Une grande claque pour la grande distribution

Rédigé le 16 décembre 2008 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Pas la peine de me perdre ici en conjectures inutiles. L’équation fondamentale est simple, puisque les périodes de crise économique sont naturellement et logiquement douloureuses pour l’ensemble des secteurs en général, et pour la grande distribution en particulier. D’autant qu’aucune révolution majeure ne semble à prévoir dans ce domaine. Aussi, après déjà plus de 45% perdus sur le DJ Euro Stoxx Retail (l’indice de la zone euro que j’analyse ci-dessous) depuis mai 2007, je prévois encore une dépréciation d’environ 30% sur le premier semestre 2009.

Cet indice regroupe des acteurs majeurs du secteur en question dans la zone euro, dont les Français Carrefour, Casino ou PPR, le Hollandais Ahold, le Belge Delhaize et l’Allemand Metro. Mais, ce qui m’intéresse surtout aujourd’hui, c’est de voir à quel point l’évolution graphique du cours de ce DJ Euro Stoxx Retail répond à un décompte elliottiste propre et sans appel !

Regardez plutôt :

DJ Euro Stoxx Retail

Vue d’ensemble : grande consolidation en trois temps

Depuis le sommet historique de début 2000, on voit bien, sur le graphique bihebdomadaire ci-dessus, que le secteur est entré dans une large phase corrective en trois temps classiques notés dans des A, B et C encadrés. Et on remarque alors aisément aussi que la vague C en question, si elle est déjà bien entamée, présente encore un bon potentiel de baisse, puisque sa cible théorique se situe désormais sur les 150 points (soit la projection de 100% de la vague A, reportée en vague B).

Maintenant, si j’ai choisi ce secteur pour mon billet du jour, c’est sans doute davantage pour le côté exemplaire du graphique et son décompte, extrêmement « propre », que pour le potentiel à jouer à la baisse encore conséquent.

Voici donc, pour une première fois sans doute, une décortication technique détaillée de ladite phase de consolidation, et des explications éventuellement attenantes…

– La grande vague A

Comme vous pouvez le constater visuellement, la vague A, très impulsive, a pris place sous forme d’un wedge, appelé aussi un « biseau d’étranglement ». En effet, durant trois ans, de janvier 2000 à janvier 2003, les cours ont été pris en étau entre deux droites formant ce qu’on appelle donc un « biseau » (très clairement visible sur le dessin). Pendant cette période, l’indice a perdu plus de 60%.

Par la suite, la sortie de cette figure a fait place à un retournement important au mois de mars 2003, initiant donc une vague B dont l’amplitude allait être théoriquement significative.

– La grande vague B

Là encore, et je dirais même plus encore, c’est un véritable bijou d’analyse graphique. A tel point, que je vous la décortique en détail :

1. la sous-vague A : on la voit très distinctement, nette et sans bavure ;

2. la sous-vague B : sous forme classique d’un drapeau ascendant, elle-même encore décomposée en trois temps, notés a, b et c. Je pourrais pousser le vice jusqu’à détailler ces trois temps, mais je vous laisse simple juge visuel sur ce plan-là.

3. la sous-vague C : très impulsive, comme le laissait présager la vague A, elle prend place en cinq temps traditionnels (notés de 1 à 5) et correspond à la projection de Fibonacci de 138,2% de la vague A reportée à la sortie de la vague B.

Durant cette période, cette grande vague B, l’indice s’est apprécié de plus de 125%.

– La grande vague C

Celle-ci est en cours de formation et j’attends encore un mouvement correspondant aux vagues IV et V au sein de cette troisième et dernière grande vague de consolidation.

En effet, nous savons que notre objectif majeur se trouve autour des 150 points ; soit la projection classique de 100% de la grande vague A reportée au sommet de la grande vague B. Le décompte au sein de cette grande vague C montre qu’on peut s’attendre à un rebond initial qui serait formé par ma vague IV, avec une résistance théorique située sur les 243 points. Nous en sommes là.

Par la suite, ce sera la chute vers l’objectif en question.

Ce scénario reste valable tant que mon niveau d’invalidation situé sur les 272 points n’est pas clairement dépassé. Le cas échéant, l’ultime résistance avant la validation d’une reprise de la tendance haussière de fond se trouvera sur les 319 points.

On notera enfin ici que la grande vague C a déjà vu les cours perdre 45% de leur valeur, et j’attends encore une chute de près de 30% sur le premier semestre 2009, comme je vous le disais en introduction.

Aussi, si vous voulez profiter de cette baisse attendue, rien ne vous empêche de vous positionner sur un produit réactif, qui vous permettra de jouer le rebond en multipliant vos gains, tout en maîtrisant vos risques, les turbos. Il en existe en effet de très bons sur des valeurs comme Carrefour, PPR voire même Casino.

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marc-dagher
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