Donald Trump fait volte-face sur la Corée du Nord | La Bourse au Quotidien


Donald Trump fait volte-face sur la Corée du Nord

Rédigé le 24 mai 2018 par | Trading, Bourse Imprimer

C’était dans l’air depuis quelques jours et le verdict vient de tomber, tranchant comme une lame. Tout n’est finalement pas possible dans le monde de Donald Trump et sa rencontre avec son homologue nord-coréen Kim Jong-un, prévue à Singapour le 12 juin prochain et qui devait être historique à bien des égards, n’aura finalement pas lieu. N’en jetez plus.

Le président américain n’en a sans doute cure, mais sauf nouveau revirement, il vient de torpiller sa seule chance de devenir prix Nobel de la Paix (ce qui n’aurait il est vrai pas manqué de sel, quand bien même cette récompense jadis si prestigieuse a perdu de sa crédibilité depuis que Barack Obama l’a obtenue en bougeant tout juste le petit doigt). Plus grave, le rapprochement entre Washington et Pyongyang, longtemps improbable, mais brusquement devenu très vraisemblable ces dernières semaines, est remis aux calendes grecques.

Vu les caractères bien trempés des dirigeants américain et nord-coréen, leur impulsivité, leur indécodable psychologie et leur propension à appréhender le monde comme un jeu vidéo, on peut même parier sur un retour pérenne des tensions, de la rhétorique belliqueuse – avec l’arme nucléaire en obsession commune – et des tweets acrimonieux.

L’« axe du mal » n’a pas disparu

Comme George W. Bush avant lui, Donald Trump (avec ou non l’appui de ses interchangeables conseillers) cloue l’Iran et la Corée du Nord au pilori. Ceux qui pensaient que l’« axe du mal » avait vécu en sont aujourd’hui pour leurs frais. Ceux qui s’imaginaient encore que l’Oncle Sam allait opérer un virage à 180 degrés dans ses relations diplomatiques, en se rapprochant de la Russie au nom de la lutte contre la gangrène islamiste, en cessant de faire des ronds de jambe à l’Arabie saoudite wahhabite pour cette même raison, en poursuivant le dialogue avec Téhéran et/ou en tentant de démêler le lourd différend avec Pyongyang ont matière à l’avoir saumâtre.

Peu importe finalement la raison officielle, à savoir l’« hostilité » de Kim Jong-un dans ses dernières déclarations, vilipendée dans une lettre rendue publique par la Maison-Blanche. Le refus de Pyongyang de la dénucléarisation totale, vérifiable et irrévocable de son arsenal est certes un argument redoutable pour taper du poing sur la table et nourrir la sempiternelle rengaine sur la paix dans le monde, mais cette annulation montre surtout, à mon sens, que la politique étrangère des Etats-Unis n’a pas changé d’un iota, par-delà les déclarations de Donald Trump.

Les ennemis d’hier sont ceux d’aujourd’hui et il y a un fossé, une abîme même entre le candidat Trump et le président Trump, à tout le moins sur le plan extérieur. Au diable Kim Jong-un, ce suppôt du communisme décadent, au diable le dialogue, la mesure, le discernement et la patience.

Avec le recul, n’est-ce pas, finalement, une demi-surprise ?

Là où Trump passe, les mesures d’Obama trépassent

Mots clé : -

Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

Laissez un commentaire