Votre gestionnaire divorce ? Danger pour vos finances !

Rédigé le 26 août 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

« Si j’apprends que mon gérant est en train de divorcer, je retire mes billes immédiatement ».

En 2013, le gourou des hedge funds, Paul Tudor Jones, (plus de 4 milliards de dollars de fortune personnelle) résumait parfaitement un vieil adage de Wall Street : un divorce affecte la performance des gestionnaires.

Et pas qu’un peu : la sous-performance dépasse 4% dans les six mois entourant une séparation et l’effet négatif sur les investissements dure plus de deux ans. De quoi se renseigner sur la vie intime de ceux qui gèrent votre argent, ou, mieux encore, effectuer vous-même votre gestion.

Le cap des 100 M$ et un divorce sont les deux éléments à rechercher dans la vie de votre gestionnaire. Lorsqu’un gérant a gagné plus de 100 M$ (ou d’euros, peu importe), il a tendance à devenir arrogant, à rouler en bolide rouge et à sortir avec des étudiantes blondes équipées de longues jambes. Il perd de sa détermination et de sa concentration, ce qui pèse sur sa performance, résumait récemment un sélectionneur de fonds avec qui je discutais.

La concentration est aussi la grande victime d’un divorce. Là encore, la baisse d’attention qui en résulte se traduit par une perte d’efficacité au travail. Probablement, pas seulement pour les gérants de fonds, mais l’étude* dont je vous parle aujourd’hui leur est consacrée.

Les chercheurs ont montré que les gérants de hedge funds, s’ils divorcent, sous-performent de 4,3%, en rythme annualisé, durant les 6 mois qui entourent leur séparation. Ou même de 7,8% selon la méthodologie employée.

Vous pensez peut-être que ce n’est qu’une mauvaise période à passer et que les chiffres repartent très vite de de plus belle. Erreur : cet effet néfaste perdure après le divorce pendant une période de 2 ans, mais (il est vrai à un rythme de sous-performance moindre : -2,3% par an).

L’étude explique au passage que les gestionnaires qui ne font pas partie d’une équipe sont plus affectés lors d’un divorce que ceux qui préfèrent la collégialité. Durant ces périodes agitées, les gérants concernés se contentent plus volontiers de suivre leur indice de référence, prennent moins de positions originales et sont plus sujets à l’effet de disposition.

Une petite parenthèse à ce sujet. L’effet de disposition signifie que les gens qui en souffrent basent davantage leurs décisions sur leurs gains que sur leurs pertes. Autrement dit, les pertes ont un impact émotionnel plus fort que les gains, pour des montants identiques. Cela explique que la plupart des gens préféreront gagner 50 € sur une opération, plutôt que d’en gagner 100 puis d’en perdre 50 dans deux opérations successives.

Pourtant, le gain net est identique (50€), mais pas l’aspect émotionnel. Quand des professionnels en arrivent à ce stade, il y a de quoi s’inquiéter…

* L’étude mentionnée dans cet article, et bien d’autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”. (lien : https://ra113.infusionsoft.com/go/lbdt-so-agora/Agora/)

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sylvainfrochaux
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Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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