Un peu de sucre (haussier) dans votre cacao (baissier) ?

Rédigé le 14 octobre 2015 par | Matières Premières, Toutes les analyses Imprimer

« Follow The trend ! » qu’ils disaient … Pourtant, depuis quelques semaines et cette vague de baisse sur les indices, bien malin celui qui me dira quel est le trend…

Les défenseurs du rallye de fin d’année voient dans la correction estivale une pause salutaire, pendant que les bears (vendeurs) renaissent de leurs cendres après 3 ans de tortures dans une tendance positive quasi-ininterrompue.

La faute aux banques centrales qui ont inondé les marchés de liquidités et ont ainsi largement drivé la hausse.

Là, il faut admettre que les choses se compliquent un peu.

Statuquo sur les politiques monétaires

La FED ne parvient plus à envoyer de signaux clairs, coincée entre crédibilité et rebond économique poussif. La Banque d’Angleterre est à peu près dans la même situation.

La BCE a beau promettre qu’elle ira aussi loin que possible, les arguments semblent usés et les mauvaises statistiques allemandes (Indice ZEW à 1.9 contre 6.8 attendu) pèsent chaque jour un peu plus sur les perspectives de la zone euro.

La banque centrale du Japon, qui illustre parfaitement les limites du quantitative easing, n’est pratiquement plus audible tant les montants engagés sont faramineux au regard des résultats obtenus.

Les banques centrales australienne et néo-zélandaise, en revanche, se satisfont de la baisse respective de leurs devises et gardent une marge de manœuvre solide. C’est sans doute d’ailleurs elles qui ont, pour le moment, la meilleure carte en main. Toutefois, les inquiétudes sur le géant chinois devraient peser à moyen-terme sur ces pays producteurs de matières premières ultra-dépendants de la demande de l’empire du milieu…

La Chine en surplus de plus de 60 Mds

Les relais de croissance internationaux ne sont pas là avec des émergents qui n’émergent décidément pas, et même certains qui boivent la tasse.

De son côté, l’empire chinois va bien. Et oui, il va bien… mais il pourrait arrêter de faire tourner les économies autour de lui.

En effet, la balance commerciale publiée ce mardi a de nouveau montré un excédent supérieur aux attentes. D’un côté des exportations qui ne baissent « que » de 1.10% et de l’autre des importations qui décrochent complètement de plus de 17% !

N’ayez pas peur des matières premières

Comme je l’ai déjà évoqué dans un précédent article, les matières premières me semblent donc une bonne opportunité pour diversifier votre portefeuille à des prix attractifs. Quand tous les loups de la meute hurlent, il est parfois bon de prendre du recul.

Après vous avoir parlé du cuivre qui présente un beau potentiel, je voudrais aujourd’hui mettre un coup de projecteur sur le cacao et le sucre.

CACAO : Le support à 3000 $ pourrait lâcher

Le cacao est sans doute l’une des matières agricole qui a le mieux tenu lors de ces 12 derniers mois. Le cours a même marqué de nouveaux plus hauts aux alentours des 3400 $.

Le manque de production l’année dernière et les inquiétudes sur un phénomène « El nino » ont participé au maintien des prix dans la fourchette haute. Toutefois, les nouvelles sont rassurantes et la production devrait être bonne, poussant les prix à freiner.

Notre indicateur COT (le commitment of traders, qui vous permet de connaitre le positionnement des traders professionnels, spéculateurs ou vrais commerciaux) s’oriente vers une phase de distribution baissière (hausse des achats des commerciaux en rouge sur le graphique), ce qui va dans le sens de ce scénario de baisse des prix du cours du cacao.

En prévision de publications importantes sur la demande et la production la semaine prochaine, le timing est bon.

Techniquement, après un nouvel échec sur cette résistance et un appui dans la zone d’overlap à 3000 $, véritable seuil clé, la configuration me semble donc idéale pour initier une vente sur rebond.

Le prix de vente idéal sera à 3200 $ avec un stop loss au-dessus des 3400 $ pour viser un repli vers 2650 $.

le cours du cacao au 14 octobre 2015

Le Sucre prêt à rebondir plus haut

De son côté, le sucre semble avoir de beaux jours devant lui.

Après une première vague de hausse, voici une nouvelle opportunité de prendre le train de la hausse.

Fondamentalement, les analystes s’attendent à une année encore plus déficitaire que prévue : d’un côté les mauvaises conditions météorologiques ont pesé sur la production en Inde alors que la Chine semble très active avec une véritable razzia sur la production malaisienne, réduisant les livraisons sur le marché londonien.

le cours du sucre au 14 octobre 2015

Le COT indique un début de distribution haussière cette fois.

Je recommande toutefois de patienter et d’attendre un repli après la belle cassure de la semaine passée afin de profiter d’un prix d’entrée correct vers 12.50/11.90 $. L’objectif se situe à 16.45 $ avec un seuil d’invalidation à 10 $.

Comme quoi, même votre petit déjeuner peut inspirer les meilleurs placements !

Vous reprendrez du sucre ?

Bonne semaine !

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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