Comment entretenir le miracle d’une croissance à +3,9% en Suède ?

Rédigé le 30 novembre 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

La Suède se retrouve confrontée à un excès de croissance (+0,8% au lieu des +0,4% attendus au T3, soit +3,9% en rythme annuel) mais reste victime d’une déflation persistante, avec des prix qui stagnent ou baissent depuis 3 ans.

En octobre, la jauge de l’inflation du panier de la ménagère était en hausse symbolique de 0,1% sur un an, alors que la banque Centrale (Riksbank) continue de s’accrocher à l’objectif de 2%, tout comme la BCE.

Et la Riksbank s’apprête à réduire une nouvelle fois on principal taux d’intérêt suédois de -0,35% à -0,45% le 15 décembre, c’est à dire 12 jours après que la BCE aura agi (le taux de prises en pension devrait être abaissé de 10 points selon la « rumeur »), et à la veille de l’annonce, jugée très probable, d’une hausse de 25 points du taux directeur de la FED.

En réalité, la Riksbank pourrait abaisser son taux directeur à -2% que cela ne relancerait pas l’inflation, et de toutes façons, ce n’est pas le sujet : comme tant d’autres Banques centrales, son unique préoccupation est d’affaiblir la valeur de la Couronne suédoise afin de préserver la compétitivité de son industrie et ses parts à l’export par rapport à l’eurozone.

Sans cette guerre des devises, pas de croissance… mais encore faut-il s’entendre sur la nature de cette croissance : une grande partie résulte de flux migratoires particulièrement élevés (issue majoritairement du Maghreb et du Proche-Orient) mais dont la population locale commence à se méfier.

C’est un effet d’aubaine temporaire, ensuite, il va falloir que les nouveaux arrivant trouvent effectivement un travail pour pouvoir consommer… sans parler des problèmes d’intégration.

Nombre de migrants – une fois sur place – se déclarant totalement réfractaires à certains codes et usages locaux (travailler avec, ou sous l’autorité de femmes par exemple), ce qui donne lieu à la mise en place de coûteux « programmes d’information », une façon soft de désigner une tentative d’initiation aux « valeurs laïques occidentales ».

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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