Vers un retour à la raison sur l’obligataire allemand

Rédigé le 28 février 2014 par | Autres indices, Matières Premières Imprimer

Si l’on en croit les dernières estimations de la Commission européenne en matière de croissance, l’optimisme semble revenir en zone euro. En effet, la reprise devrait s’amplifier avec notamment une croissance de 1,2% cette année et de 1,8% en 2015. L’Allemagne, bien évidemment, sera la locomotive de l’Europe avec une croissance estimée à 1,8% cette année et même de 2% en 2015. Et cette même Commission écarte le spectre d’une déflation avec un risque qualifié de « marginal ». Dans ces conditions, j’ai bien du mal à comprendre le niveau actuel des fameux Bunds, c’est-à-dire les taux d’intérêt à 10 ans en Allemagne.

Si vous achetez du Bund sur les niveaux actuels, vous obtiendrez sur 10 ans un rendement de l’ordre de 1,50%, ce qui est vraiment très peu compte tenu des prévisions économiques.

graphique bund

Certes, vous pouvez me dire que les grandes compagnies d’assurances mondiales et les sociétés de gestion sont obligées d’avoir dans leur portefeuille maison des obligations d’Etat allemandes voire françaises, tout simplement parce qu’il faut avoir du papier de qualité – ou en tout cas de moins mauvaise qualité que les autres. Admettons que je sois une caisse de retraite américaine. Je vais préférer acheter du 10 ans allemand que du 10 ans espagnol. Et ce, même si je gagnais 3,54% avec des obligations d’Etat ibériques.

Mais il y a quand même un sérieux problème.

On ne peut avoir en même temps accélération de la croissance et taux longs au plancher. Un des deux paramètres qui n’est pas bon. Soit les estimations de croissance sont trop faibles et dans ce cas, les taux longs allemands se justifient, mais alors les marchés actions doivent décrocher, parce que les anticipations de croissance de résultats sont trop fortes. Soit les estimations de croissance sont exactes et les taux longs doivent mécaniquement remonter, tout simplement parce qu’il est illusoire d’accepter de si faibles rendements avec une économie robuste.

Dans cette optique, et sans vous pousser à faire des opérations spéculatives, il me semble qu’à la faveur des statistiques économiques 2014 nous verrons les contrats Bunds perdre du terrain et les taux longs remonter. Vous le savez, je n’aime pas faire des paris spéculatifs mais revoir des taux longs allemands au-dessus des 2%, voire autour des 2,30%, ne me semble pas être une hérésie dans le contexte que l’on connaît. De sorte qu’il est extrêmement dangereux d’acheter du Bund dans les cours actuels.

La bulle obligataire en Allemagne va finir par se dégonfler – sans pour autant parler de krach mais plutôt d’ajustement technique normal.

Surveillez de très près les prochaines adjudications allemandes.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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