Une confidence à la journée de l’ANACOFI…

Rédigé le 20 mars 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

Ah, c’est vrai qu’ils ont le sourire les conseillers financiers réunis au Caroussel du Louvre dans le cadre de la journée ANACOFI (l’association nationale des conseillers financiers).

On dirait des petits garçons (les petites filles sont rares dans les travées) qui auraient découvert une pile de consoles de jeu dernier modèle abandonnées dans une rue sombre.

Voilà, c’est Noël tous les jours depuis le 15 janvier avec la BCE : on joue et on gagne à tous les coups.

Pour être sûr que les gérants et les stratèges ne misent que sur les numéros gagnants de la roulette boursière, toutes les cases « obligations », matières premières, « convertibles » ont été remplies de chewing-gum par la BCE et seules les cases « actions » sont susceptibles d’accueillir la bille.

Certains gérants avouent que les banques centrales les forcent à faire ce qui ne semble pas très pertinent -hors impératifs mécanistes comme un niveau d’investissement imposé- mais ce qui est le plus révélateur, c’est le vocabulaire.

Non, pas celui de la FED mais celui des gérants lorsqu’on les presse un peu d’expliquer leurs stratégies.

Dès qu’ils ont fini de nous expliquer qu’ils payent deux fois le prix de fin 2011 pour devenir actionnaire d’une entreprise qui ne gagne pas plus d’argent qu’à l’époque au nom d’un avenir radieux et de l’alignement des planètes… ils finissent par lâcher le morceau : ils achètent du « risque », parce que la répression financière ne leur laisse pas d’autre choix.

Oui : « risque », le champion de l’appétit pour  le « risque », c’est aujourd’hui Pierre.P (de la Financière de l’échiquier) qui a prononcé pas moins de  27 fois « on achète du risque » en 5 minutes d’interview.

Car on serait assez fou d’acheter aux niveaux de valorisation actuels les bénéfices futurs, le fruit des investissements des entreprises (elles n’investissent que dans les rachats de leurs propres titres), une accélération de la croissance mondiale (c’est bloqué autour de +3,8% depuis 2 ans), une hausse du pouvoir d’achat (on peut rêver).

Non, un gérant n’achète rien de tout cela car personne n’y croit… mais « acheter du risque » (personne de sensé ne sait expliquer ce que c’est), ça c’est brillant… puisque cela consiste à obéir aveuglément au diktat de la BCE.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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