Voici venu le « crédit social » version Black Mirror

Rédigé le 4 avril 2018 par | A la une, Toutes les analyses Imprimer

Aux Etats-Unis, « Black Mirror » est l’une des séries télévisées les plus populaires, ces derniers temps, dans la catégorie humour noir et satire sociale. Elle dépeint ce que l’ère du numérique pourrait nous réserver dans un proche avenir.

Le premier épisode de la Saison 3 s’intitule « Nosedive » [NDR : « la dégringolade »]. Il raconte l’histoire d’une jeune femme nommée Lacie, qui vit dans un monde où votre score sur les réseaux sociaux détermine l’endroit où vous vivez, comment vous voyagez et ce que vous mangez, entre autres. Le score de Lacie est de 4,2. Or, il lui faut 4,5 pour s’offrir l’appartement de ses rêves. Un trailer est visible ici. Elle fait tout ce qu’elle peut pour améliorer cette note : elle se montre excessivement gentille avec de parfaits inconnus, et attribue des notes élevées à presque tous les gens qu’elle rencontre. Le titre de l’épisode révèle ce qu’il lui arrive, au fil de l’intrigue.

La plupart de ceux qui l’ont vu estime que cet épisode est drôle mais qu’il donne la chair de poule, avant de se rassurer en se disant qu’il s’agit d’une fiction et que cela n’arrivera jamais dans le monde réel. Mais ils ont tort. C’est déjà en train d’arriver.

Dernièrement, j’ai rencontré l’équipe marketing qui travaille sur une super voiture de Ford, tenue secrète. La version routière de cette voiture coûte 500 000 $, mais même si vous possédez cet argent, Ford (F-Nyse) ne vous la vendra que si vous avez au moins 25 000 « followers » sur Twitter ou Facebook. Cette voiture est disponible en très peu d’exemplaires, et Ford veut s’assurer qu’elle ira aux « influenceurs » présents sur les réseaux sociaux.

Une tendance encore plus effrayante est en train d’apparaître en Chine. Le président Xi a proposé une nouvelle loi interdisant aux citoyens chinois l’accès aux avions et aux trains s’ils ont une mauvaise « note sociale » (selon un « système de crédit social »). Les citoyens accusés d’avoir commis des « méfaits » n’auront pas le droit d’emprunter les transports publics pendant 1 an. Ces sanctions s’appliquent à ceux qui n’ont pas payé leurs amendes ou sont coupables de propager de « fausses informations ».

Bien entendu, il n’y a qu’un pas entre la propagation de fausses nouvelles et le simple fait de ne pas avoir les bonnes opinions politiques. Avant longtemps, on verra se répandre ce type de « note sociale », aux Etats-Unis, et des sanctions seront infligées à ceux qui expriment publiquement des opinions politiquement incorrectes. Parmi ces sanctions figure la perte de l’accès aux comptes bancaires et aux distributeurs de billets.

Cette tendance est une raison de plus pour détenir de l’or et de l’argent physiques et conserver des espèces. Les sanctions numériques ne pourront pas vous empêcher d’utiliser ces actifs. [Ndlr : prenez les devants et protégez-vous du Plan Ice-9 des Élites en téléchargeant le livre de Jim « En marche vers la faillite » et en suivant ses conseils de protection de votre patrimoine.]

Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

En savoir plus sur le service d’Intelligence Stratégique.

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