Tarkett, une instabilité qui ne passe pas

Rédigé le 19 septembre 2018 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps Imprimer

Encore une séance éprouvante pour Tarkett (FR0004188670-TKTT), lanterne rouge du SBF120. Le titre du spécialiste des revêtements de sols et surfaces de sport dévisse en effet de près de 9,2% dans les premiers échanges ce mercredi, sanctionné après l’annonce hier soir de la désignation par le Conseil de surveillance de Fabrice Barthélemy au poste de président du directoire par intérim, en remplacement de Glen Morrison.

Ce dernier assurera une transition avec Fabrice Barthélemy, membre du directoire depuis 2008 et à la tête de la division EMEA/LATAM depuis l’an passé, jusqu’au 2 octobre prochain.

Les investisseurs semblent sanctionner l’instabilité managériale de Tarkett dont l’action, qui retombe autour des 22 €, soit grosso modo ses niveaux de début juillet, accuse une baisse de l’ordre de 37% depuis le début de l’année. On est par ailleurs loin du cours de référence de son introduction en Bourse en novembre 2013, à savoir 29 €.

Graphe du cours de l'action Tarkett en Bourse

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Un newsflow médiocre

Le titre avait retrouvé de l’allant ces dernières semaines après des comptes du deuxième trimestre marqués par un retour à la profitabilité et par une hausse notable de 630 points de base de la marge d’Ebitda en rythme séquentiel (c’est-à-dire par rapport aux trois premiers mois de 2018) à 11,5%.

Le newsflow depuis un peu plus d’un an n’en demeure pas moins médiocre, avec le départ de l’emblématique président du directoire Michel Giannuzzi en juillet 2017 (remplacé par… Glen Morrison), une lourde amende dans le cadre du « cartel du lino » (NDLR : les trois principaux fabricants de linoléum ont fixé les prix de concert pendant 25 ans et ont écopé d’une amende globale de 302 M€ en octobre dernier, dont 165 M€ pour Tarkett), la hausse du coût des matières premières et un premier trimestre décevant.

Le dossier est donc empreint d’une certaine fragilité, par-delà des ratios qui n’ont rien de rédhibitoire, surtout pour un groupe industriel, avec par exemple un PER de 15 aux cours actuels et un VE/Ebit de 12. In fine, un rebond à court terme ne peut être écarté, mais je dirais qu’il subsiste à mon sens trop d’incertitudes pour la recommander…

Casino retrouve enfin des couleurs !

Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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