Vallourec : la petite française qui profitera de l’explosion du gaz non conventionnel

Rédigé le 25 mai 2010 par | Matières Premières Imprimer

Par Isabelle Mouilleseaux, rédactrice en chef de L’Edito Matières et Devises

Il y a quelques semaines, dans l’Edito Matières et Devises, Florent Detroy faisait pour nous un point sur le marché du gaz et ses perspectives. Je vous avais promis de revenir sur le sujet pour vous parler d’une petite société française bien placée pour en profiter.

Le marché du gaz est très « local »

En gros, vous avez l’Amérique, l’Europe et la Chine. Trois marchés avec chacun ses prix. Reliés entre eux par le GNL (gaz liquide) qui peut être transporté par méthaniers.

Il y a quelques mois encore on s’attendait à ce que l’Amérique du Nord commence à manquer de gaz suite à l’épuisement de ses puits. L’offre déclinait face à une demande en hausse, et on anticipait alors une explosion de la demande nord-américaine de GNL (dont le Qatar est le principal producteur).

Mais voilà…

Une rupture technologique inouïe bouleverse le paysage et chamboule les perspectives

Il existe depuis toujours du gaz emprisonné dans certaines roches, en petites quantités, sous forme de petits réservoirs jusqu’ici inaccessibles. Les technologies du forage horizontal et de la fracturation hydraulique des roches donnent enfin accès à ce gaz jusqu’ici impossible à extraire.

Du coup, les Etats-Unis se retrouvent du jour au lendemain avec 100 ans de consommation de gaz devant eux contre à peine 30 ans il y a quelques mois encore…

Graphique des deux types de forage

Ce gaz non conventionnel (GNC) inonde le marché américain

Sa part dans la consommation américaine totale de gaz pourrait grimper à 85% à l’horizon de 2025 contre 20% aujourd’hui.

Et c’est aussi le GNC qui explique la division par trois et demi du cours du gaz naturel américain depuis son pic de l’été 2008.

Rush sur le secteur…

Je vous le disais la dernière fois : le secteur est tellement prometteur que les majors pétrolières s’y positionnent.

– A l’image d’ExxonMobil qui a lancé une OPA de 41 milliards de dollars sur XTO Energy (très pointu dans le GNC, tout comme avec Cheasapeake).

– Ou comme BP et StatoilHydro qui préfèrent racheter des participations dans des gisements de GNC. C’est aussi la stratégie de Total qui vient de racheter 25% du gisement Barnett Shales à Cheasapeake.

Du coup…

La demande en matériel de forage de GNC explose aux Etats-Unis

Or justement, Vallourec (producteur de tubes en acier spéciaux sans soudure, leader sur son marché) est le premier à pouvoir bénéficier de cet engouement.

Ses tubes sont indispensables à la construction de forages. Et pour répondre à la demande croissante de forages horizontaux, il vient d’investir aux Etats-Unis 650 millions de dollars (grâce à sa trésorerie) dans une unité de production.

Un savoir-faire très particulier, spécialité de Vallourec

Objectif de l’investissement : créer des tubes sans soudure de petite taille, nécessaires à ce type de forages très particuliers. Des tubes en acier spéciaux capables de résister à de très hautes températures et pressions. Mais aussi des tubes avec des connexions multiples (toujours sans soudure !) puisqu’il s’agit ici de forage directionnel.

Et la technicité encore supérieure de ces tubes par rapport aux tubes utilisés dans les autres types de forages devrait permettre à l’entreprise de générer des marges plus élevées encore.

Donc oui. Le GNC est une aubaine pour notre Vallourec

Et si un de ces jours Vallourec atteint des niveaux d’achat intéressants (135/140 euros) : réfléchissez-y. Ce pourrait être une opportunité à saisir.

Pour l’instant, les marchés me paraissent trop nerveux et le prix est remonté trop haut.

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