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Essilor : les vendeurs ne voient pas plus loin que le bout de leur nez

Rédigé le 29 août 2016 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Depuis un an, il n’est pas rare qu’Essilor (FR0000121667) perde plus de 10% en quelques séances très violentes : entre le 20 juillet et début septembre 2015, il y a un an, le titre perdait plus de 20%, emporté par les marchés qui chutaient face à la dévaluation surprise du yuan.

Puis, rebelote en janvier 2016 : la Chine dévalue une nouvelle fois, les marchés chutent de plus de 20% et Essilor en perd 19%.

Rien de lié à ses fondamentaux, et une fois les marchés stabilisés, Essilor repartait de plus belle, s’attaquant à de nouveaux sommets.

160830_essilorMais cette fois, les choses sont un peu différentes : depuis la fin juillet, le titre perd 11% alors que les marchés montent (ou, au pire, sont stables).

Que se passe-t-il pour le géant et leader mondial des verres ophtalmiques ?

Eh bien… « gros » grain de sable dans le parcours exemplaire du groupe depuis plusieurs semestres : le 29 juillet, Essilor a averti que son chiffre d’affaires 2016 devrait être en hausse de 4,5% contre… 5% précédemment annoncés. Ni une ni deux, le titre a plongé… et ne s’est pas encore redressé.

Est-ce un drame qui mérite une telle sanction ?

Il se serait agi d’un autre groupe, cet avertissement n’aurait pas eu le même effet. Mais Essilor a habitué les investisseurs à l’excellence : on achète de l’Essilor parce qu’on sait que croissance et forte rentabilité seront au rendez-vous. Et quand on regarde le graphe de très long terme… on pourrait bien croire que les arbres montent au ciel.

160830_Essilor LTAlors, le titre est cher en Bourse. Très cher (PER de 29), et c’est à cause de cette valorisation excessive que la moindre déception est lourdement sanctionnée. La direction n’a absolument pas le droit à l’erreur. Certes, le groupe impute ces difficultés à une mauvaise saison solaire, mais cela ne suffit pas à rassurer les investisseurs qui ne regardent même plus les 18,9% de rentabilité opérationnelle ni le free cash flow de 247 M€ : Essilor en moins !

Essilor a des ressources : à mon avis, cette « panne » de croissance ne sera que temporaire.

A l’heure où les Français badinaient sur la plage, le groupe a annoncé le rachat de MyOptique Group, un acteur britannique spécialisé dans la vente en ligne dont le chiffre d’affaires atteignait les 57 M€. Essilor veut ainsi élargir sa couverture Internet, notamment sur l’Europe Centrale où la cible était très présente. Il me semble donc que le titre devrait reprendre le chemin de la hausse assez rapidement.

N’oublions pas que le titre a connu un plus haut sur un an à 125,15 € ; donc à 103 €, vous avez peut-être là un beau point d’entrée.

Dites-vous qu’à long terme, Essilor devrait bénéficier d’une cible potentielle de 5 milliards de myopes d’ici 2050… ! Le vieillissement inéluctable de la population lui donne également des gisements de croissance et de productivité sur les prochaines années.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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