Wall Street a-t-elle encore du gaz ?

Rédigé le 11 septembre 2018 par | Analyses indices, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses, US Imprimer

Wall StreetC’est la question que je me pose en ce mardi matin (sans avoir la réponse, je ne vous prendrai pas en traître), alors que mon confrère Mathieu Lebrun évoque le comportement du Nasdaq dans son article du jour. L’indice américain a certes clôturé en hausse (+0,3% à 7 924 points), mais la séance a été marquée par le recul d’Apple (US0378331005-AAPL), dont le titre a cédé un peu plus de 1,3% en raison de propos de Donald Trump.

Le président américain, qui ne doute de rien, a en effet exhorté la marque à la pomme à rapatrier sa production aux Etats-Unis afin d’échapper aux droits de douane. Sa politique commerciale ne sera(it) donc pas amendée et il n’y aura aucune exception, pas même pour la plus importante « capi » boursière de la planète, dont les marges prendraient un sérieux coup en cas de souscription au vœu présidentiel.

Impossible à ce stade de savoir si le coup de moins bien d’Apple relève de l’épiphénomène… ou si le géant de Cupertino va entrer dans une phase difficile, après de longs mois d’euphorie, avec l’intensification de la guerre commerciale sino-américaine. Comme je l’écrivais il y a un mois, Apple doit aussi composer avec une concurrence chinoise de plus en plus sérieuse, avec des Huawei et autres Xiaomi qui n’ont de cesse de gagner des parts de marché et qui pourraient bénéficier d’un coup de pouce patriotique de Pékin.

Pour l’heure, la marque à la pomme résiste, forte d’un positionnement résolument premium qui lui permet de préserver des marges solides à l’échelle planétaire, mais cette situation est-elle pérenne ? Qu’en serait-il en cas de déception, même relative, lors de la publication des comptes trimestriels ? Dans la mesure où Apple, tout comme Google, Amazon et Facebook ont « porté » le Nasdaq vers les sommets ces derniers mois, je pense qu’une défaillance de l’un de ces « GAFAM » pourrait amener l’indice à sérieusement corriger.

L’arme fatale de Donald Trump

Et si la chute de Facebook à la suite de ses résultats du deuxième trimestre en juillet dernier (-19%) ne s’est in fine pas révélée contagieuse, on ne peut exclure sur le fond un effet domino en cas de coup de mou d’un des géants du « Big Four » (voire de Nvidia, Netflix ou Microsoft)…

Il y aura quoi qu’il en soit, à n’en pas douter, de l’animation d’ici la fin de l’année outre-Atlantique, avec des élections de mi-mandat qui vaudront cher. Pris pour cible par pléthore de médias dits mainstream, en proie à des déboires judiciaires, Donald Trump parviendra-t-il à éviter un basculement du Congrès dans le camp démocrate qui sonnerait le glas de ses desseins hyperpatriotiques ? Le locataire de la Maison-Blanche fait tout pour l’éviter… et il dispose d’une arme de poids – tout sauf secrète – pour soutenir les marchés actions : de nouvelles baisses d’impôts.

Un projet en ce sens doit être soumis par les élus républicains à la Chambre des représentants cette semaine. Il y a toutefois un problème de taille, bien que savamment balayé par l’administration Trump : cette « tax reform 2.0 » (c’est son surnom) creuserait le déficit fédéral de 576 Mds$ supplémentaires sur dix ans. Son aînée l’ayant fait exploser de 1 000 Mds$ (5% du PIB), les cyniques diront que c’est un moindre mal.

Il reste que le talon d’Achille américain grossit. Et que le jour viendra où il ne sera plus possible pour les investisseurs de faire comme s’il n’existait pas…

Tel est aussi l’opinion de mon confrère Philippe Béchade, dont les analyses sur cette question fondamentale de la dette mondiale sont un outil précieux pour comprendre bien des réalités et enjeux passés sous silence dans les médias (à découvrir sur Béchade confidentiel).

Et si Donald Trump déclenchait le prochain krach ?

Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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