VERTEX fait la course en tête avec de nouveaux traitements contre l’hépatite C

Rédigé le 2 mars 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Par Ray Blanco

La tension n’en finit pas de monter dans la course pour le développement d’un traitement oral de l’hépatite C. Comme vous le savez, dans ce domaine, la société VERTEX PHARMACEUTICALS (NASDAQ : VRTX) est entrée dans l’histoire en 2011 lorsque l’Incivek est devenu l’un des deux seuls nouveaux traitements à être introduits sur le marché en de nombreuses années. A l’heure actuelle, l’Incivek dépasse ses concurrents parce que son efficacité supérieure est avérée, et il a pu profiter d’un des lancements les plus réussis de l’histoire du médicament.

Mais l’histoire des traitements contre l’hépatite C n’est pas encore gravée dans le marbre. L’Incivek nécessite l’utilisation de deux autres médicaments, la ribavirine et l’interféron pégylé, pour obtenir un taux de guérison élevé. Comme la ribavirine, l’Incivek est pris par voie orale. L’interféron, quant à lui, doit être administré par intraveineuse et a des effets secondaires très négatifs. Certains patients ne le supportent pas du tout. Même si l’utilisation de l’Incivek permet de diviser par deux le temps de traitement nécessaire à l’obtention d’une guérison virale, les patients doivent tout de même se soumettre au traitement combiné pendant six mois.

On recherche donc toujours un meilleur traitement contre l’hépatite C. Le Saint Graal, c’est une posologie par voie orale uniquement qui permettrait d’éviter l’utilisation de l’interféron et qui soit capable d’égaler ou de dépasser les performances de l’Incivek. Les entreprises pharmaceutiques dépensent des centaines de millions de dollars pour développer un tel traitement, et le prix des actions des petites firmes biotechnologiques qui travaillent dans ce domaine peut aller de niveaux vertigineux à des cours ridicules au gré des publications de données cliniques.

Pharmasset (VRUS : NASDAQ), par exemple, a publié des résultats très convaincants l’an dernier. Le prix de l’action VERTEX a été très durement touché suite à cette nouvelle, étant donné que le composé de Pharmasset pourrait éventuellement faire concurrence à l’Incivek. Les investisseurs ont donc vendu leurs actions VERTEX qui, comme le reste du marché à l’époque, commençait déjà à être bradée. L’an dernier, je vous disais que le composé de Pharmasset n’en était qu’au début de ses essais cliniques et que l’issue n’était pas certaine. Le géant biotechnologique Gilead Sciences, cependant, a racheté l’entreprise il y a quelques mois.

La semaine dernière, Gilead/Pharmasset a rapporté des données décevantes pour son programme contre le VHC. Si les données précédentes concernaient des essais effectués sur des patients atteints de types d’hépatites plus faciles à guérir, les nouvelles données visent une variété appelée génotype 1, plus résistante. Chez les patients atteints d’infections qui n’avaient pas répondu aux traitements précédents et atteints de ce type d’hépatite, 75% ont rechuté après avoir pris le composé expérimental de Gilead.

Où en est VERTEX, alors ?

L’entreprise ne se repose pas sur ses lauriers, malgré ses récents succès. Elle a conclu un partenariat avec Alios Biopharma pour le développement de deux composés pour le traitement de l’hépatite C. Ces composés sont des nucléosides et fonctionnent en dupant le VHC et en lui faisant croire qu’ils sont en fait des matériaux génétiques. Etant donné que les virus se dupliquent en piratant notre machinerie génétique, les pousser à pirater un leurre est un angle d’attaque prometteur.

Mais le travail de VERTEX ne se limite pas à la collaboration avec Alios. L’entreprise développe un composé en interne appelé VX-222, pour lequel les essais cliniques de Phase II sont en cours. Le VX-222 inhibe une polymérase utilisée par le virus de l’hépatite C pour construire des chaînes de protéines et se multiplier. Cette semaine, l’entreprise a annoncé des résultats d’essais provisoires pour le VX-222 chez les patients atteints du génotype 1 du VHC, dans une posologie sans interféron. La combinaison de médicaments inclut la ribavirine, l’Incivek et le VX-222.

Le cocktail expérimental a obtenu des résultats impressionnants. Au terme de deux semaines, la charge virale de 80% des patients était en-dessous de la plus petite concentration à laquelle il est possible de le quantifier avec fiabilité. Après douze semaines, ce taux était de 83%. Onze patients avaient des taux absolument indétectables de VHC après quatre semaines et ont pu arrêter le traitement après une période de douze semaines. Parmi eux, neuf avaient encore des niveaux indétectables quatre semaines après l’arrêt du traitement. Sur la base de ces données, VERTEX a l’intention d’entamer un essai de Phase IIB et si celui-ci réussit, un essai de Phase III. Le but de l’entreprise est de pouvoir déposer une demande de permission de mise sur le marché devant la FDA pour le VX-222 d’ici la fin de l’année 2014 ou le début de 2015.

Selon le Dr Peter Mueller, directeur scientifique de VERTEX et vice-président exécutif de la recherche et du développement au niveau mondial : « Depuis son homologation, l’Incivek a été utilisé pour traiter des dizaines de milliers de personnes atteintes de l’hépatite C, et nous travaillons encore à améliorer les soins apportés aux personnes qui vivent avec cette maladie en évaluant plusieurs posologies sans interféron. Notre but ultime est de développer des posologies de traitement bien tolérées et sans interféron avec des taux de guérison élevés et des durées de traitement courtes pour les personnes atteintes d’hépatite C. Nous pensons être en bonne voie pour atteindre cet objectif grâce à l’utilisation de plusieurs combinaisons de nos composés, notamment l’Incivek, le VX-222 et deux nucléotides distincts inhibiteurs de la polymérase. »

Vertex semble abordable

Imaginez un peu : Gilead Sciences a acheté Pharmasset pour 11 milliards de dollars, essentiellement sur la base des promesses de son programme contre l’hépatite C. La capitalisation boursière de VERTEX, cependant, n’est « que » de 8 milliards de dollars. Pour vous donner une idée de l’importance du prix payé par Gilead, VERTEX est en passe de vendre 1,5 milliard de dollars au moins à l’Incivek cette année, et des centaines de millions supplémentaires grâce à son nouveau médicament contre la mucoviscidose, le Kalydeco. L’entreprise travaille aussi à faire croître sa franchise VHC grâce à de nouveaux composés.

Pharmasset, d’un autre côté, ne génère pas de chiffre d’affaires grâce à ses médicaments VHC sur le marché pour le moment. Les essais cliniques ne sont pas encore terminés, et il lui faut encore conquérir une décision finale positive de la part de la FDA.

Un observateur raisonnable pourrait conclure que VERTEX est sérieusement sous-évaluée aux prix actuels du marché. 

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2 commentaires pour “VERTEX fait la course en tête avec de nouveaux traitements contre l’hépatite C”

  1. […] Je vous reproduis son e-mail : vous pourrez ainsi mesurer la guerre sans merci que se livrent les biotechs dans leur course aux nouveaux traitements. Qui tirera son épingle du jeu et sortira le prochain blockbuster ? Les appelées sont nombreuses mais l’accès au podium est extrêmement sélectif, les élues sont donc beaucoup plus rares. […]

  2. bonjour .
    pouvez vous m envoyez a mon adresse email tout les resultats sur les medicaments est traitements d hepatite c .mon adresse louisevangelisti@hotmail.fr merci d avance

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