Enfin la fin du secret bancaire helvétique… pour le menu fretin

Rédigé le 17 septembre 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

C’est officiel depuis hier : le secret bancaire pour les non-résidents dans la confédération helvétique a cessé d’exister.

Bon, cela fait 2 ans que le principe en a été formulé sous l’impulsion d’Éveline Widmer-Schlumpf, l’actuelle ministre des Finances.

Mais que ce soit elle ou un autre ministre, la pression américaine était de toutes façons bien trop forte pour la levée du secret bancaire depuis 2009, les États-Unis ayant des moyens imparables de faire plier le gouvernement fédéral (UBS et Crédit Suisse  sont empêtrés dans des scandales d’évasion fiscale qui pourraient leur coûter leur licence aux USA, sans parler des autres procès pour manipulation du Libor ou des devises, ou encore des procédures judiciaires liées aux subprime).

Le vote de l’abolition du secret par le Conseil national (l’Assemblée nationale) ne fut que la confirmation purement formelle de l’enterrement du statut de paradis fiscal et d’une coopération quasi-systématique avec les autorités fiscales et judiciaires des autres pays.

Du point de vue purement pratique et technique, la fin du secret bancaire sera effective le 1er janvier 2018… mais cela fait longtemps que les banques helvétiques pratiquent – sous la contrainte –  la transparence avec Bercy ou Washington, par exemple.

Mais soyons lucides : la fin du secret bancaire ne concerne en fait que le menu fretin, les évadés ordinaires avec des comptes d’un montant inférieur à 500 000 francs suisse (et jusqu’au million) sans grand intérêt pour les banques helvétiques.

Leur véritable pactole va demeurer intact : les multimillionnaires, les milliardaires, eux, ne risquent rien, bien à l’abri derrière d’astucieux montages à base de sociétés-écrans, de fondations, de trusts qui éradiquent tout lien entre les fortunes dissimulées et leur propriétaire.

À l’image du lézard, la Suisse a accepté d’abandonner un bout de sa queue pour sauver ses organes vitaux !

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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