Swatch Group : une valeur sous-évaluée ?

Rédigé le 21 juillet 2015 par | Big caps, Toutes les analyses Imprimer

Les chiffres du premier semestre de Swatch Group (CH0012255151 UHR) étaient très attendus dans la mesure en janvier dernier le géant suisse de l’horlogerie avait subi de plein fouet la décision prise par la Banque nationale suisse de ne plus arrimer la monnaie nationale à l’euro, ce qui l’a fait fortement grimper par rapport à la monnaie unique… Il faut se rappeler que le taux était à 1,20 entre les deux monnaies et que maintenant la parité est de 1,04. De quoi tailler des croupières à une industrie beaucoup moins compétitive en raison de la vigueur de sa devise.

Malgré tout, Swatch s’en tire finalement très bien avec une hausse de 2,2% de son chiffre d’affaires à 4,2 Mds francs suisses sur les six premiers mois de l’année. Cependant, sa rentabilité a été écornée : son résultat opérationnel a reculé de 8% à 761 M€, pénalisé non seulement par cette forte hausse de la devise helvétique mais également par  la sous-performance de la Chine, premier marché du groupe. La rentabilité opérationnelle atteint 18,2%, ce qui reste tout de même une belle performance même si elle ressort inférieur aux attentes. Perdre 2% de marge est beaucoup dans l’absolu mais indique que Swatch Group a parfaitement su gérer les évènements de janvier dernier. C’est un moindre mal si vous me permettez l’expression.

Le groupe est d’ailleurs assez positif sur le second semestre en dépit de la vigueur du franc suisse. Swatch Group compte d’ailleurs beaucoup sur le lancement de l’Omega James Bond. Car la société dispose aussi bien de ses célèbres montres d’entrée de gamme sous sa marque éponyme que des marques prestigieuses. L’empire possède par exemple, outre Omega, les marques Breguet ou encore Blancpain pour le luxe ou encore les marques Longines et Rado pour le haut de gamme.

«  Ses montres vont d’un prix de 28 € à l’infini » comme aimait le dire Nicolas Hayek, le fondateur du groupe, mort en 2010. La puissance de son portefeuille de marques lui permet de résister à une baisse de l’activité. Regardez sur le premier semestre, même avec les éléments cités plus hauts, la société a réussi a augmenté son chiffre d’affaires alors que sur la même période de l’année, les exportations horlogères suisses ont légèrement reculé.

L’action reste assez délaissée actuellement et perd quasiment 7% depuis le début de l’année. L’indice SMI fait beaucoup mieux sur la période et prend 5,1%, ce qui place tout de même le marché helvétique parmi les marchés européens les moins performants aux côtés du Royaume-Uni ou encore la Pologne. L’action reste l’une des sociétés du luxe les moins chères du monde avec un PER de 14 sur les prévisions 2016 ou une Ve/ebit de 11 à la même échéance. Je parle de 2016 car ce devrait être l’année du renouveau avec une amélioration de la rentabilité opérationnelle, revenue sur des niveaux de 20% soit les niveaux de 2014.

swatch group au  20 juillet

Les investisseurs boudent de manière excessive la valeur, qui mériterait un meilleur traitement d’autant que sa situation financière reste très saine avec un gearing négatif. Cela ouvre la voie à des opérations de croissance externe même si cela ne semble pas être la priorité de la direction du groupe helvétique. En tout état de cause, jouer le retour en grâce de Swatch Group ne paraît pas être une erreur de stratégie aux cours actuels.

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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