Suisses et Danois engagés pour 3 ans de fuite en avant ?

Rédigé le 15 septembre 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Les Suisses et les Danois sont-ils près pour trois années de traversée du désert en mode « fuite en avant » ?

Nous avons une affection toute particulière pour la Banque nationale suisse (BNS). C’est notre apprenti sorcier du vieux continent, un peu l’équivalent de la BoJ, mais avec 25 ans d’expérimentations monétaires en moins.

La BNS a décidé de combler son retard en 2013 en « faisant plus fort » que son homologue nippone, en gelant la parité euro/franc suisse (stratégie abandonnée en catastrophe mi-janvier 2015), puis en instaurant les taux les plus négatifs que notre planète ait jamais connus.

La BNS maintient aujourd’hui son principal taux directeur inchangé, à -0,75%

Peut-être prend-elle le temps d’évaluer les bienfaits du précédent abaissement de -25 points de base.

Des bienfaits qui tardent à se matérialiser : la BNS révise à la baisse sa prévision d’inflation pour 2017 à 0,2% contre 0,3% puis à 0,6% en 2018 contre 0,9%.

Par ailleurs, la croissance helvétique est revue à 1,5% contre 1,6% en juin et +1,8% en janvier. Atteindra-t-elle seulement les 1% fin décembre ?

Mais ce n’est pas la faute d’un aventurisme monétaire suicidaire ! Non… le problème provient de la croissance européenne qui ralentit, des émergents qui s’essoufflent, des matières premières qui restent trop bon marché et entretiennent un biais déflationniste.

Le problème ne saurait provenir des taux négatifs, même s’ils se soldent par un échec complet au Japon. En ce qui concerne le Danemark qui pratique un taux de dépôt négatif de -0,65% et qui paye désormais les emprunteurs pour acheter un bien immobilier, le gouvernement abaisse pour la 3e fois cette année son objectif de PIB. La croissance est revue à 1% contre +1,1% en juin et +2% fin mars, sur la base d’une hausse de +0,5% du PIB au 1er trimestre.

Pour la faire courte:  l’estimation initiale se retrouve simplement divisée par 2 en 6 mois.

Pour mémoire, la croissance 2015 s’était établie à +1,2%, loin des +2% visés fin 2014 : la banque centrale danoise avait abaissé de 100 points ses taux directeur l’an dernier… ça devait donc commencer à payer cette année !

Bon, faudra juste patienter jusqu’en 2020 si ça se trouve !

Les suisses et les danois sont ils près pour 3 années de traversée du désert en mode « fuite en avant » ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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