Une « tête/épaules » par trop évidente ?

Rédigé le 16 janvier 2008 par | Autres indices Imprimer

La tentation et tentative d’orchestrer un fort rebond en direction des 5 400 puis des 5 550 points (MM50) pourrait être irrésistible tant l’occasion de profiter d’un support majeur semble belle et opportune… Mais il faut parfois se contenter de lire la tendance au premier degré, comme cela a si bien marché entre mars 2003 et juillet 2007.

Nous avions vu un épisode haussier d’une longueur de 52 mois et d’une amplitude de +3 760 points qui demeurera – quoiqu’il advienne – tout à fait exceptionnelle !

◊ Le CAC 40 au plus bas depuis octobre 2006

Le grand rendez-vous graphique et technique qui se profilait depuis l’ébauche d’une vaste « Epaule/Tête/ Epaule «  sur 2007 suivie de la formation d’une seconde « épaule «  vers 5 850 points en novembre 2007 vient d’avoir lieu ce 15 janvier. A 5 250,82 points, le CAC 40 clôture donc au plus bas depuis le 3 octobre 2006, sous son plancher du 1er décembre 2006 (5 254 points), sous celui du 14 mars 2007 (5 295 points) et sous celui du 16 août dernier (5 265 points).

Cette ligne de cou, qui venait soutenir la base de la figure « épaule/tête/épaule  » a donc bien été enfoncée. Et comme vous le savez… une tête/épaule classique est une figure de retournement à la baisse dans sa version la plus canonique (Sébastien Duhamel vous explique plus bas précisément la figure).

La cassure de la « ligne de cou  » donc, n’est que de l’épaisseur du trait (une demi-douzaine de points sous 5 255) mais la tendance haussière de long terme a bel et bien été invalidée dès l’enfoncement des 5 450 points (MM à 100 semaines) le 9 janvier.

La vélocité baissière s’est trouvée nettement renforcée par la cassure des 5 380 points (plancher des 10 septembre et 21 novembre 2007) puis lors du basculement sous les 5 330 points (il s’agit de l’ex-zénith de début mai 2006) : plus aucun support n’était détectable avant 5 265 points… et il aura fallu moins de 120 minutes au CAC 40 pour perdre 100 points ce 15 janvier (entre 14h30 et 16h30).

◊Le CAC 40 risque de décrocher de -17% ! La formation d’une splendide figure dénommée « tête/épaules  » de séquence 5 770/6 170/5 870 induit un potentiel de repli mécanique de -920 points en cas de rupture de cette fameuse ligne de cou  » des 5 250 points… ce qui nous donne un objectif de 4 340 points ! Aïe, la chute fera mal : -17% et nous atteindrions alors le plancher d’octobre 2005.

Si ce scénario se confirmait (et les oscillateurs weekly demeurent effectivement très négativement orientés, et les monthly ne l’avaient plus été aussi fortement depuis l’automne 2000), les supports intermédiaires (qui correspondent en fait à des paliers de rebond potentiels) les plus facilement identifiables se situent à 5 020 points : il correspond au plancher de septembre 2006… et est évidemment un seuil éminemment psychologique puisque proche des 5 000 points.

Les deux supports suivants qui nous permettraient de freiner la chute apparaissent vers 4 700 (zénith de décembre 2001 et mars 2002, moyenne mobile à 12 mois) puis à 4 600 points (plancher de juin 2006 puis zénith de fin septembre 2005).

◊ L’attraction des 4 350 points Mais plus globalement, l’objectif à la baisse des 4 350 points dont je viens de vous parler a d’autant plus de chance d’exercer un effet d’attraction qu’il correspond au seul gap resté béant dans le graphique du CAC 40 depuis le rebond du 28 octobre 2005.

Et comme vous le savez, un gap doit être comblé !

Ce seuil validerait également un retracement de 50% des gains accumulés entre 2 410 et 6 170 points.

D’autres gap subsistent : au-dessus de 4 195 points (28 juin 2005), 4 073 points (18 mai 2005) et je ne mentionnerai le gap des 3 773 points du 21 décembre 2004 que pour souligner le fait que ce seuil coïncide avec le retracement standard prédit par le « ratio de Fibonacci  » sous les 6 170 points, soit 3 820 points et qui n’a plus été approché depuis le 24 janvier 2005.

Bref, vous l’avez compris : beaucoup de seuils et de signaux à la baisse viennent d’être franchis hier. Comme vous l’explique Sébastien Duhamel plus bas : prenez vos dispositions.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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