C’est un pic, que dis-je : trois pics ? C’est un dôme !

Rédigé le 26 juin 2012 par | Analyses indices, Apprendre la Bourse, Autres indices, US Imprimer

Vous souhaitez connaître la fin d’un marché haussier ? Facile : cherchez la maison avec un dôme. Elle représente la phase finale d’un mouvement de marché commencé avec trois pics et qui se termine généralement par une baisse d’au moins 40% de l’indice. Cette configuration, théorisée par George Lindsay et chère aux férus de l’analyse technique, est actuellement visible sur le Dow Jones ; elle tendrait à montrer que nous sommes tout proches d’une sévère phase baissière.

Moi, vous me connaissez : méfiant vis-à-vis de tout ce qui n’est pas prouvé scientifiquement. Or, à part le croisement de moyennes mobiles qui offre des profits trop faibles pour compenser les coûts de transaction, rien dans ce qui compose ce que l’on appelle communément l’analyse technique ne résiste à une étude académique poussée, du moins à ma connaissance. Je reste toutefois ouvert à l’idée, on ne sait jamais.

Dans un rapport spécial publié le 13 juin 2008 et envoyé gratuitement à mes lecteurs, j’ai reconnu pour la première fois le motif dont nous parlons aujourd’hui. J’avais anticipé alors une chute d’au moins 43% pour le Dow Jones Industrial Average.

Résultat des courses : j’étais en dessous de la vérité. Entre l’ouverture du 13 juin 2008 (mon rapport ayant été envoyé en matinée, avant l’ouverture de Wall Street qui a lieu l’après-midi) et les niveaux atteints le 9 mars suivant, l’indice avait perdu 47% en moins de neuf mois. Une fois de plus, j’avais anticipé trop tôt et avais édulcoré mon propos, pour ne pas sembler trop extrême. Erreur… [Ndlr : pour retrouver tous les conseils de Marc Mayor, poursuivez votre lecture]

L’idée en question consiste à reconnaître trois pics et une maison avec un dôme. Cela peut ressembler à de l’architecture appliquée aux marchés. Elle a mûri il y a une quarantaine d’années dans l’esprit d’un analyste qui n’était pas architecte, un certain George Lindsay.

Même si, comme je le disais dans mon rapport spécial il y a quatre ans et presque 10 jours, j’aime confronter une telle idée avec les fondamentaux (qui allaient dans le même sens à l’époque, comme c’est le cas aujourd’hui), le fait qu’il y ait une certaine ressemblance entre les stades d’euphorie et de panique dans chaque nouvelle bulle me séduit passablement.

Le concept de George Lindsay permet de décrire un mouvement de prix qui caractérise selon lui la fin de chaque marché haussier : schématiquement, un marché rebondit à trois reprises sur un seuil imaginaire (ce sont les trois pics), puis progresse nettement vers un sommet (c’est le dôme de la maison), avant de retomber en dessous du point de départ ou du point le plus bas de l’ensemble.

Ce fut le cas entre 1974 et 1988 sur le Dow Jones, qui avait atteint un pic en 1987. Les trois rebonds prirent sept ans, de 1975 à 1982, puis il fallut attendre cinq ans pour toucher un sommet, lequel céda vite la place à une chute de 43% de l’indice – en tenant compte de l’inflation.

Plus récemment, le rythme des trois pics et de la maison au dôme s’est emballé : trois pics ont été visibles dès 2008, objet de ma précédente observation. Nous semblons désormais dans un cas similaire, comme le montre le graphique ci-dessous.

Les marchés actions sont dans une configuration dite des "trois pics et de la maison avec un dôme"

Les trois pics se sont produits entre février et août 2011, puis un point bas a été touché en octobre. Selon George Lindsay, les premiers sommets de la formation (les toits de la maison, si vous voulez) sont atteints sept mois et 10 jours en moyenne après ce point bas ou après le premier repli qui suit ce point bas (fin novembre).

Cela nous amène entre mi-mai dernier jusqu’à mi-juillet prochain pour le début du sommet. Le dôme ayant une durée de vie d’environ sept semaines, la correction du marché des actions devrait démarrer entre mi-juillet prochain et fin août 2012.

Je le répète : je n’adhère pas les yeux fermés à ce genre de théories et me méfie encore davantage du timing, surtout au cours d’une année électorale aux Etats-Unis. Certes, 2008 était aussi une période d’élections et le marché avait atteint son niveau le plus haut le 2 mai, un mois et onze jours avant mon rapport spécial.

Cette année, c’est le 1er mai que nous avons atteint le record pour l’année, et le présent texte paraît une semaine plus tard par rapport à celui de 2008. Serons-nous 43%, voire 47% plus bas d’ici moins de neuf mois ?

C’est bien possible ; mais si je le pense, ce n’est pas seulement ni même principalement en raison de cette configuration ma foi intéressante, c’est tout simplement parce que les fondamentaux montrent que le juste prix, pour les marchés, se situe encore beaucoup plus bas.

Mais méfiance : nos grands argentiers, ces excités de la planche à billets, peuvent encore influencer la donne en continuant à injecter des dizaines, voire si nécessaire des centaines de milliers de milliards dans le système. Et George Lindsay a bien été clair dans son analyse : il parle de chiffres réels, après inflation (monétaire) ; pas de chiffres nominaux. Le marché pourrait donc se maintenir si l’on double la masse monétaire, voire progresser si on la triple encore une fois, comme ce fut le cas depuis 2008.

Dans un tel scénario, une position baissière sur les marchés ne serait pas optimale ; heureusement, il existe d’autres techniques qui permettent de profiter de l’inflation monétaire si chère à nos grands argentiers.

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

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