VIX au plus bas et indices au plus haut : soyez ultra-prudent

Rédigé le 17 août 2012 par | Autres indices, VIX Imprimer

Plus loin, l’Afrique…

Avec une croissance à faire pâlir d’envie nos économies européennes, l’Afrique se révèle être un continent riche en opportunités d’investissement.

Commandez vite le Rapport spécial de notre spécialiste pour découvrir sa sélection des meilleures opportunités…

Imaginons que vous êtes parti en vacances fin juin et que vous reveniez ces derniers jours. Vous avez de la chance… Vous vous penchez sur la situation des marchés et vous n’en croyez pas vos yeux. Le S&P 500 est passé de 1 320 à 1 400 points (+6%) et le CAC 40 des 3 100 points (pour arrondir) à 3 450 (+11%). Vous trouvez cela bizarre. Vous vous dites que la situation économique a dû s’améliorer, la crise de la dette se résoudre, les résultats des entreprises ont dû être exceptionnels… Eh bien non, pas du tout ! Bien au contraire, les chiffres sont mauvais, l’Europe est en récession et certains se réjouissent d’une croissance 0 en France au second trimestre. On nage en plein délire…

Cette situation euphorique vient en fait d’une phrase de Mario Draghi, le président de la BCE, fin juillet disant « qu’il était prêt à agir », imitant ainsi son équivalent américain Ben Bernanke. Mais depuis, rien ! Aucune action concrète n’a eu lieu depuis bientôt trois semaines, et les marchés actions continuent à progresser sur de mauvais chiffres. Mais de plus en plus lentement, de façon de plus en plus poussive. Pire que cela, ils espèrent même de mauvais chiffres… afin que les banques centrales se décident à agir et à injecter de nouvelles liquidités.

Mais à ces niveaux, il faut être plus que prudent. Les indices, revenus comme par enchantement proches de leurs plus-hauts, pourraient retomber tout aussi vite, d’autant que la situation technique nous montre combien le marché s’essouffle. Voyons cela plus précisément.

Le VIX au plus bas

Le VIX, indice de volatilité du S&P 500, est l’indicateur de sentiment le plus connu des traders et de tous ceux qui s’intéressent aux marchés. Je le suis d’ailleurs chaque jours, dans le cadre de mon service sur Turbos, afin de profiter des moments d’accélération ou de retournement des marchés.

Le VIX est un indicateur qui évolue en règle générale dans le sens inverse des indices, et il est particulièrement efficace sur le moyen terme. En d’autres termes, les pics du VIX correspondent à des points bas de marché, souvent à quelques jours ou quelques semaines près, comme lors des plus bas de 2008-2009 sur les indices, et les creux du VIX à des points hauts de marché.

Après une chute impressionnante ces dernières semaines, le VIX est revenu à ses plus-bas de l’année – que dis-je, de plusieurs années ! Cela n’a rien d’anodin, et c’est à surveiller de très près.

Voyons cela avec ce graphique en données hebdomadaires :

VIX
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Ainsi, lors des points hauts du S&P et des indices mondiaux en mars/avril, le VIX avait fait un plus-bas à 13,70. Lors des sommets de juillet 2011, avant la forte chute d’août 2011, il se trouvait également dans la zone des 14/15. Nous nous retrouvons donc dans la même situation que dans la période qui a précédé ces deux corrections majeures… Cela nous indique que dans les niveaux actuels, le risque de krach est important.

En effet, le VIX évolue entre 0 et 100 ; la zone des 13/15 points est un plus-bas de plusieurs années et constitue une très bonne zone de support. C’est en 2006-2007 que la volatilité s’était réduite pour atteindre des plus-bas historiques dans les 9/10 points.

La faible volatilité actuelle est trompeuse. Ce qui est d’autant plus inquiétant, c’est que la récente baisse du VIX s’est faite de façon assez brutale, avec des marchés qui ont progressé malgré des fondamentaux mauvais – sur des espoirs d’actions des banques centrales.

Il est donc probable que l’on ait un regain de volatilité à partir des niveaux actuels dans les prochaines semaines, combiné comme souvent à une correction des indices. Le VIX pourrait ainsi doubler pour retrouver ses niveaux de juin à 28 points, voire ceux de l’année dernière à 48 points en cas de turbulences plus importantes ensuite au cours de l’automne.

Les indices au plus haut

Puisque le VIX est l’indice de volatilité du S&P 500, voyons ensemble brièvement la situation de l’indice directeur des places mondiales, qui stagne depuis quelques jours proche d’une zone de résistance majeure :

S&P 500
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

On voit clairement sur le graphique que le S&P 500 n’est qu’à quelques encablures de ses plus-hauts annuels à 1 422 points, tout proche de la résistance majeure (plus-hauts de mai 2008) à 1 440 points. Il est donc très probable que l’on bute sous ces niveaux pour corriger le récent rebond.

Sur les indicateurs mathématiques, le RSI s’essouffle contre une ligne de tendance descendante proche de 65 ; les plus-hauts de ces derniers jours se font en divergence baissière, avec des indicateurs qui ne suivent plus les cours. En outre, chaque plus-haut est de plus en plus marginal, dans un marché en quasi-stagnation depuis une dizaine de jours, signe d’un marché bloqué qui ne parvient plus à progresser, avant une correction qui serait salutaire.

Enfin, comparé à la première vague de correction d’avril à juin, le rebond entre début juin et ces derniers jours est beaucoup moins impulsif – dynamique si vous préférez. La prochaine vague de correction, comme celle d’avril à juin, pourrait donc être relativement violente et nous ramener dans la zone des 1 310/1 292 sur l’indice.

Mots clé : - - - -

Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

Un commentaire pour “VIX au plus bas et indices au plus haut : soyez ultra-prudent”

  1. […] Mais cette explication ne nous satisfait qu’à moitié. Les marchés ont peut-être été influencés par l’expiration d’une échéance mensuelle sur le VIX — l’indice du stress associé au S&P 500. Le voici qui décrochait (comme par hasard) sous les 14 une heure après l’ouverture de Wall Street. Il s’agit là de son plus bas niveau historique tandis que le S&P flirtait symétriquement avec son record annuel… Une absurdité de plus comme vous le signalait Sébastien Duhamel. […]

Laissez un commentaire