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Taux négatifs : des assureurs allemands tirent le signal d’alarme

Rédigé le 8 avril 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Les assureurs allemands gérant les fonds de retraite commencent à tirer le signal d’alarme au sujet des taux négatifs alors que Peter Praet (un des bras droits de Mario Draghi) déclarait hier que la BCE pourrait abaisser encore davantage le loyer de l’argent.

L’Allemagne découvre que…

Plus le crédit est bon marché, moins l’épargnant a envie d’emprunter.

Les taux nuls ou négatifs rendent naturellement plus supportable le coût de la dette… mais contrairement aux attentes, ils ne relancent pas la croissance (donc pas d’investissements ni de créations d’emplois) et aboutissent de façon certaine à l’euthanasie des rentiers.

Des raisons démographiques

Or pour des raisons démographiques, ils sont de plus en plus nombreux, et le coût de la dépendance (médicale + vie quotidienne) ne cesse d’augmenter.

Et la colossale erreur de la Banque centrale européenne (BCE), comme de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), et surtout de la Banque centrale du Japon (BoJ), c’est de s’entêter à agir comme si les ménages allaient se mettre à dépenser leur épargne parce qu’elle ne rapporte rien (une spécialité américaine).

L’effondrement du niveau des retraites est au contraire anxiogène pour une population vieillissante et dont l’espérance de vie s’allonge régulièrement.

Le cas de figure démographique est particulièrement inextricable au Japon : l’Allemagne, qui s’en rapproche à grands pas, tente d’y échapper en important massivement des migrants.

Mais Merkel peut-elle vraiment compter sur eux pour regonfler l’encours des caisses de retraites germaniques ?

Pour les « presque seniors », les taux zéro ne sont pas une incitation à s’endetter davantage (les banques prêtent beaucoup moins volontiers à mesure que l’on se rapproche de l’âge de la retraite) et ils alimentent le sentiment que le retour de la croissance n’est pas pour demain – ni même pour après-demain – et que ce qu’on met déjà de côté ne suffira pas pour vivre une retraite décente.

Or c’est justement cette classe d’âge des 45/55 qui a en pratique les moyens de dépenser le plus d’argent… mais la conjoncture et les taux bas lui en donnent de moins en moins le goût.

Et comme l’Allemand se montre peu dépensier, les excédents commerciaux germaniques ne cessent d’augmenter, au point d’atteindre pratiquement +20 Mds€ au mois de février : on peut vraiment commencer à parler de « déséquilibres » excessifs.

N’oublions pas que la majorité de ces excédents proviennent des échanges bilatéraux avec la France, l’Italie, l’Espagne, etc.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la lettre Pitbull

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter 

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