Maxi-jupes en vue, maxi-repli à prévoir !

Rédigé le 24 juin 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Il vient de lancer La Lettre de Marc Mayor portant sur ses plus grandes idées d’investissement : des idées contrariennes qui font son succès grâce à sa connaissance des mouvements des insiders de marché.

Des chaussures militaires aux pieds, une sylphide filiforme aux cheveux courts galope désespérément dans la rue à la recherche des toilettes les plus proches, une plaque de chocolat dans une main et une canette de bière dans l’autre. L’heure est à la méfiance : l’apparence et le comportement de notre jeune passante nous amènent à penser que la Bourse est sur le point de sombrer. A quoi voit-on que les marchés vont chuter ?

L’ourlet annonce le repli… A la mode féminine, entre autres. L’euphorie des swinging sixties a donné la mini-jupe. Hélas, le temps n’est plus à l’insouciance tant que les jupes longues et les chaussures militaires seront la tendance de l’été 2010.

Les marchés montent à mesure que les jupes des femmes raccourcissent. Non, ce n’est pas le résultat de l’excitation ressentie par les traders de Wall Street sur le chemin du travail lorsque le printemps revient, c’est la conclusion d’une étude qui a fait de l’ourlet un indicateur fiable de l’évolution des marchés. Cette année, celui-ci se portera bas, très bas même. Pas loin du plancher, en définitive. Pour les marchés, il faut donc craindre le pire…

La mode féminine est à la longueur, martèle le New York Times. Des jupes qui s’éternisent jusqu’au sol, des ourlets bruts et des chaussures de combat : un look idéal pour se préparer à affronter un environnement austère, voire impitoyable. Sombre, urbain et sophistiqué, résume la vendeuse d’une boutique branchée de Manhattan ; rien à voir avec les robes acidulées qui fleurissaient il y a quelques étés.

L’enseignement à retirer des tendances 2010 de la mode féminine ? Les marchés boursiers vont baisser. Là, vous vous dites que je suis victime du syndrome « Lieutenant Columbo », et que le shopping de ma femme commence à empiéter sérieusement sur mes analyses financières. Mais non, ma tendre épouse — qu’un rien habille déjà trop — n’y est pour rien, du moins cette fois-ci. Je me réfère simplement à l’indicateur « indice de l’ourlet » mis au point en 1926 par l’économiste et analyste technique George Taylor. Il a gagné en popularité à l’époque du krach de 1929.

Le graphique ci-dessous résume un siècle d’évolution boursière vu par la jupe. Il s’inspire du travail de spécialistes de l’analyse technique chez Smith Barney et prévoit des temps difficiles pour les marchés.

Graphique de ce qui résiste, ou pas, à la récession...

Plutôt moche, n’est-ce pas ? Des marchés qui se cassent la figure et des nonnes en tenue militaire dans les rues. C’est presque La Grande Vadrouille, en moins burlesque pour les haussiers.

Mais il y a pire…

… le retour de la figure maternelle comme canon de beauté aussi Méfiez-vous du moment où les playmates des magazines masculins ressemblent davantage à votre mère qu’à votre fille. C’est le look « mûr », avec des charpentes plus solides, auquel se rattachent, dans les périodes économiques délicates, les traders en herbe et autres épargnants qui n’ont qu’une envie : recommencer à sucer leur pouce pour éviter de devoir pleurer.

Consultez vos archives de Playboy si vous ne me croyez pas. Ebloui par la justesse de mon raisonnement et les images rendues possibles grâce à l’utilisation de logiciels de retouche comme Photoshop, vous constaterez que la playmate de l’année est quasiment élue par l’état de l’économie.

Les stars de cinéma n’y échappent pas non plus. Les actrices aux traits plus mûrs — de petits yeux, une mâchoire large, des visages fins — sont plus populaires dans les moments difficiles, explique Terry Pettijohn, professeur de psychologie à la Coastal Carolina University, qui a trouvé une corrélation entre l’évolution des goûts du public et les hoquets boursiers.

L’état de l’économie se lit dans notre consommation Les comportements d’achat peuvent également être prévus en période de difficulté. Les ventes de laxatifs s’envolent, par exemple. C’est ce qu’ont remarqué les consultants de la société SAGE — qui se comportent paraît-il comme des images.

Le chiffre d’affaires des déodorants bondit durant les périodes de boom, car les gens sortent danser. Quand il a moins d’argent, le consommateur achète des aliments qui contiennent moins d’eau et qui sont donc moins périssables. Oubliés, les salades, steaks et fruits. Bonjour le riz, les céréales et les pâtes. Les cigarettes et les oeufs se vendent moins bien durant les récessions, au contraire des bonbons, de la bière — évasion suprême à prix discount –, de la sauce pour pâtes et du chocolat dont le suçotement est mieux toléré en société que celui du pouce.

Il est possible de constater des signes annonciateurs de l’état de l’économie dans tout et pratiquement n’importe quoi. Après l’indice de l’ourlet, il est maintenant question de l’indice du cheveu, car les coupes plus courtes sont plus fréquentes durant les crises. Il s’agit peut-être de faire sérieux devant un employeur potentiel, afin de coiffer au poteau le trader à queue de cheval.

Bien sûr, les liens de causalité entre l’état de l’économie et ces décisions d’acheter une certaine robe, voire de la bière plutôt qu’un steak, ne sont pas formellement établis avec la rigueur mathématique qui s’impose. Il n’empêche que ces tendances sont néanmoins parlantes. Il s’agit donc de rester aux aguets. Désormais, quand vous croiserez une nymphette chaussée de godillots militaires visiblement à la recherche d’un lieu d’aisance, vous serez averti. Maintenant, il s’agit de protéger vos investissements…

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur Le Coin des Insiders.

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

2 commentaires pour “Maxi-jupes en vue, maxi-repli à prévoir !”

  1. une bien belle méthode, et puis nous autres traders amateurs on va avoir une bonne excuse (scientifique) pour « étudier » la population féminine 🙂 cela dit, en effet j’ai l’impression de les robes rallongent ?! quid du pantalon ? est-ce que les talons hauts laisseraient la place aux semelles plates ?!

  2. Interressant et exotique cet article.
    En France et en région parisienne, l’été 2010 marque pourtant les tenues les plus courtes de l’histoire au niveau de jambes des femmes (jupes très courtes et surtout mini-shorts).
    En effet, on dirait que la mode californienne du mini-mini-short s’est importé en région parisienne.

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