Avez-vous pris la porte de saloon du 31 mai/1er juin ?

Rédigé le 6 juin 2011 par | Big caps, VIX Imprimer

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Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers __________________________________________________________________________________________________

Il n’est pas toujours facile d’expliquer pourquoi Wall Street décale dans un sens ou dans l’autre, mais les variations parfois surréalistes des indices nous éclairent utilement sur la façon dont les choses fonctionnent… Je vous préviens, cela ne va pas vous réconcilier avec la Bourse.

Un contexte exécrable qui n’empêche pas de tirer les indices Le mois de mai s’est achevé bien mieux qu’il n’avait débuté mais Wall Street a de nouveau tombé le masque au cours de la dernière demi-heure de la séance mardi dernier. L’envolée de +1,1% du 31 mai fut un anachronisme total compte tenu des chiffres du jour :

Le « double-dip » économique est bien plus qu’une vue de l’esprit pour nombre de citoyens américains !

Les marionnettistes se sont donc brusquement remis au travail. Cette fois, ils n’ont même pas pris la précaution de rendre la main invisible aux yeux du public.

La manipulation à outrance des indices boursiers par quelques très influentes firmes financières (dotées de puissants outils informatiques) ne cherche même plus à se faire discrète, ni même à s’abriter derrière quelques alibis un tant soit peu convaincants.

Les manipulateurs opèrent au grand jour, comme une démonstration de toute puissance et de mépris pour mainstreet et ses difficultés bien concrètes.

Variations du Dow Jones et du SP500 Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Ni les 60 points pris par le Dow Jones, ni les 0,5% supplémentaire du S&P à l’approche du coup de cloche final n’ont suscité le moindre étonnement : il n’y aurait donc là rien que de très banal.

Si les cours montent, pourquoi se préoccuperait-on d’en chercher la cause ? Tout le monde aime voir Wall Street grimper. La hausse se suffit à elle-même : à cheval donné on ne regarde pas les dents.

Le but poursuivi en ce 31 mai sautait pourtant au yeux : grâce à ces gains intraday sur les indices américains (tout comme sur les indices européens d’ailleurs), la perte mensuelle se trouvait ramenée à 1,5%.

Un écart totalement insignifiant… une absence de variation de cours qui anéantit la « valeur temps », qui dévalue les dérivés « à date d’échéance rapprochée » et assure la fortune des vendeurs disposant d’une couverture quasi illimitée (par opposition aux acheteurs disposant d’une mise statistiquement plus faible, de nombreux lecteurs se reconnaîtront).

La volatilité, l’enjeu majeur des marchés Mais les options sur actions dont nous venons de parler ne sont que la partie émergée de l’iceberg des produits dérivés. La maîtrise de la volatilité dans un contexte où les effets de leviers sont absolument considérables est devenue un enjeu majeur — je dirais même carrément vital. (D’ailleurs, si vous souhaitez comprendre ces mécanismes d’options et de volatilité, je vous renvoie aux articles de Romain à ce sujet).

L’extrême faiblesse des taux permet d’user du levier de l’endettement de façon quasi illimitée. Avec une mise de départ de 200 000 $ vous pouvez rapidement engager 10 millions de dollars à terme sur le Forex, le CAC 40 ou le Dow Jones. Vous pouvez également couvrir une vente d’options si vous êtes convaincu que le marché n’ira nulle part — ou alors très lentement.

D’où l’intérêt majeur de ramener le VIX (-3,5% à 15,45 points ce mardi) au contact du plancher historique situé vers le seuil des 15. Nous vous en avions déjà parlé comme étant un des ressorts les plus utilisés. Ceci assure le rendement maximum pour des stratégies basées sur l’écrasement de la volatilité (pratiquement inaccessibles aux particuliers et qui ne profitent qu’aux institutionnels).

Mais un beau jour, il s’avèrera plus payant de jouer la « volat » — autrement dit le retour du stress et la fin de la hausse : les sherpas du marché s’emploieront à prendre à contre-pied la majorité des opérateurs.

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Vous vous faites avoir à tous les coups C’est bien l’aspect le plus détestable des marchés tels qu’ils fonctionnent depuis l’an 2000. Si vous n’accompagnez pas une hausse manifestement absurde des cours, vous êtes accusé de ne pas avoir compris qu’il fallait profiter de chiffres moins pires que prévus ou de mauvaises nouvelles déjà dans les cours.

Si vous passez acheteur et que le marché se retourne, vous n’avez aucune excuse puisqu’il faut vraiment être complètement stupide pour jouer la hausse alors que tous les chiffres sont mauvais et que le Congrès américain se montre incapable de s’entendre sur les moyens d’éviter un défaut de paiement à l’Amérique.

Autrement dit, seuls les initiés savent quand rentrer et quand sortir… et l’actualité du jour sert d’alibi à toutes les manipulations. Les épargnants l’ont bien compris et désertent ce genre de table de poker robotisée où l’adversaire lit dans votre jeu et connaît par coeur l’ordre des cartes qui vont sortir du sabot du croupier.

Et l’un des meilleurs moyens de piéger les suiveurs, c’est d’orchestrer le genre de scénario de type « porte de saloon » qui s’est matérialisé le 31 mai puis le 1er juin.

La porte de saloon du 31 mai 1er juin Le 1er juin, les indices américains ont abandonné en une demi-heure leurs gains de la veille — acquis donc dans un contexte assumé de manipulation des cours.

Le Dow Jones rechutait de 1,25%, le S&P de 1,15% ; le Nasdaq était le seul à rester positif sur la semaine avec un recul de 0,9% (contre +1,4% mardi). Sur une période d’un mois, et à moins de 15 jours de l’arrêt du QE2, Wall Street ne va nulle part comme le démontre le parcours du Dow Jones.

Il se maintient pour l’heure au-dessus des 12 200 points mais la cassure des 12 350 points (qui a servi de support à de nombreuses reprises depuis septembre 2010) a donc bien préfiguré la chute sur les 12 200 points (MM100) puis 12 100 points (plancher du 18 avril).

Un véritable signal de correction moyen terme se matérialiserait avec une franche cassure du support oblique long terme des 12 000 points : c’est tout l’enjeu de ce mois de juin.

Après une entame négative de -1%, la marge de sécurité se réduit à 3%…

A bon entendeur…

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute. Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute. Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Avez-vous pris la porte de saloon du 31 mai/1er juin ?”

  1. […] indiciels – plus ou moins discrets, voire complètement assumés comme le 31 mai dernier – que nous dénonçons régulièrement aboutissent à une désertion des investisseurs particuliers, soit en direct, soit via les OPCVM […]

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