TRADING : quand votre cerveau vous pousse au pire

Rédigé le 24 octobre 2013 par | Apprendre la Bourse Imprimer

J’ai récemment été à Londres pour tourner dans un documentaire scientifique sur la prise de décision en trading. De nombreux éminents spécialistes expliquaient, expérience à l’appui, pourquoi nous ne sommes pas faits pour l’activité de trading.

De mon côté, j’ai fait part de mon expérience. A la fois celle du trader que je suis — notamment dans la gestion des fonds que l’on me confie — et celle du coach, qui m’a amené à croiser la route de nombreux traders et d’autant de problématiques.

C’est en partie ce tournage qui a orienté mon travail sur mon nouveau séminaire gratuit (Dernières dates : Lyon le 8 novembre et Bruxelles le 5 décembre) et sur la série d’articles que j’ai rédigés dernièrement.

Nous avons vu la semaine dernière les bases d’une approche « positive » et la nécessité de se construire des certitudes et d’être bien préparé. Allons aujourd’hui un peu plus loin dans le concept et allons voir comment lutter contre « la force intérieure de votre cerveau » — le côté obscure de la force.

L’aversion aux pertes
M. Kahneman et M. Tversky ont reçu un prix Nobel pour leurs travaux sur la prise de décision. Ce que mettent en lumière leurs recherches est fondamental pour la réussite en trading et se résume par cette illustration :

Attrait gain/aversion risque
Source : banque-revue.com

Les deux chercheurs, par des tests sur des étudiants américains que je reproduis à l’identique lors de mes séminaires, en ont déduit que l’affection que provoquait une perte était bien supérieure à la satisfaction d’un gain équivalent. Jusqu’ici, rien de réellement étonnant, si ce n’est que c’était la première fois que l’on « prouvait » ce biais appelé « aversion aux pertes ». Mais les conséquences sont, elles, potentiellement dévastatrices !

Les conséquences du phénomène
Au-delà de l’impact sur votre cerveau « émotionnel » (la déception ou la satisfaction), c’est surtout l’influence sur votre capacité à « décider » qui est intéressante. Nous découvrons ainsi que plus votre situation va vous sembler difficile, plus vous allez être à la recherche de risque.

Un exemple concret
Votre capital de 10 000 euros vient de subir une série de pertes qui, ajoutées à une mauvaise gestion des risques, vous a fait presque tout perdre : il ne vous reste que 3 500 euros, c’est donc 65% de perte. A ce stade, l’impact émotionnel est énorme et très négatif.

Cela va vous pousser à prendre plus de risque, à la fois pour combler rapidement ces pertes frustrantes mais aussi car le solde de votre compte (3 500 euros) est moins important. Vous allez donc vous permettre de prendre plus de risques quitte à mettre en danger la partie du capital qui vous reste !

C’est ce mécanisme qui est à l’origine des plus grandes pertes en trading chez le particulier. Vous allez devenir beaucoup moins prudent quand vous êtes en difficultés sur les marchés, c’est naturel mais pas rationnel.

En effet imaginez que cette perte de 6 500 euros (10 000-3 500) soit en fait un gain. Votre capital serait à 16 500 euros et là il ne fait aucun doute que vous ferez tout pour protéger cette performance et deviendrez, ici, averse au risque… alors que pourtant, vous êtes dans une phase gagnante que vous devriez exploiter au maximum !

Couper vos pertes et laisser courir vos gains… ou pas
Ce comportement est problématique car c’est lui qui vous pousse à couper vos gains rapidement (à cause de l’aversion au risque) et à laissez courir vos pertes (recherche de risque).

Et voici l’illustration pour vous aider à mieux comprendre.

Illustrayion risk aversion/seeking

En bleu clair vous voyez les zones d’aversion au risque (risk aversion) et en rouge les zones de recherche de risque (risk seeking). Les lignes bleues et rouges vous montrent le changement de comportement qui s’opère naturellement en vous par rapport aux gains et aux pertes.

Conclusion…
Votre cerveau, en autre, et le fonctionnement de son système de récompense — sur lequel je reviendrai — vous pousse à adopter un comportement néfaste.

En effet, vous allez surpondérer le risque des positions négatives et réduire l’impact des positions gagnantes. Cela se traduit par un portefeuille qui va cumuler les petits gains et d’importantes pertes et finir par perdre de l’argent régulièrement malgré un taux de réussite qui peut être très bon.

Alors pour faire un premier pas vers la bonne attitude, commencez par vous dire une chose : quand une position vous donne tort, coupez la rapidement. Quand une position vous donne raison… faites la payer un maximum !

 

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

Un commentaire pour “TRADING : quand votre cerveau vous pousse au pire”

  1. Merci pour cette piqûre de rappel. D’où l’intérêt d’augmenter la taille des positions quand on fait une série de bons trades, et la diminuer drastiquement si on perd.

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