VIADEO entre en Bourse

Rédigé le 19 juin 2014 par | Actions, IPO, OPA, opérations financières Imprimer

Plus de 25 journalistes économiques réunis dans l’un des hôtels les plus en vue de la capitale… Non ce n’est pas pour assister à un match de foot sur écran géant. Ce n’est pas non plus pour la publication des résultats semestriels d’une société du CAC 40. Non, cher lecteur, on doit cette venue en nombre de la profession à une prochaine introduction en Bourse, celle de VIADEO (FR0010325241)…

Ce nom ne vous dit rien ? Il s’agit pourtant d’un acteur incontournable des réseaux sociaux professionnels. Il est d’ailleurs souvent comparé à Linkedin, son homologue US. C’est le leader français sur son marché avec près de 9 millions de membres. Il est également numéro un en Chine avec 20 millions de membres sous la marque Tianji, achetée en 2008.

En fait, le business model du groupe repose sur trois piliers. Primo, les abonnements en ligne qui représentent environ 51% du chiffre d’affaires, ressorti à plus de 30 millions d’euros en 2013. Secundo, les solutions de recrutement pour 29% de l’activité, avec en filigrane la volonté de « désintermédier » le marché des ressources humaines. Tertio, les solutions marketings avec de l’e-mailing sur mesure ou encore du ciblage extrêmement précis.

Le cofondateur du groupe, Dan Serfaty, s’appuie sur une équipe jeune, la moyenne d’âge est de 30 ans. Au total 447 employés dont une bonne moitié d’ingénieurs. Il faut dire que le groupe se doit de rester à la pointe, surtout en termes de fonctionnalités avec, par exemple, 23% des CV envoyés via des terminaux mobiles. Il a donc dépensé 2 millions d’euros en 2013 pour la refonte de sa plateforme.

Objectif : lever 35 millions d’euros

VIADEO a donc besoin d’argent, de beaucoup d’argent – ne serait-ce que pour recruter des nouveaux membres en Chine ou accélérer la désintermédiation des ressources humaines. C’est pour cela que la société se tourne vers les marchés financiers avec, si l’on se base sur le point médian de la fourchette de prix, la volonté de lever 35 millions d’euros.

La Bourse donc pour un groupe qui avait reporté son introduction en 2011 et qui s’était tourné vers des fonds d’investissement en 2012 pour lever 22 millions d’euros. C’est pour cela que le tour de table est déjà assez prestigieux avec notamment AV3 (ex-Agregator) avec 16,7% du capital ou encore China Biznetwork Corp (14,3%) ou encore Idinvest (14,1%). Comme souvent, Bpifinance est également présent avec 6,7% du capital.

La levée de fonds se déroule donc jusqu’au 30 juin avec une fourchette de prix allant de 17,10 euros à 20,90 euros par action. Et la capitalisation post money, pour une société encore déficitaire (13 millions d’euros de pertes en 2013), s’élèvera entre 180 et 200 millions d’euros. « Ce n’est pas énorme. Cela ne fait que 6 fois le chiffre d’affaires du groupe. Linkedin se paye plus, 12 fois son chiffre d’affaires » m’indiquait un banquier parisien, présent au cours du déjeuner et conseiller auprès de la société. Il a raison et il défend bien cette société créée il y a juste 10 ans.

Mais Linkedin, introduit il y a 3 ans, est quand même le géant du secteur avec, en 2013, un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de dollars et un bénéfice net de 27 millions de dollars. On ne peut donc pas comparer, en termes de multiple, deux sociétés de taille diamétralement différente.

Mon avis

Fidèle à ma ligne directrice, je vous conseille d’attendre les premières cotations avant de vous intéresser au dossier. Les dernières IPO ont en effet été réussies mais avec des premières journées de cotation plutôt difficiles. Regardez par exemple Pixium Vision. La valeur a déjà perdu près de 4% par rapport à son premier jour de cotations.

Mais, si vous me demandez mon avis, je pense que l’IPO se passera bien. Il n’y a pas eu d’introduction en Bourse de société Internet depuis un bail… Seloger.com avait fait ses premiers pas boursiers fin 2006 et Adenclassified avait rejoint la cote en 2007… Depuis c’est le calme plat dans le secteur.

Une bonne raison de susciter un engouement auprès des investisseurs institutionnels. Mais, entre une sursouscription et une envolée du cours de Bourse, il y a souvent un gouffre en ce moment. Prudence donc.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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