Rien ne va plus chez les émergents !

Rédigé le 7 septembre 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

Je ne vous apprends rien, en ce début septembre : c’est par la Chine que la panique boursière est arrivée. L’indice chinois a complètement dévissé, perdant 40% depuis son top de la mi-juin et entraînant dans sa chute les autres places financières. En cause : sa croissance ralentit et,  désormais, tout le monde s’en rend compte. Elle n’atteindra pas les 7%, mais plutôt 6,8%  cette année et 6,3% en 2016 d’après le FMI (Patrick Artus, lui, anticipe 2% à 3%… !). Alors,  comme n’importe quel autre pays, la Chine a décidé de dévaluer sa devise dans l’espoir  de relancer ses exportations (ce qu’elle ne pouvait théoriquement pas faire, le yuan étant  arrimé au dollar). Elle a également abaissé ses taux directeurs. Deux fois…

…Coup de tonnerre, donc, dans le monde financier qui a pris conscience que le moteur de  la planète était vraiment en train de caler ! Les places boursières ont toute plongé.

Mais vous avez suivi toutes ces informations et ne parler que de la Chine, c’est oublier que  les autres pays émergents sont aussi embourbés dans une croissance molle…

Le marché devrait, par exemple, se soucier beaucoup plus du Brésil qui entre en récession avec une baisse de son PIB de 1,5% cette année. Il y a 6 ou 7 ans à peine, on parlait encore  du « miracle brésilien ». Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Eh bien, l’inflation à 9,6% oblige le maintien de taux d’intérêt au-dessus de 14%. Or ces  taux élevés ont impacté lourdement la consommation de la fameuse classe moyenne,  en plein enrichissement ; ils ont aussi freiné l’investissement des entreprises, qui chute  carrément de 7%.

Le souci, c’est qu’en parallèle, la politique budgétaire du pays est restée très austère (le  gouvernement veut absolument pouvoir afficher un excédent primaire de 2% en 2018). Or,  avec des infrastructures en retard, une administration archaïque, et des dépenses publiques  en baisse, le Brésil est au bord de l’explosion sociale et les capitaux fuient le pays. Le pays a  bien dévalué sa devise pour relancer ses exportations (à 3,50 real par USD contre 3,00 en mai dernier)… mais sans autre effet qu’importer de l’inflation.

La Bourse s’enfonce (-21% en deux mois), bien loin des 35% gagnés par l’Argentine sur la même période, et les agences de notation menacent de dégrader le pays en catégorie « junk bonds » (à BBB- chez Standard & Poor’s, et Moody’s vient d’abaisser la note de Baa2 à Baa3)…

Bref… en Brésil comme en Chine, le miracle économique a fait long feu. Mais n’est-ce pas l’étincelle qui mettra le feu aux poudres ?

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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