Trop de risques en cas de cassure des 3 000 points ?

Rédigé le 25 mai 2012 par | Autres indices Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

A quoi faut-il s’attendre au lendemain du « dîner presque imparfait » du 23 mai à Bruxelles qui vient de confirmer l’ampleur des divergences franco-allemandes ?

Il n’en fallait pas plus pour que les détracteurs de François Hollande l’accusent de dynamiter l’axe Paris-Berlin, un axe qui avait – aux dires de l’ex-Président – « résolu la crise grecque et remis l’Europe sur de bons rails »… On mesure pleinement ce qu’il en est aujourd’hui.

Quand l’aveuglement idéologique le dispute à la méconnaissance des véritables enjeux – les marchés sont au bord de l’effondrement, tout comme l’euro qui dévisse sous le support majeur des 1,2650$ –, il faut malheureusement s’interdire d’envisager le pire. Certes, la catastrophe a été évitée jeudi matin grâce à Wall Street qui a effectué une remontée inespérée (et inexpliquée) de +2% dans la soirée du 23 mai. Pourtant, rien de bon n’avait filtré de la réunion de Bruxelles… Mais, en tant qu’investisseurs, nous ne pouvons miser sur la répétition de ce genre de « petit miracle ».

Or aujourd’hui, les indices boursiers et le CAC 40 en tête, sont prêts à replonger. Regardez ce graphe donné en 5 minutes (chaque barre = 5 minutes) et la nervosité de l’indice parisien :

Graphique: CAC 40 en données horaires
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

 100 points repris en trois séances, 40 points de perdus en gap à l’ouverture du 23 ; 45 points de perdus en 45 minutes (entre 3 035 et 2 090 points) à l’ouverture de ce jeudi matin (le 24). Il n’a fallu que deux séances pour effacer le maigre terrain repris depuis vendredi 18… Il est extrêmement rare de voir le CAC 40 chuter de -17,5%, en reprendre 4% pour en reperdre -3% dès le lendemain.

Arrêtez de vous laisser balader par les marchés !

OUI, la crise ravage toujours les marchés européens mais une solution existe… Et elle a déjà permis à certains de nos lecteurs d’engranger des gains rapides de 44,05%… 10,36%… 31,67%… 76,05%… en quelques jours seulement !

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En fait, cela ne se produit jamais lorsque les oscillateurs « hebdo » rebondissent (comme mardi) après avoir testé des niveaux de survente extrême ; la seule exception remonte à fin février 2003 ! En février 2003, les investisseurs désespéraient de tout, des perspectives de croissance en Amérique, du coût exorbitant d’une guerre inutile en Irak, de l’effondrement du nombre d’actionnaires « tondu bien ras » par la bulle des dot.com alors que les banquiers (de mauvais) « conseils » avaient introduit des daubes à prix d’or et trompé sciemment leurs clients.

Et voilà que l’on retrouve globalement les même ingrédients (la guerre en moins, les Etats-Unis n’en ont plus les moyens) avec de la récession, des actionnaires enfuis et des banques qui recommencent à tromper les rares clients qui veulent encore croire à la Bourse. Le fiasco de l’IPO de Facebook prend déjà une tournure judiciaire et la crédibilité de Morgan Stanley est gravement entachée.

Mais, malgré une néfaste accumulation de vents contraires, le CAC 40 n’a pas encore enfoncé de façon irréversible le palier psychologique des 3 000 points, et pas davantage le support graphique des 2 970 points, point bas du 18 mai dernier. En 2003 ou au début de l’automne 2011, le CAC 40 aurait perdu 30% pour moins que cela !

En parcourant les forums, l’un principaux arguments avancés pour justifier l’anticipation du rechute abyssale du CAC 40, c’est la conviction que, si le 10 mai 1981 ne s’est pas répété ces quinze derniers jours, c’est simplement parce que le Président élu « trompe son monde »… Mais, son « incompétence » et sa « tendance à dilapider l’argent pour les parasites » ne vont pas tarder à éclater au grand jour… Heureusement qu’Angela Merkel tient bon et refuse les eurobonds qui n’auraient d’autres vertus que de renflouer le « parasite grec » (quand je mets des guillemets, je cite les forums).

Ces arguments, qui oscillent entre le niveau Café du Commerce et le ras du caniveau, ne sont pas l’apanage des seuls bloggeurs déçus du 7 mai dernier. Mais on les retrouve, hélas, dans la presse financière britannique des derniers jours, avec de magnifiques éditoriaux qui annoncent le crépuscule de l’Europe et la ruine de la France. Ces thèses circulent également dans les salles de marché où certains guettent le score des « communistes » dans les sondages pour justifier des ventes à découvert auprès de leurs meilleurs clients.

Si nous prenons la peine d’évoquer des aspects politiques, c’est parce que nombre de nos lecteurs peuvent ou ont déjà été confrontés à ce genre de discours qui tend à démontrer que l’apocalypse boursière est juste devant nous. Et ne nous voilons pas la face : le CAC 40 est effectivement au bord du gouffre. Une chute de 200 points de l’indice phare en direction du plancher de novembre 2011 (2790 points) est possible ; elle n’a même jamais été aussi menaçante… Mais ce n’est pas de l’Elysée ou de Matignon que provient la menace d’un effondrement mais bien des signaux de ralentissement économique en Chine et de Wall Street si le moindre doute au sujet de la croissance mondiale s’installe dans les esprits.

Graphique: CAC 40 en données journalières
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Les indices US pourraient entraîner un sell off sur le CAC 40 et sur l’ensemble des actions dans l’Eurozone. Nous ne sommes même pas certains que le plancher des 2 750/2 780 points des 22 et 26 septembre derniers pourraient être préservés ! Donc les 2 500 points évoqués par de nombreux findumondistes pourraient effectivement être testés avant la fin de l’été.

Mais face à un consensus uniformément baissier (aux antipodes de ce qu’il était de 15 mars dernier) et face au péril mortel qui consisterait à laisser les indices s’effondrer, nous sommes partisans de ne pas parier « sur le pire » tant que le CAC 40 préserve les 2 955/2 970 points.

Les vendeurs à découvert, très nombreux depuis la cassure des 3 160 points pourrait se retrouver contraints de se racheter en cas de débordement des 3 115 points, la principale résistance à surveiller à court terme. Le CAC 40 pourrait ensuite viser 3 240 puis 3 280/3 290 points, c’est-à-dire le zénith de la mi-avril, soit un retracement de 50% de la totalité de la baisse entre 3 600 et 2 970 points.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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