Wall Street survivrait à une destitution de Donald Trump

Rédigé le 24 août 2018 par | Toutes les analyses Imprimer

 l’actuel locataire de la Maison-Blanche (tel hercule) Donald Trump pris dans l'Hydre de Lerne judiciaire

Hercule combattant l’Hydre de Lerne. Crédit : sailko

Après moi, le chaos ! C’est en substance ce qu’assure Donald Trump, qui depuis son arrivée à la Maison-Blanche n’a de cesse de s’attribuer la bonne santé des marchés actions américains, lesquels vont de record en record.

Les déboires judiciaires du président américain font aujourd’hui planer la menace d’une destitution (« impeachment »), hypothèse relevant jusqu’ici du fantasme et qu’il a lui-même évoquée, fidèle à son style tout en nuance… Le successeur de Barack Obama a il est vrai connu une semaine noire, alors que son ex-avocat Michael Cohen a plaidé coupable de huit chefs d’accusation, pour fraude fiscale et bancaire, et pour violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Son ancien directeur de campagne Paul Manafort a en outre été reconnu coupable à son procès de fraude fiscale et bancaire.

Concernant ce dernier, « s’il n’y a aucun rapport direct avec le président américain, il n’empêche que l’un de ses plus proches conseillers a été mis hors circuit et encourt jusqu’à 80 ans de prison », soulignent nos confrères du Huffington Post.

Ces deux gros coups durs tombent en tout cas au plus mal pour le chef de l’exécutif américain, qui se démène pour choyer son électorat en vue des élections de mi-mandat et est aussi plus que jamais dans le viseur du procureur général Robert Mueller, chargé de mener l’enquête sur les relations – considérées comme très troubles – entre le candidat Trump et la Russie.

Pris dans une sorte d’Hydre de Lerne judiciaire, l’actuel locataire de la Maison-Blanche semble faire le dos rond… à moins qu’il ne prépare une de ces offensives digne d’un « Star wars politico-médiatique » dont il a le secret.

Les investisseurs ne semblent pas (encore ?) prendre la menace au sérieux

Quant à la réaction des investisseurs, elle est à ce stade mesurée, comme s’ils ne prenaient pas la menace au sérieux. Ces derniers avaient par ailleurs un autre motif d’inquiétude valable hier – Wall Street a fini en léger repli – avec la mise en place réciproque de droits de douane de 25% sur 16 Mds$ de produits américains et chinois, ce qui a porté à 100 Mds$ (50 Mds$ chacun) la valeur des importations soumises à de telles taxes.

La preuve, pour ceux qui en doutaient, et indépendamment de la poursuite des discussions entre Washington et Pékin, que la guerre commerciale est on ne peut plus réelle.

Voulue par Donald Trump, celle-ci pourrait, de l’avis de nombreux observateurs, ramener Wall Street à des niveaux disons plus… rationnels.

En attendant, le président américain, qui en cas de faiblesse des marchés pourrait être tenté de se défausser sur la FED, dont il a de nouveau tancé la politique il y a quelques jours, a prédit rien de moins qu’un effondrement des marchés en cas de destitution. Des marchés qui ont récemment surfé sur une remarquable saison des résultats trimestriels outre-Atlantique.

Irréfutable, cette vigueur microéconomique ne peut, en toute franchise, être dissociée de la réforme fiscale et des déréglementations mises en œuvre par Donald Trump. Telle est certainement la raison de l’égotique pessimisme de l’homme le plus puissant de la planète, alors que Wall Street vient d’établir un record de longévité sans crise majeure (on entame aujourd’hui un 3 453e jour sans baisse de plus de 20% sur le S&P500).

Les précédents historiques plaident pour une bonne digestion

Pour autant, un autre républicain pourrait « faire l’affaire » dans l’esprit des opérateurs et après tout, l’actuel vice-président Mike Pence n’est-il pas un « clone » de Donald Trump, les fanfaronnades, gesticulations et tweets lapidaires en moins ? Au surplus, les résultats des entreprises et les taux d’intérêts (ou leurs anticipations) restent leurs priorités du moment, plus que les maelströms politiques et turpitudes judiciaires.

Enfin, du point de vue historique, la démission en août 1974 de Richard Nixon, torpillé par le scandale du Watergate et promis à la destitution, n’a pas fait s’écrouler des marchés à l’époque, déjà démoralisés qu’ils étaient par le premier choc pétrolier et la chute du billet vert. 24 ans plus tard, le lancement d’une procédure de destitution contre Bill Clinton (qui n’a pas abouti), empêtré dans le Monicagate, n’a pas davantage ébranlé des opérateurs qui s’inquiétaient surtout de la crise économique asiatique et de la crise financière russe.

A défaut d’une récession ou d’un chaos boursier, nous ne serions cependant pas à l’abri de fortes turbulences passagères en cas d’impeachment. Auquel cas, les investisseurs pourraient être tentés de se rabattre sur l’or comme le bitcoin. Cela tombe bien car ces deux actifs pourraient bien sauver votre argent en 2019. Cliquez ici pour découvrir pourquoi.

La remontée des taux d’intérêts n’est pas du goût de Donald Trump

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Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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