Tout va bien puisque la Grèce est sauvée!

Rédigé le 18 juin 2012 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

_____________________Pour vous aider dans vos trades______________________

Simone Wapler a quelque chose à vous montrer
Découvrez sa vidéo exclusive sur un phénomène qui est en train de se dérouler en ce moment même – et qui menace votre épargne.

Pour tout savoir sur ce bouleversement historique, il suffit de cliquer ici.

Tout le monde y croit – ou presque. Les grands gérants de fonds obligataires (comme Wilbur Ross) sont parvenus à conserver un air impassible en exprimant leur scepticisme sur la capacité de la Grèce à éviter une faillite sans nouvelles injections de liquidités de la part des Européens ; et les traders chevronnés se tapent sur les cuisses ou se tiennent les côtes !

La Grèce sur la voie de la prospérité… mais qui peut croire à une telle fable ? Combien va coûter le maintien de la Grèce au sein de la zone euro ? Combien va-t-il falloir de temps à Athènes pour réclamer le même genre de générosité sans contreparties dont vient de bénéficier l’Espagne ? Antonis Samaras vient déjà de demander un délai de 2 ans pour la mise en oeuvre de certaines mesures impopulaires. Et Berlin d’exiger immédiatement le respect de toute la feuille de route imposée par la Troïka fin février dernier.

Notons au passage que les médias ont sagement entretenu un black-out total sur les violentes manifestations qui se sont déroulées ce week-end à Madrid contre le plan de renflouement des banques. Il ne faut pas être naïf, tout cet argent ne sera pas versé sans que de nouveaux sacrifices soient consentis. En attendant, le sauvetage des banques ibériques va empêcher que les prix immobiliers (et donc les loyers) ne baissent et s’ajustent à la réalité d’un marché où il n’y a plus d’acheteurs. Les prix vont donc demeurer artificiellement élevés, ce qui va interdire toute fluidification des transactions… Mais cela vaut mieux que d’acter une chute de 40% des prix par rapport au sommet de la bulle et de constater les pertes colossales encourues par le secteur financier.

Mensonges officiels, voeux pieux et poudre aux yeux demeurent les maîtres mots de ces législatives grecques. La stratégie du déni de la réalité continue de dominer les débats et les marchés font semblant d’applaudir l’heureux choix exprimé par les Grecs – alors que moins de la moitié d’entre eux ont voté pour l’austérité.

Réjouissons-nous : cela va peut-être nous faire gagner une semaine (peut-être beaucoup moins comme nous l’avons constaté la semaine passée après le rally de lundi matin) avant que la tension des taux ibériques, italiens – ou la récession en Europe –  ne nous revienne comme un boomerang. En fait, il s’agit de tenir jusqu’au 1er juillet et l’entrée en vigueur du MES… sauf que celui-ci est largement sous-dimensionné pour faire face à de nouveaux versements à la Grèce et à l’Espagne – en ce qui concerne l’Italie, mieux vaut ne pas en parler.

Et pendant que les indices boursiers s’envolent de plus de 1% ce lundi matin en pré-ouverture (de façon à faire courir les derniers vendeurs ?), les cambistes se montrent, eux, beaucoup plus circonspects puisque l’euro ne prenait pas plus de 0,50% à 1,2715$. La résistance des 1,2650$ (testée le lundi 11 juin au cours des premiers échanges) a été dépassée, ce qui ouvre la voie à un retracement des 1,2830$. Si tel est le cas, le CAC 40 pourrait alors facilement renouer avec les 3 400 points.

Sauf qu’il va falloir attendre la clôture de ce lundi soir pour vérifier si le CAC 40 parvient à déborder les 3 120 points et si le dollar termine effectivement au-dessus des 1,2660$ – à l’ouverture des places européennes ce matin, l’euro est déjà retombé sous les 1,2640$.

Car à Wall Street, les futures ne s’emballent pas non plus ce matin. Pas plus de 0,5% de hausse en moyenne pour les trois indices de référence (S&P 500, Nasdaq, Dow Jones) et les résistances de la fin mai ont été débordées grâce au coup de reins de la dernière heure (vendredi soir).

Alors, si l’euphorie retombe et que le CAC 40 rechute sous les 3 100 points, ceci constituera la répétition du scénario du lundi dernier et un second bull trap (piège à haussiers) ferait psychologiquement très mal à ceux qui se sont laissé convaincre que le lendemain des élections grecques ne pouvait que déboucher sur un rally en direction des 3 400 points.

Le CAC 40 ouvre un second gap consécutif à celui de vendredi (au-dessus des 3 035 points). Ajoutons à cela un sur-achat de l’indice induit par une hausse de 5% en trois séances alors qu’aucun des problèmes du moment n’est réglé… Rappelons que le seul espoir de Wall Street et de l’Europe demeure que les banques centrales se transforment en unités de soins palliatifs… Et vous comprendrez qu’il faut absolument se méfier du scénario rose vif auquel les marchés s’abandonnent comme si la morphine circulait déjà dans leurs veines.

Les marchés peuvent toujours grimper durant quelques heures comme un drogué qui reçoit son shoot. Ce ne sera qu’une parenthèse de paradis artificiel pour échapper à une réalité qui se rapproche chaque jour un peu plus de l’enfer pour les PIGS.

Pour le CAC 40, les portes de l’enfer se situent vers 2 870 points. L’indice s’en est éloigné de 8% sans qu’aucun problème de déficit, de croissance, de déséquilibre structurel ne soit réglé. Mais rien ne nous étonne plus depuis que le CAC 40 a réussi à atteindre les 3 600 points sur l’hypothèse que les banques espagnoles étaient solvables et que la Grèce voterait « comme il faut »…

Allez, un dernier p’tit shoot pour la route, messieurs les banquiers centraux. C’est de l’argent vite gagné !

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

Mots clé : - -

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Laissez un commentaire