Des trends et des cassures : quel type de trader êtes-vous ?

Rédigé le 4 décembre 2007 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Suivez la tendance ! Tout trader connaît l’adage américain : « Trend is your friend « . Selon de nombreux auteurs, il s’agit d’abord d’identifier le trend (la tendance, la direction dominante) d’un sous-jacent (marché, action, matière première), puis de jouer en conséquence… et l’affaire est dans la poche !

L’approche paraît toute simple mais évidemment, de nombreux problèmes apparaissent quand on essaie de la suivre à la lettre.

… Oui, mais quelle tendance ? Déjà, il n’est souvent pas si simple d’identifier la tendance avec certitude. L’évolution des cours boursiers étant en outre de nature fractale, ce qui pour l’un est une tendance haussière (à court terme) est pour l’autre juste un peu de « bruit  » au sein d’une lourde tendance baissière (de plus long terme).

Il existe en plus plusieurs manières d’identifier un trend, notamment à l’aide de plusieurs indicateurs. Toujours est-il qu’un trend clair, le cas d’école parfait, finalisé, est souvent celui qui va très prochainement s’arrêter et changer de direction ! C’est hélas « après coup  » qu’on voit un beau trend… quand il est alors trop tard pour le jouer.

Trader directionnel ou trader de contre-tendance : de qui êtes-vous plus proche ? En même temps, un trader jouant toujours la tendance (un trader directionnel) a souvent la frustration de :

– initier une position et de devoir sortir peu après, le trend perdant sa force ou se retournant violemment,

– voir les traders jouant la cassure encaisser de gros gains (et s’en vanter).

En effet, certains traders aiment le risque, et préfèrent tenter des « gros coups  » de temps en temps plutôt qu’aligner une série de petits gains tranquilles et confortables. Ils jouent ainsi les cassures, parient sur le fait qu’une tendance va s’arrêter, un seuil de résistance ou de support va être cassé, etc.

Un trader directionnel joue avec moins de risque et avec une plus grande stabilité des résultats. Un trader jouant à contre-tendance doit avoir des nerfs solides car il aligne le plus souvent plusieurs pertes.

Mais s’il a une bonne intuition, un bon « feeling  » boursier, il aura ponctuellement des gains importants qui viendront compenser les pertes. Ceux qui n’auront pas eu cette chance (ou plutôt ce « bon feeling « ) vont perdre en moyenne, mais dégager de temps à autre une belle opération très largement gagnante qui les aidera à faire bonne impression auprès des autres – et d’eux-mêmes surtout… même si ce n’est que de la poudre aux yeux. Enivré de leur succès, ils auront l’illusion que voilà, ils sont à deux doigts de l’énorme réussite…

Quelle méthode choisir pour être un bon trader ? « Les faits sont têtus « , comme disait l’Ecossais Tobias Smollett (et non pas Lénine !) et les statistiques sont formelles : sauf à avoir un flair exceptionnel, le trading directionnel est une manière plus sure de gagner en Bourse que de jouer les cassures. Seulement, leurs gains sont plus discrets et moins spectaculaires que ceux des joueurs misant sur les cassures.

Un trader qui choisit une manière efficace pour identifier la tendance et qui suit un système de money management correct ne peut que réussir en Bourse ! Mais cela demande d’avoir une certaine persévérance et de ne pas courir derrière des illusions de gains assurés et trop rapides.

La manière efficace pour identifier un trend n’est pas forcément compliquée (au contraire, la simplicité doit primer). Quelqu’un qui se contente de regarder la moyenne mobile à long terme, la vitesse de son évolution (l’angle entre son vecteur et l’horizontale), et l’endroit des cours par rapport à cette vitesse mobile, tire déjà des informations très claires sur la tendance sur la période choisie et élimine correctement les sous-jacents en plein trading range (période sans tendance, comme le CAC 40 actuellement).

Avec les Turbos : attendez d’être en tendance Quand on joue comme vous et moi des Turbos, essayer d’anticiper une cassure est une variante assez raffinée du suicide financier. Car l’effet de levier attaché à ces produits spéculatifs, joint à la sensibilité importante qu’ils ont aux évolutions de court terme, rendent la chose proche du casino.

Ainsi, un trader prudent devrait limiter la part de son portefeuille dédiée aux produits dérivés, mais aussi se limiter à suivre la tendance et à sélectionner des configurations offrant un bon ratio rentabilité/risque. C’est la raison aussi pour laquelle il faut absolument attendre avant d’intervenir massivement puis, une fois sur une position, être également prêt à se retirer dès que la situation sur le marché change, afin de limiter ses pertes (même si cela suppose très souvent d’avoir un certain sang-froid et la capacité à faire face aux frustrations, car fréquemment les positions liquidées redeviennent gagnantes).

Certains d’entre vous ont remarqué cela et se posent (et m’ont posé) la question de savoir pourquoi il fallait sortir aussi vite des positions que j’avais initiées. La réponse est simple : c’est toujours a posteriori qu’on voit le mieux la tendance dans laquelle on était ! Il vaut mieux avoir 10 fausses sorties d’affilée, et perdre 3% de son capital à chaque fois, que de tout perdre sur une seule opération catastrophique !

Et c’est de ma responsabilité de ne pas vous faire prendre de risques inutile, et d’appliquer ma méthode.

Vous l’aurez donc compris : d’ici mon prochain Billet du Trader, pour jouer les marchés, je vous conseille d’attendre des signaux clairs pour vous positionner… et jouer une tendance !

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