Sylvain Forestier de la Maison Bleue : « Nous sommes l’un des quatre plus grands acteurs du marché des crèches »

Rédigé le 17 juin 2014 par | Interviews Imprimer

Portrait_sylvain_forestierRencontrer Sylvain Forestier me renvoie 15 ans en arrière. A l’époque, je suivais de très près ce qu’on appelait la Nouvelle Economie. Nous étions aux débuts d’Internet et de nombreuses sociétés avaient fait leur apparition sur les marchés financiers, notamment sur le Nouveau Marché.

Sylvain Forestier était l’une des stars de l’époque. Il possédait une double casquette : président de D Interactive, un spécialiste des bases de données, et dirigeant de CroissancePlus, l’association des entreprises de croissance.

Mais la crise a eu raison de son groupe et l’homme a dû repartir de zéro, entamant une nouvelle carrière dans les crèches.

EL : Dans les années 2000, vous étiez à la tête de D Interactive, une valeur vedette du Nouveau Marché. Mais les choses ont mal tourné avec une liquidation judiciaire. Pouvez-vous revenir sur cet épisode de votre vie ?

SF : En fait, la société avait réalisé trop d’acquisitions avec une structure de bilan très déséquilibrée. Et nous ne dégagions pas à l’époque suffisamment de cash pour pouvoir rembourser les dettes. D Interactive dégageait simplement un équilibre d’exploitation. Nous avions trop fait de croissance externe non rentable, ce qui nous a conduits à la liquidation judiciaire. Et pourtant nous travaillions alors pour de grandes marques comme notamment Renault, Danone ou encore L’Oréal. Nous avons été piégés par l’hyper-croissance, qui était à la mode à l’époque, mais qui a provoqué notre débâcle. Figurez-vous que, personnellement, je n’ai pas vendu une action si bien que j’ai dû repartir de zéro avec finalement peu de moyens.

EL : Vous décidez alors de vous lancer dans les crèches, un domaine bien différent du CRM. Pourquoi un tel virage stratégique pour vous ?

SF : Suite à des discussions avec des amis et avec quelques hommes politiques, je me suis rendu compte qu’il y avait un véritable marché encore inexploré. Il y a certes de fortes barrières à l’entrée, mais ce marché peut exploser dans les prochaines années. En 2007, je crée donc la Maison Bleue, avec mon associée puéricultrice, à partir d’une feuille de papier. Nous obtenons très vite une première crèche à Montrouge et nous montons en puissance si bien que nous gérons maintenant plus de 100 crèches, essentiellement en France (avec quelques incursions en Suisse, à Zurich et Genève). En France, ce marché pèse 7 milliards d’euros et la Maison Bleue est l’un des quatre grands acteurs du secteur avec 9% du marché.

EL : Justement quel est votre business model ?

SF : Il est très simple. Nous gérons les crèches pour les municipalités et pour les entreprises qui nous font confiance. 70% des places en crèche proviennent des villes et 30% des entreprises. Mais nous tirons une bonne partie de nos bénéfices des entreprises, les municipalités ayant un tarif préférentiel. Il faut par exemple savoir qu’une place en crèche coûte environ 20 000 euros par an, mais les parents ne payent pas tout. Il y a une subvention de la part de la CAF et de la part des réservataires. Nous n’avons donc aucun risque de non-paiement, car ce sont les mairies qui nous payent. Cela nous permet d’être assez optimistes dans nos prévisions. Nous prévoyons ainsi un chiffre d’affaires de 90 à 100 millions d’euros avec un Ebit de l’ordre de 8%.

Je précise, mon cher Eric, avant que vous me posiez la question, que la Bourse ne fait pas à l’heure actuelle partie de mes préoccupations. Je suis très satisfait d’être en private equity avec des actionnaires comme la BPI ou encore Activa et EPF. Ces sociétés m’accompagnent dans mon développement sans que j’aie la pression des marchés financiers. J’ai déjà donné pour tout ça

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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