Un cygne noir, c’est déjà rare ; un double cygne noir, ce n’est plus du hasard

Rédigé le 31 octobre 2011 par | Autres indices Imprimer

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« Tout ce qui est excessif est insignifiant », prétend un vieux dicton.

Dans quelle catégorie allons-nous ranger les +6,28% (+200 points d’indice) gagnés jeudi dernier par le CAC 40, qui pulvérise ainsi le zénith du 1er septembre (3 295 points) et revient au contact de sa MM100 qui gravite vers 3 365 points ?

Devant un tel score fleuve, et alors que les accords de la nuit de mercredi dernier, arrachés aux forceps, ne font que confirmer ce que tout le monde anticipait (et qui était en théorie « dans les cours »), on se demande pourquoi la hausse n’est pas de +9,4% ou de +10,5%. Puisqu’il n’y pas véritablement d’éléments nouveaux, la fixation du prix des actions – et des valeurs bancaires en particulier – semble devenue libre, comme relevant du bon plaisir de ceux qui ont arraché les marchés à la hausse, en contradiction avec les commentaires prudents de la veille.

« Nous sommes passés à côté de la catastrophe et nous avons sauvé l’euro »
Voici ce qu’affirmait Nicolas Sarkozy jeudi soir. Quel aveu ! C’est une certitude que sont loin de partager les investisseurs américains. Non seulement les mécanismes et le cadre juridique du FESF demeurent dans le flou artistique le plus complet ; mais sa « force de frappe » de 250 milliards d’euros (x4 ?) est loin de mettre l’Espagne ou l’Italie à l’abri des attaques spéculatives contre leurs dettes.

C’est si vrai que la prime des CDS sur l’Italie continuait de se tendre jeudi.

Les CDS ne seront pourtant pas activés dans le cas de la Grèce (cela semble absurde puisque ce pays est bel et bien en faillite). En effet, une « subtilité technique » a évité le prononcé d’un défaut de paiement. Mais si les taux longs se tendent durablement au-dessus des 6% en Italie (ce qui pourrait survenir si Silvio Berlusconi jetait l’éponge, laissant son pays dans l’incapacité de former un gouvernement pérenne), rien ne pourrait empêcher cette fois l’activation des CDS. Car les 250 milliards d’euros qui restent dans les caisses du FESF (même multipliés par un levier 4) seraient bien insuffisants pour s’opposer à une nouvelle attaque spéculative de grande ampleur.

La hausse des marchés : une volonté politique ?
L’envol des indices boursiers et en particulier du CAC 40 jeudi dernier semble donc relever bien davantage de la raison d’état que de la raison économique.

Bruxelles résonne encore de l’écho des clashes entre Nicolas Sarkozy et David Cameron, Angela Merkel et Silvio Berlusconi, Christine Lagarde et François Baroin. Des indiscrétions risquaient de conforter l’idée que les Européens sont incapables de s’entendre et l’effet sur les marchés aurait été déplorable. L’un des moyens pour faire taire les rumeurs (basées cette fois sur des incidents bien réels devant nombre de témoins), ce fut d’orchestrer un pseudo soulagement, à grand spectacle, des marchés européens.

Les commentateurs à Wall Street étaient partagés devant de tels écarts entre l’incrédulité et l’amusement. La régularité de la progression des indices, était trop parfaite pour ne pas être entièrement menée par des robots algorithmiques. Pour résumer leur sentiment : « les Européens viennent de s’offrir quelques jours ou quelques semaines de répit, c’est tout : si l’on gratte un peu, personne n’est capable d’expliquer comment prévenir une contagion de la crise des dettes souveraines à l’Italie. »

Autrement dit, ce ne sont pas les marchés qui manifestent leur soulagement, c’est le choix délibéré d’une fuite en avant qui ne peut guère espérer être relayée que par des suiveurs systématiques (et décérébrés… comme le sont les programmes informatiques).

Une anomalie technique…
Du point de vue technique, la psychologie du marché était illisible.
Aucune accumulation de pression, haussière ou baissière, n’était détectable mercredi. La dernière bougie du 26 octobre était un doji à Wall Street (figure d’indécision tout à fait anodine)… mais c’était clairement une « étoile filante » (baissière dans 90% des cas) à Paris.

Le scénario d’une consolidation vers 3 100 points semblait le plus probable car les oscillateurs daily et hebdo venaient de se retourner à la baisse après un troisième échec intraday sous la zone de résistance des 3 225/3 230 points. Une fois… une seule fois le CAC 40 a gagné du terrain à +2% après un doji en « falling star »… Cela s’est produit le 19 septembre 2008 avec la présentation aux marchés du plan Paulson (qui provoqua une envolée de +9,3% à Paris, mais à partir d’un creux indiciel majeur).

Avec un gain plus modeste de +6,3% – qui se matérialise après un rebond d’une ampleur déjà considérable de +20% en cinq semaines –, le CAC 40 bat un record historique de hausse (+25%) sur un laps de temps aussi court. Le seul exemple comparable fut le rebond de +25% du 9 mars au 17 avril 2009 – mais cela avait pris une semaine de plus.

Maintenant que le CAC 40 teste la MM100 (3 365 points), alors il est logique d’anticiper un objectif de 3 430 points. C’est le seuil médian qui correspond au retracement de 50% de la baisse amorcée sous les 4 160 points et qui s’est achevée avec le test des 2 700 points.

Le cygne noir est un mauvais signe
Ce qui s’est produit ce 27 octobre 2011 est une grande première dans l’histoire de l’analyse technique.
C’est « un double cygne noir » (un cas de figure non répertorié) par définition difficile à analyser, et plus encore, à extrapoler.

Comment bâtir une stratégie d’investissement reposant conjointement sur l’approche probabiliste chartiste et sur le couple risk/reward lorsque la plus-value potentielle dépend d’un cas de figure survenant une fois sur 10 000 ? Voici que surgit un scénario jamais observé de mémoire de boursier, comme s’empressaient de le souligner les traders New Yorkais découvrant un Dow Jones en hausse de +12% en cinq semaines, sa plus forte hausse mensuelle en 115 ans d’Histoire.

Et à Paris, ce mois d’octobre (avec un score de +13%) est également bien parti pour s’imposer comme le plus haussier de l’Histoire. Rappelons que la dernière envolée d’ampleur comparable remonte en effet à octobre 2002, avec +13,4%.

Sauf que… n’oublions pas qu’à chaque fois, cela s’est très mal terminé pour le CAC 40. Et il cumule cette fois-ci les deux scénarios statistiquement inquantifiables, qualifiés de « cygnes noirs ».

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Un cygne noir, c’est déjà rare ; un double cygne noir, ce n’est plus du hasard”

  1. […] des banques. Je ne reviendrai pas sur ce point, Philippe Béchade en a parlé ce jour dans Le Billet du Trader. Vous avez sans doute lu tout ce qui était possible sur le sujet et l’euphorie boursière de […]

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