SQLI : les vraies raisons du départ de Julien Mériaudeau

Rédigé le 23 mai 2013 par | Mid et Small Caps Imprimer

Je vous en parlais le 5 mai dernier, le conseil d’administration de SQLI (FR0011289040) a mis fin au mandat de son directeur général, Julien Mériaudeau. Si le départ d’un dirigeant n’est pas en soi une nouvelle extravagante, celui dont nous allons parler aujourd’hui en a toutefois dérouté plus d’un, moi le premier.

Faisons le point sur cette surprenante séparation qui, de mon point de vue, a été motivée par des raisons qui vont bien au-delà des simples « divergences stratégiques » invoquées pour la justifier… Mais, bien évidemment, cela n’engage que moi.

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• Un départ surprenant

A mon humble avis, cher lecteur, il est assez curieux de se séparer d’un homme qui est tout de même à l’origine du redressement du groupe. Arrivé en juillet 2010, Julien Mériaudeau avait pour objectif de recentrer SQLI sur ses activités stratégiques. L’idée ? Redresser les marges quitte à perdre en chiffre d’affaires. C’est d’ailleurs une bonne stratégie dans la mesure où, comme je le disais hier : « Pour évaluer une action, les investisseurs s’intéressent essentiellement à la rentabilité du groupe. Le chiffre d’affaires importe peu ».

Ainsi, sur 2012, le chiffre d’affaires du groupe s’est logiquement inscrit en recul (-3,7% à 158,1 millions d’euros). En revanche, sa rentabilité opérationnelle est passée de 5 à 5,4% et sa rentabilité nette a progressé de 2,4 à 2,8%. Depuis l’arrivée de Julien Mériaudeau à la tête de SQLI, la rentabilité était sur une bonne dynamique. La situation financière du groupe s’en est d’ailleurs sensiblement améliorée. La trésorerie nette était de 5,8 millions d’euros en fin d’année dernière contre un endettement net de 0,5 million d’euros fin 2011. Il faut dire que l’homme a su restaurer l’image du groupe et, surtout, rompre avec la stratégie de croissance externe à tout-va de son prédécesseur. Rappelons qu’en 2010, SQLI était déficitaire à hauteur de 1,8 million d’euros…

Bref, une belle recovery. Il y a moins d’un an, la direction avait même décidé de sortir de son image de penny stock en multipliant par 10 la valeur de ses actions pour se donner plus de crédibilité. En Bourse, le titre a d’ailleurs fait un bond de 40% sur les 6 derniers mois, remontant la capitalisation boursière de SQLI à 35 millions d’euros… Et, ultime satisfaction, un dividende de 0,36 euro avait été décidé pour tous les actionnaires. Alors pourquoi évincer celui qui est à l’origine de tout cela ?

• Quel loup se cache derrière l’arrivée de Didier Fauque ?

Visiblement, comme je le disais en introduction, le conseil d’administration aurait invoqué des « divergences stratégiques » entre la majorité des administrateurs et Julien Mériaudeau. Pourquoi pas si tel est vraiment le cas. Mais, comme je vais vous le démontrer maintenant, vous verrez que l’argument manque de substance.

Venons-en donc à l’arrivée de Didier Fauque – un ancien directeur général d’IBM Global Business Services en France –, le nouveau directeur général de SQLI. La mission qui lui a été confiée consiste à renforcer significativement la position du groupe dans le marketing digital. Mais, lorsque l’on regarde le communiqué du chiffre d’affaires du groupe publié début février, on se rend compte qu’un recentrage sur les activités stratégiques autour des technologies web a déjà été mis en place depuis 2 ans… On ne peut pas vraiment parler de révolution en termes de stratégie mais plutôt d’une continuité.

De ce point de vue, nous sommes donc en droit de nous interroger sur le bien-fondé des « divergences stratégiques » qui ont mis Julien Mériaudeau sur la touche. Et si finalement le départ de l’homme fort du groupe avait été motivé par d’autres raisons que celles qui ont été officiellement avancées ? Didier Fauque a-t-il été nommé à ce poste pour vendre le groupe alors que son prédécesseur voulait le développer ? Devons-nous nous attendre à prochain adossement de SQLI ? Pour l’heure, la question reste entière.

En tout cas, comme je ne cesse de le dire depuis des semaines, avec un PER de 9 ou encore une VE/ROC de 3,4, la société n’est pas très chère aux cours actuels… Il ne m’étonnerait donc pas que des prédateurs tournent autour du dossier quand on voit l’éclatement actuel du capital (et ce n’est pas des rumeurs mais simplement une logique de bon sens qui, je le répète, n’engage que moi). La société ne vaut que 35 millions d’euros en Bourse pour des fonds propres supérieurs à 60 millions d’euros… Surveillez donc de très près l’actualité du titre.

Pour finir, une petite anecdote. Figurez-vous que j’ai rencontré par hasard Julien Mériaudeau à la Gare de Lyon peu après sa destitution. Il n’était absolument pas affecté par son départ et semblait déjà engagé dans de nouvelles aventures industrielles… Et je ne doute pas qu’elles seront à l’image de son brillant passage à la tête de SQLI.

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

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Un commentaire pour “SQLI : les vraies raisons du départ de Julien Mériaudeau”

  1. Un peu orienté comme article à la gloire de…

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