Un marché de momentum, c’est comme « une force qui va » (Victor Hugo)

Rédigé le 7 juin 2016 par | Analyses indices, Autres indices, Cac 40, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Le marché ne savait plus vraiment où aller après les chiffres de l’emploi américain : pas de  réaction négative de Wall Street vendredi, Janet Yellen hier soir qui nous explique, pour résumer son propos, « qu’il ne faut accorder trop d’importance à une seule statistique tandis que beaucoup d’autres facteurs demeurent positifs… mais plus question de s’engager sur un calendrier de hausse de taux parce qu’au fond, tout dépendra des prochaines statistiques économiques et que nous n’avons aucune visibilité ».

Un marché de « momentum », c’est comme « une force qui va » (Victor Hugo)

Et quand les marchés ne savent pas où aller, ils se mettent soudain à grimper sans raison identifiable, comme le CAC qui passe en quelques minutes de +0,4% à +1,1%, avec 39 titres en hausse sur 40 (il n’y a que Vivendi (FR0000127771) pour perdre du terrain alors que l’accord avec BeIn Sport pourrait être bloqué par les autorités de la concurrence).

Avec 100% des secteurs de la cote en hausse, il est difficile d’identifier une thématique. Mais comme la tendance est bull, tous les titres momentum (ceux dont la performance dépasse statistiquement celle des indices) sont aux avant-postes, comme le secteur auto où les valeurs minières à Londres (qui surperforment depuis 3 mois).

Chaque jour qui passe voit le suivisme des différents acteurs s’exacerber.

Chaque jour qui passe voit les vestiges d’un marché fait d’acheteurs et de vendeurs englouti par les algorithmes et leur psychologie de synthèse.

Hier soir, le S&P500 a enchainé la 41e séance d’une série ne compte aucun repli supérieur à 1% : une 42e séance semble déjà acquise ce mardi et si la hausse anticipée (+0,5%) se matérialise ce soir, l’indice S&P inscrira sa 3e meilleure clôture de tous les temps.

Personne n’est en mesure d’expliquer en quoi l’économie américaine se porte mieux qu’il y a 1 an, et encore moins pourquoi les actions valent plus cher avec des profits moyens en baisse de -10%…

Rien ne résume mieux la situation que cette phrase sibylline de Victor Hugo : « Je suis une force qui va » !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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