Turbos : stop aux idées reçues ! (2)

Rédigé le 26 octobre 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Responsable et analyste de Levier7, un service de trading ultra-réactif sur les produits dérivés

Idée reçue numéro 2 : les Turbos n’ont plus de valeur à leur date d’échéance. FAUX !
Hier, je vous ai démontré que ce n’est pas parce qu’un Turbo a une barrière désactivante qu’il est plus dangereux qu’un autre produit dérivé. Aujourd’hui, je m’attaque donc à une deuxième fausse idée : celle qui vous fait croire, encore là maintenant en me lisant, que les Turbos perdent toute leur valeur à leur date d’échéance.

Cette idée est un peu moins répandue, mais elle est a proprement parler aberrante ! Les Turbos cotent jusqu’à la veille de leur date d’échéance, et dans le cas où vous gardez le produit jusqu’à l’échéance, ils valent toujours la différence entre la barrière et le sous-jacent, et vous sont remboursés à ce prix là. Mais le remboursement ayant souvent lieu quelques semaines après, et n’est pas intéressant dans la plupart des cas. Raison pour laquelle je choisis de ne pas attendre la date d’échéance quand je traite sur des Turbos.

Mais il y a là un autre des avantages à ces produits. Non seulement ils ne sont quasiment pas soumis aux effets du temps et de la volatilité comme les warrants et les options, mais en plus, vous avez jusqu’à la veille de l’échéance pour l’acheter ou le vendre, et cela ne change rien au produit. Si vous êtes sur un Turbo Call Crédit Agricole, par exemple, et que votre action vaut 11,10 le 16 août et 11,10 le 17 septembre, le Turbo vaudra la même chose.

Exemple de trade et effet de levier
Mais je vous avais promis un exemple sur le choix de l’effet de levier et l’utilisation des stops loss. Je prends donc pour exemple un trade sur le DAX que j’ai réalisé dans le cadre de mon service (avec un gain de 80,17% entre le 24 août et le 10 septembre).

Graphique: DAX

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Nous sommes le 24 août dernier. J’avais une forte conviction haussière sur les indices, et particulièrement sur l’indice allemand. Celui-ci est alors venu s’appuyer au-dessus de sa zone de support des 5 800 points, qui a donc constitué mon niveau d’invalidation. Les indicateurs mathématiques ont confirmé l’idée, notamment le RSI qui est revenu proche d’une ligne ascendante.

Compte tenu de ma forte conviction, renforcée également par les corrélations inter-marchés, j’ai recommandé un Turbo Call Dax avec une barrière 5 600 points le 24 août, peu avant la clôture lorsque nous étions à 5 920 points. J’ai choisi un Turbo avec un effet de levier assez élevé, de quasiment 16. Vous l’avez compris : 16 est un levier bien supérieur à la moyenne de 7 de mes trades. Mais cela n’est pas choisi au hasard bien sûr et encore une fois, je le répète, j’avais une très forte conviction.

Tout d’abord, je savais que la volatilité du Dax s’était réduite les semaines précédentes. Ensuite, comme vous le voyez sur le graphique, la barrière désactivante de mon Turbo était placée bien en-dessous des plus bas de mai de l’indice, à 5 607 points — cela correspondant à peu près aux plus bas annuels sur le CAC40. Mais surtout, mon niveau d’invalidation était de 5 800 points, support significatif au-dessus des 5 600. En cas de cassure nette des 5 800 (le risque de perte était dans ce cas d’un peu plus de 30%), cela me laissait donc une marge de manœuvre pour sortir avant que la barrière soit touchée.

Le 25 août, le Dax n’allait pas dans mon sens, et revenait jusqu’à 5 837 points. Mais je restais  confiant sur l’idée et dans mon analyse. Puis, le marché progressait et suivait mon scénario, reprenant 5% par rapport à mon point d’entrée pour atteindre les 6 220 points le 10 septembre, juste au-dessous de mon objectif à 63 40 points. J’ai alors fait sortir mes abonnés avec un gain de 80% à la clé.

Avec une prise de risque d’un peu plus de 30%, le jeu en valait la chandelle. J’ai pris cet exemple récent pour vous montrer quel gain vous pouvez faire avec un effet de levier de 15 ou 16. Pour le même trade, avec un effet de levier d’un peu plus de 7, nous aurions gagné 40% avec un risque initial de 17%. Vous n’avez donc pas besoin de prendre des effets de levier trop important pour faire des gains intéressants.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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