Trump bombe… mais pas que le torse et les relations avec la Corée du Nord se crispent

Rédigé le 18 avril 2017 par | A la une, Statistiques et données macro Imprimer

Donald Trump était tout fier jeudi 13 avril d’avoir ordonné le largage de la GBU-43, la MOAB (Massive Ordnance Air Blast Bomb pour « Bombe à effet de souffle d’artillerie lourde ») rebaptisée « Mother Of All Bomb (Mère de toutes les bombes).

Mike Pence, Vice-Président américain de sa fonction, invite les (LE) dirigeants (sans « s ») nord-coréen à « ne pas tester la détermination de Donald Trump ». Donald Trump et le n°1 chinois se sont rencontrés il y a 10 jours et, manifestement, Pékin ne semble pas pressé d’inviter son allié Pyongyang à cesser ses « provocations » (les duettistes persistent dans leur variante du célèbre « good cop, bad cop« ).

Rouler des mécaniques…

Donald Trump était tout fier jeudi 13 avril d’avoir ordonné le largage de la GBU-43 (la plus grosse bombe « conventionnelle » de la planète – 10 tonnes de pure apocalypse) sur des « installations souterraines » occupées par Daesh en Afghanistan – en fait, il s’agirait plutôt de grottes, qui coûtent donc probablement beaucoup moins cher qu’une GBU-43 (financée par le contribuable américain).

Si l’efficacité militaire reste à démontrer, en revanche il s’agit d’un geste fort – médiatiquement tonitruant – de Donald Trump, qui démontre ainsi qu’il est prêt à frapper encore plus fort que les précédents hôtes de la Maison Blanche. Et puis… à quoi bon disposer de munitions de format XXL si l’on ne s’en sert pas ? Cette lacune est réparée et c’est l’occasion de faire un peu de pub pour la GBU-43 qui dormait dans des abris depuis 15 ans : tout va bien, elle fonctionne (contrairement aux missiles balistiques et engins nucléaires nord-coréens).

N’importe quel téléspectateur (même tapi au fond d’une grotte) sait maintenant que Donald Trump n’hésite pas à aplatir à coup de MOAB ceux qui le défient.

MOAB GBU-43 Trump

… Plait à Wall Street

Et cette attitude martiale et résolue semble plutôt plaire à Wall Street : si on la cherche, la Maison Blanche va se fâcher tout rouge, et les « rouges » de Pyongyang n’ont qu’à bien se tenir même s’ils promettent symétriquement une « riposte impitoyable » en cas de frappe préventive américaine contre les installations nucléaires qui font la fierté de Kim Jun Un.

Voilà donc l’actualité qui a permis de distraire Wall Street de mauvais chiffres, comme ceux des prix à la consommation (-0,1%, en recul pour la première fois en 13 mois) et les chiffres des ventes de détail (-0,2%). L’activité manufacturière semble encore plus déprimée avec un indice Empire State en chute de -11,2 points (à 5,2 contre 16,4 en février).

Mais Wall Street a retrouvé hier lundi le chemin de la hausse grâce à… la Chine et à sa croissance qui aurait fait des étincelles en mars (+6,9%). Voilà, c’est bien la preuve qu’il y a toujours une raison de se réjouir – même si la Chine se refait une santé industrielle et commerciale aux dépens… de l’Amérique.

Si jamais la situation vire au chaos sur le front géopolitique, Wall Street ne s’en fait pas une montagne non plus. En effet, les investisseurs savent qu’ils peuvent compter sur la MOAB. Pas la GBU-43 de l’armée américaine, mais celle de la Fed. Mais si, vous savez bien : « Mother Of All Bailouts » !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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