Une année à oublier pour Rémy Cointreau…

Rédigé le 6 juin 2014 par | Mid et Small Caps Imprimer

Publier des résultats en décalé permet souvent à une entreprise d’être sur le devant de la scène. C’est donc souvent le cas avec Remy Cointreau (FR0000130395) qui clôture à fin mars ses exercices annuels et se trouve donc souvent la seule société d’importance à publier en cette période.

L’ennui, c’est que quand vous publiez des résultats exécrables… vous ne pouvez pas noyer le poisson, et la sanction est parfois violente.

En avril dernier, Remy Cointreau avait annoncé un profit warning, qui s’est donc confirmé à la lecture des résultats. L’exercice 2013-14 a été très difficile et le résultat opérationnel recule de 38,8% à 150,2 millions d’euros, provoquant une baisse de 600 points de base de la marge opérationnelle à 14,6%.

De son côté, le résultat net chute encore plus fortement, à 80,2 millions d’euros, soit un recul de 46,9% avec notamment des charges financières qui pèsent environ 26 millions d’euros. Ouf…

Plusieurs facteurs expliquent évidemment ces mauvais résultats : déstockage en Chine, notamment sur le cognac Remy Martin (53% des ventes et 73% du résultat opérationnel courant), une diversification géographique qui fut défavorable cette année, une stratégie d’investissement marketing soutenue pour promouvoir les marques et un taux d’imposition qui est passé de 33,1% à 38,5%.

Pour ne rien arranger, la dette nette a augmenté de 55,8% à 413,5 millions d’euros, ce qui est nettement supérieur aux prévisions les plus noires. Le fameux ratio bancaire dette nette / Ebitda passe de 0,99 à 2,09, ce qui reste dans le bas de la fourchette du secteur mais heureusement en deçà des covenants bancaires (qui sont à 3,5 fois).

La société a légèrement baissé son dividende pour le porter de 1,40 euro à 1,27 euro, preuve finalement qu’elle ne veut pas décevoir trop ses actionnaires… pour l’instant. Sauf qu’en plus, les perspectives sont moroses : l’environnement reste incertain notamment en Chine et en Europe. Le groupe veut continuer à monter en gamme mais se refuse à faire des prévisions, si ce n’est pour avouer qu’il a comme objectif de faire progresser ses ventes et ses résultats…

L’action, après une ouverture en baisse, a finalement clôturé hier à -0,5% et est même repassé en territoire positif en séance. Cela peut vous sembler bizarre vu les fondamentaux que je viens de vous décrire, mais dites-vous que ces mauvais résultats étaient anticipés puisque le titre recule de plus de 18% sur un an. Mais bon,… il a toutefois repris depuis le début de l’année, et à mon sens, il est encore bien trop tôt pour dire que Remy Cointreau est sorti d’affaire.

Le titre est en plus très cher avec un PER de l’ordre de 40, une VE/ROC supérieure à 20, et il se paye toujours 25% par rapport à la moyenne de son secteur…

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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