSRC (China Securities Regulatory Commission) offre la possibilité aux investisseurs particuliers étrangers d’accéder aux actions chinoises via un programme appelé Shanghai – Hong Kong Stock Connect (SHSC).

Celui-ci permet aux investisseurs sur la place de Hong Kong de pouvoir également investir à Shanghai (et vice-versa).

Le processus est donc, pour vous, investisseur étranger, d’ouvrir un compte de trading à Hong Kong (ce qui est bien plus facile que d’essayer d’ouvrir un compte à Shanghai, en Chine continentale) puis d’avoir accès, grâce à ce fameux programme, aux actions des deux marchés (Hong Kong et Shanghai).

Le programme SHSC a été lancé il y a un an, le 17 novembre 2014. C’est la première fois que le gouvernement chinois autorise, à des particuliers étrangers, l’accès à son marché financier domestique.

Il n’y a pas de limitation particulière pour les investisseurs individuels, seulement un plafond de 300 Mds¥ pour l’ensemble des sommes investies via ce programme. Or, comme ce quota n’a été utilisé qu’à 40% cette année – ce qui est dû en grande partie à la méconnaissance de ce programme relativement nouveau – autant dire qu’il n’y a aucune contrainte.

Maintenant que le yuan est officiellement reconnu comme monnaie de réserve par le FMI, tous les types d’investisseurs, y compris individuels, vont avoir besoin de davantage de possibilités d’accès au marché chinois. Le gouvernement en est conscient et il prévoit d’ouvrir un programme similaire au SHSC avec la bourse de Shenzen au second trimestre de 2017 (connexion encore via la bourse de Hong Kong).

Cela vous permettra alors d’investir sur des capitalisations chinoises plus petites (mid & small caps) qui sont nombreuses sur la place de Shenzen et possèdent un potentiel de croissance bien plus important.

Exemple de réussite d’entreprise chinoise

Pour clore cet article et cette ouverture aux opportunités du marché chinois, je vais vous présenter une belle réussite chinoise, qui n’est pas un cas isolé : Build Your Dream (BYD).

BYD est déjà le leader mondial des accumulateurs lithium-ion, avec 30% de parts de marché. En 2003, l’entreprise s’est diversifiée dans le secteur automobile, notamment celui des véhicules hybrides et électriques. Aujourd’hui, je voudrais plus particulièrement vous parler des autobus fabriqués par cette entreprise innovante.

Ce que ces autobus ont de si spécial tient  à leurs batteries que l’on peut dire « révolutionnaires ». Jugez plutôt : les moteurs d’autobus BYD sont insérés dans les roues. Une technique beaucoup plus avancée que les alternatives présentées par la concurrence… Un moteur dans les roues rend la chaîne de propulsion obsolète, réduit le poids du véhicule, augmente l’espace et génère la puissance exactement là où elle doit l’être : dans les roues. Les autobus BYD ont une autonomie étonnante de plus de 250 km sur une seule charge dans des conditions routières urbaines, ce qui les rend bien plus compétitifs que leurs concurrents.

Les autobus chinois BYD ont par ailleurs reçu l’approbation pour être vendus sur les marchés d’Europe, des États-Unis et d’Amérique du Sud.

Cette entreprise est particulièrement intéressante : elle allie la sécurité et la profitabilité en tant que leader de son secteur (les batteries) et un potentiel de croissance énorme dans un nouveau secteur (les véhicules électriques).

Voilà, vous avez désormais quelques pistes pour diversifier vos investissements en Chine, marché marché prometteur qui va prendre une place d’importance dans le nouvel ordre monétaire mondial…

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Gaël Deballe
Gaël Deballe

Mon nom est Gaël Deballe. Cela fait plus de 10 ans que je suis actif sur les marchés financiers. Je suis initialement ingénieur Supelec, avec une formation complémentaire universitaire en économie générale et gestion de l’entreprise.

Pendant longtemps, j’ai travaillé dans le secteur de l’électricité, en France et en Suisse, notamment dans le trading d’électricité. En parallèle, je me formais sur les marchés financiers avec une prédilection pour les stratégies sur options.

J’ai très tôt été passionné par les marchés financiers, avec une approche scientifique et mathématique.
J’ai acquis l’indépendance financière il y a plusieurs années grâce aux options et à mes connaissances sur les marchés.
Puis je me suis spécialisé dans la recherche de rendement pour dégager des revenus passifs (REITs et primes d’options).

Par la suite, j’ai créé un site dédié aux stratégies de rendement sur options (et autres stratégies) : http://zen-option.com/ et je propose régulièrement des formations sur les options. Passionné de voyages, de nature, de plongée, de découvertes et de finances, j’ai pu changer l’orientation de ma vie et vivre de mes revenus obtenus grâce aux options… où que je sois dans le monde !

Désormais je parcours le monde, et vis dans différentes villes, dont plusieurs mois par an à Lausanne en Suisse. Je suis libre financièrement et géographiquement.
Je me suis beaucoup plus épanoui pendant ces dernières années qu’au cours :
  • de mes précédentes formations : ingénieur Supelec, licence en économie générale et gestion de l’entreprise,
  • ou de mes précédents métiers : chef de projet, puis gestionnaire de portefeuille en énergie, puis trader en énergie (sur options essentiellement) chez Alpiq en Suisse, puis formateur indépendant en formation professionnelle.
Ce que j’entends par là, c’est que j’ai appris davantage de choses qui me faisaient plaisir, qui m’intéressaient et m’épanouissaient : la salsa, la plongée, l’ULM, des connaissances pointues sur la nutrition et la santé, etc
Deux principales raisons :
  • le temps : le temps joue pour moi grâce aux stratégies sur options que j’utilise, ce qui permet de se consacrer à d’autres activités non lucratives.
  • la révolution (toujours en cours) de l’internet, qui permet de se former depuis n’importe où, sur presque tous les sujets, pour un prix modeste (comparé aux circuits pédagogiques traditionnels)
Et j’utilise maintenant ces deux aspects (internet et mon temps disponible) pour partager avec vous mon savoir-faire.
J’ai également mis à profit ce nouveau temps disponible dans ma vie pour suivre différentes formations, car j’aime toujours apprendre de nouvelles compétences.
J’ai ainsi depuis 2013 un diplôme d’Anticipation Economique et Politique que j’ai obtenu auprès du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (qui rédige par ailleurs des bulletins très intéressants, je vous conseille d’aller faire un tour sur leur site si vous ne connaissez pas encore)
Avec les services Agora utilisant les options, vous mettez le premier pas dans l’univers des options tel que je le conçois : rationnel, maîtrisé, optimisé.
Rendement vôtre,
Gaël

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