Les temps ne sourient toujours pas à WPP

Rédigé le 23 mai 2018 par | Trading, Bourse Imprimer

londresLes temps sont décidément bien difficiles pour le géant publicitaire britannique WPP, qui semble tomber de Charybde en Scylla.

Le titre cède encore 1,2% à la mi-journée à Londres et sous-performe assez nettement le Footsie 100. Il accuse désormais un repli de près de 20% sur un an.

Les investisseurs ont il est vrai matière à bouder le groupe, devenu coutumier des publications décevantes et dont les perspectives ne sont guère réjouissantes. Si le recul de 4% du chiffre d’affaires du premier trimestre à 3,55 Mds£, imputable à un effet devises défavorable, était attendu par le marché, Eric ajoutait le mois dernier que WPP a signé en 2017 sa pire performance annuelle depuis la crise financière, avec en particulier une érosion de 17,5% du bénéfice opérationnel.

Marges nettes et d’exploitation de WPP Infogram

Un grand patron à remplacer

A ces chiffres peu engageants s’ajoute l’épineuse question de la succession de Sir Martin Sorrell, 73 ans, prototype du self-made man qui n’en a pas moins été poussé vers la sortie début avril par le board après une enquête interne portant sur des irrégularités financières. Roberto Quarta a repris les commandes à titre temporaire, mais on ignore toujours qui sera le nouveau CEO « durable » de WPP.

Le groupe jettera-t-il son dévolu sur Keith Weed, l’actuel « dir com » d’Unilever ? Sur Tim Armstrong, à la tête d’Oath, la filiale de contenus digitaux de Verizon ? Sur Jerry Buhlmann, directeur général de Dentsu Aegis Network, filiale du mastodonte japonais Dentsu et un autre grand nom de la publicité outre-Manche ?

HSBC se tourne vers Omnicom

En attendant de trancher, WPP aurait, à en croire le très sérieux Wall Street Journal, perdu le budget de HSBC. Un nouveau coup dur pour le groupe britannique, « délogé » par son concurrent américain Omnicom, et un contrat de 20 M$ de chiffre d’affaires annuel (selon les estimations du quotidien économique américain) qui passe à la trappe.

Je me suis entretenu avec Eric au sujet de WPP et il m’a confié sans ambages « préférer Publicis », même si le titre se paie « de 15 à 20% moins cher que la moyenne du secteur ». Il a également jugé « logique » la décote du titre après le départ de Sir Martin Sorrell, une grande perte selon lui.

Eu égard à la piètre qualité du newsflow, je pense qu’il est préférable de se tenir à l’écart du dossier.

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Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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