Il est trop tard pour jouer GROUPE CRIT

Rédigé le 12 septembre 2013 par | Mid et Small Caps Imprimer

En juin dernier, j’ai longuement analysé GROUPE CRIT (FR0000036675) pour les abonnés de ma lettre d’investissement dédiée aux small et mid caps, Mes Valeurs de Croissance. A l’époque, l’action valait 16,50 euros et me semblait totalement dévalorisée. Jugez plutôt ses ratios : une VE/ROC inférieure à 4, un price to book de 0,8 et un PER de 10. J’y suis donc allé de ma petite recommandation.

Trois mois après, la performance du titre est spectaculaire. Elle affiche près de 40% de progression, ce qui est bien supérieur à la performance des valeurs moyennes sur la même période. De quoi rendre franchement détendu le déjeuner que j’ai eu avec la direction du groupe et une poignée de journalistes à l’occasion de la publication des résultats semestriels. Et ces derniers sont également assez étonnants.

• Des résultats semestriels tirés par l’international

Tenez, si le chiffre d’affaires recule de 1,4% à 725,6 millions d’euros, il n’en va pas de même pour le résultat opérationnel en progression de 48,1% à 26,2 millions d’euros. Cela donne une marge opérationnelle de 3,6% contre 2,4% pour la même période de 2012. Que dire également du résultat net, multiplié par 2,4 au premier semestre à 14,1 millions d’euros ?

A l’origine de ces très bons chiffres, on retrouve pêle-mêle l’impact du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) et, bien sûr, le dynamisme de l’intérim à l’international, aux Etats-Unis notamment. Je me rappelle encore des critiques qui fusaient parmi les gérants quand GROUPE CRIT a décidé de s’implanter outre-Atlantique par croissance externe.

Quelques chiffres vous permettront de comprendre que le calcul de la famille Guedj, principal actionnaire du groupe, était le bon. Sur le premier semestre, le chiffre d’affaires à l’international a progressé de 28,1% à 119,5 millions d’euros avec une forte poussée des Etats-Unis (+48,8% à 76,8 millions d’euros). Dans le même temps, la rentabilité de l’international a explosé pour atteindre 5,5% quand la France se contentait d’une marge opérationnelle de 3,8%. Une rentabilité opérationnelle qui passe, d’une année sur l’autre, de 2,6% à 3,8% en France quand elle passe de 2,6% à 5,5% à l’international.

« Nous visons 33% de notre activité dans l’intérim à l’international d’ici 2015 » nous a expliqué la direction. Autant dire que les opérations de croissance externe vont sans doute se multiplier – notamment aux Etats-Unis où toute une partie de la côte ouest reste encore à conquérir. Si la France se redresse, les Etats-Unis continuent de progresser avec un marché très bien orienté. Les marges de manoeuvre de GROUPE CRIT sont importantes dans la mesure où, avec un gearing inférieur à 24%, la société a les moyens d’opérer par croissance externe.

• Un pôle multiservices encore peu rentable

Bon passons maintenant aux quelques éléments négatifs que j’ai pu relever. Il en faut toujours pour ne pas sombrer dans un optimisme béat, qui peut faire croire, que le journaliste bien nourri par l’entreprise en oublie de faire son métier.

Pour être tout à fait clair avec vous, cher lecteur, je trouve que le pôle multiservices (17,4% du CA), comprenant notamment l’aéroportuaire, est encore bien peu rentable avec une marge opérationnelle de 1,2% – soit trois fois moins que la moyenne du groupe. Les gains de productivité peuvent avoir lieu avec un développement en Afrique mais je trouve quand même le secteur assez déflationniste avec, par exemple, un trafic aérien sur CDG et Orly en recul de 3,3% au premier semestre.

Je vais vous faire un aveu : si j’étais à la place de Claude Guedj – fondateur du groupe et toujours à sa tête –, je me concentrerais sur l’intérim et je chercherais des pistes de sortie pour le pôle multiservices. Oui, je vous l’accorde, c’est plus facile à dire qu’à faire…

• Faut-il acheter ?

En ce qui me concerne, il me semble que l’opportunité d’achat est moins flagrante qu’en juin dernier… Le titre semble même à son prix avec un PER de 14 aux cours actuels.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

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