La volatilité doit être votre alliée !

Rédigé le 11 novembre 2009 par | Apprendre la Bourse, VIX Imprimer

Beaucoup d’investisseurs appréhendent la volatilité sur les marchés financiers. Pourtant, aujourd’hui, la comprendre et l’analyser est un élément indispensable pour optimiser votre stratégie. Toutes les institutions financières utilisent la volatilité pour couvrir leurs risques potentiels liés aux mouvements des marchés. Comme elles, il vous faut donc vous pencher sur la volatilité, et notamment sur le VIX dont nous vous avons déjà parlé.

Savoir anticiper la future variation d’une action

La volatilité est une mesure statistique du comportement irrégulier d’une action, d’un indice, d’une matière première ou de tout autre produit financier. On la mesure afin d’essayer de projeter son comportement (erratique) dans le futur. Elle est par conséquent le degré d’amplitude de la variation du prix d’une action, indice, ou tout autre produit financier. Une action peu volatile est appelée « sans tendance » quand elle reste proche d’un cours de référence, quand elle reste stable ; elle n’est ni en tendance haussière ni en tendance baissière. Une action volatile, en revanche est une action qui bouge beaucoup et offre des amplitudes de cours importantes.

En tant que trader, je m’intéresse particulièrement aux options ; et là, je peux vous dire qu’il m’est absolument indispensable de bien analyser la volatilité ! Et il en va de même sur tous les produits dérivés à effet de levier. La volatilité est un des facteurs les plus importants dans le prix des options : plus elle est importante et plus chère sont les options (aussi bien pour un call que pour un put).

Mais même sur une action, vous devez comprendre son mécanisme.

Disons que nous regardons le parcours historique d’un titre ABC sur la dernière année.Au début de cette période, soit un an plus tôt, le titre clôturait à 50 euros. Le jour de Bourse suivant, le titre clôture en hausse de 0.25 euros, soit à 50.25 euros. L’augmentation de 0.25 euros représente un retour de +0.5% sur le prix de clôture de la veille à 50 euros (0.25 euros/ 50 euros = +0.5%). Le jour d’après, ABC clôture en baisse de 0.10 euros, soit à 50.15 euros, pour un retour de -0.2% sur la clôture de la veille à 50.25 euros (0.10 euros /50.25 euros = -0.2%).

Parce qu’on observe les prix de clôture et que les retours d’ABC sont faits et enregistrés pour chaque jour de Bourse dans une année, un statisticien peut déterminer une mesure de la volatilité historique d’ABC pour cette période. Simplifiée, la volatilité sera calculée comme un écart type des retours du titre exprimée en pourcentage.

Lorsqu’on parle de volatilité sur les actions, seule l’amplitude des mouvements compte : plus ils seront importants, plus la volatilité sera grande et inversement.

Attention : partie pour matheux !

On se concentre un peu. L’écart type est une mesure statistique du taux auquel une valeur est censée varier en partant d’une moyenne de toutes les valeurs dans un échantillon. Vous avez besoin de le connaître afin de comprendre dans quelle mesure votre action a plus ou moins fortement varié. Si cela se trouve, 20% de volatilité est sa norme… mais à l’inverse, cela peut être un mouvement tout à fait exceptionnel ! Dans le cas d’un titre, plus la variation probable est forte, plus la volatilité est forte.

Une fois qu’un pourcentage de volatilité a été calculé en prenant des données historiques, nous pouvons utiliser des tableaux statistiques pour déterminer le nombre de fois que l’action a clôturé dans les ranges de prix donnés. Comme règle, on peut admettre ceci :

A la fin de la période en question (habituellement un an), le prix de clôture d’une valeur a été à l’intérieur de:

– ± 1 écart type environ 2/3 du temps (près de 68%) ;

– ± 2 écarts types environ 19/20 du temps (95%).

A l’inverse, à la fin de la période en question, le prix de clôture d’une valeur a été à l’extérieur de (soit dessus soit dessous):

– ± 1 écart type 1/3 du temps (environ 32%) ;

– ± 2 écarts types 1/20 du temps (5%).

Basé sur ces observations des prix de clôture journaliers et les retours pour une valeur hypothétique, ABC, on suppose que la volatilité historique a été déterminée à 20% sur une base annuelle. Que cela veut-il dire au sujet des fluctuations du prix de cette valeur durant l’année dernière ?

ABC a clôturé à l’intérieur d’un range de 20% au-dessus ou au-dessous de 50 euros, soit entre 40 euros (-20% ou 10 euros) et 60 euros (+20% ou 10 euros), les deux tiers du temps. Seulement un tiers du temps ABC a clôturé en dehors de ce range.

Volatilité sur options

Lorsqu’on parle de volatilité sur les options, on distingue deux types de volatilité :

– la volatilité historique : elle correspond au niveau de volatilité connu dans le passé et se calcule alors sur les variations historiques des cours d’un actif financier. C’est donc la mesure des fluctuations erratiques d’une action, d’un indice ou d’une matière première telles qu’elles l’ont été dans le passé ;

– la volatilité implicite : elle reflète le prix du risque « instantané » d’une option. La volatilité implicite est le concept le plus délicat à appréhender, elle est souvent interprétée en tant que consensus du marché comme estimation de la volatilité future.

Cela signifie que cette volatilité, contrairement à l’historique, est une volatilité anticipée par les market makers (teneurs de marché). La volatilité implicite représente les anticipations du marché sur les variations futures de l’actif financier sous-jacent. En gros, elle indique le niveau de peur du marché !

Les investisseurs peuvent comparer la volatilité implicite à la volatilité historique et faire leur propre opinion sur la volatilité future du sous-jacent. La volatilité joue un rôle crucial, et c’est l’élément le plus insaisissable, confus et difficile à appréhender par tous les participants de marché. Un indicateur vous permet de visualiser la volatilité

Les bandes de Bollinger — un des indicateurs techniques que j’utilise — sont justement utilisées principalement pour cerner la volatilité. Je vous ai fait un graphique sur le gaz naturel. Lorsque les bandes de Bollinger s’écartent, cela signifie que la volatilité augmente sur le gaz naturel : c’est-à-dire qu’il a des mouvements importants. Lorsque ces mêmes bandes se resserrent, il bouge moins donc il est moins volatil.

Bandes de Bollinger

Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’utilisation des bandes de Bollinger : vous pourrez poser vos questions directement à John Bollinger en personne le 13 novembre, puisque je l’ai invité à la journée de formation gratuite sur les CFD. Inscrivez-vous ici, les places partent vite pour rencontrer John !

Ce que vous devez retenir, c’est qu’au final, vous devez toujours pouvoir situer :

– si vous êtes dans une période de forte volatilité ;

– si cette période de forte volatilité est habituelle et normale sur votre support, ou bien si elle est un phénomène anormal.

De cette manière, vous allez pouvoir adapter votre stratégie, et gérer votre risque.

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Romain De La Cretaz
Romain De La Cretaz

2 commentaires pour “La volatilité doit être votre alliée !”

  1. Je vous soumets un cas de conscience : Oui, tout de suite les grands mots !
    Voilà je suppose que j’ai la disposition de 10000€. (Avec tout ce qui viens de se passer, ca ne sera probablement plus le cas rapidement).
    Si je place cet argent dans une opération classique de bourse, (ce que je fais à toute petite échelle pour apprendre). J’ai une progression régulière et qui me parait saine en ce sens que l’argent prété à l’entreprise, peut rapporter quelque chose avec le temps nécessaire.
    Si je fais la même chose avec ce qui s’appelle les produits a effet de levier : Alors j’ai l’impression de voler l’entreprise. Donc cette démarche là me semble malsaine.
    Quelle est le sens des trades, puisque l’ensemble du marché financier fonctionne comme cela depuis l’origine ? Ce n’est pas qu’une question de droit. C’est une question de loyauté vis à vis des entreprises, et de leurs salariés.
    Quelle est votre position ? Y a t’il une convention pour que le système soit admis comme étant le meilleur (ou le moins mauvais ?).

  2. Bonjour

    Vous ne volez pas l’entreprise, puisque les produits dérivés sont des produits émis par des banques, des institutions, que ne sont que des paris que l’évolution de l’action. Cela n’a aucun impact sur l’entreprise (nous ne parlons pas ici des futures, contrats à termes et autres options sur les matières premières ou sous-jacent ou là oui, il y a un réel impact sur la matière)

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