Split d’un cours : pour quoi faire ?

Rédigé le 3 mai 2012 par | IPO, OPA, opérations financières, Mid et Small Caps Imprimer

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THERMADOR est une midcaps — elle a une capitalisation de 255 millions d’euros. Elle est spécialisée dans la distribution de matériels de plomberie à destination des grossistes.

Le groupe est rentable avec une marge nette de 10,6%, ce qui est énorme pour un distributeur. Mais si je vous parle de THERMADOR aujourd’hui, ce n’est pas parce que j’ai rencontré son dirigeant.

Je vous en parle car THERMADOR GROUP (FR0000061111) vient de diviser par deux la valeur nominale de ses actions, ce qui provoque mécaniquement une division par deux de la valeur de son titre. On appelle cela un split (une séparation).

Cette opération est au final assez classique et n’a absolument aucune incidence pour les actionnaires — sauf des bouffées d’angoisse quand les sites Internet ne réactualisent pas en temps réel cette division !

Tenez, regardez ce que cela donne sur Boursorama par exemple, qui n’a pas tenu compte du split de mercredi. THERMADOR affichait une perte de 50% en une semaine avec un plus bas depuis cinq ans. Il n’en est en réalité rien…

Graphique du split sur Thermador

Pour mieux comprendre, prenons un exemple.

Si vous aviez 100 titres THERMADOR à 120 euros le 26 avril, eh bien le lendemain, vous en aviez le double à 60 euros.

Reste à se demander pourquoi une entreprise décide de faire une telle opération.

Primo, lorsque vous valez plus de 100 euros, ce qui était le cas avant de la société avec ce split, vous attirez moins d’investisseurs — sauf à s’appeler LVMH et PPR. Souvent, dans la tête des investisseurs, les actions qui valent plus de 100 euros sont des blue chips. Les small caps ne doivent pas valoir cher (pourtant, cela n’a rien à voir, mais c’est psychologique).

Psychologiquement, les actionnaires ont du mal à acheter des titres au-dessus de 100 euros car pour n’avoir qu’un titre, il faut dépenser une grosse somme. Oui, je suis bien d’accord avec vous que cela revient au même mais… mais c’est comme ça.

On préfère acheter une penny stock qui vaut moins de 1 euro en se disant finalement que passer de 0,90 euro à 1 euro est plus facile que de passer de 90 euros à 100 euros… Ou que l’on perdra moins d’argent. Pourtant, le pourcentage de hausse est rigoureusement le même.

Deuxième raison à un split : les mid ou small caps sont souvent détenues par des fonds qui ne bougent pas beaucoup et qui restent pendant des années dans leur capital. C’est un gage de solidité mais cela provoque parfois des volumes ridicules. Toute la stratégie d’une entreprise est alors d’attirer des actionnaires individuels pour créer une dynamique.

Car ces actionnaires particuliers — c’est d’ailleurs vous, cher lecteur ! — sont recherchés par les sociétés cotées, de petite et de moyenne taille. Vous assurez souvent la liquidité des titres en étant très présent en termes de transactions.

Enfin, en étant remarquées comme étant une des valeurs les plus liquides, vous attirez l’attention des brokers qui se mettent alors à suivre votre titre et à publier leurs recommandations. Je m’explique : lorsque vous travaillez dans la vente institutionnelle (je l’ai été durant de nombreuses années chez Euroland Finance), vous devez faire du courtage. C’est-à-dire que des fonds peuvent vous passer des ordres pour acheter ou vendre telle ou telle valeur.

A vous de proposer, à vos clients, les sociétés que vous jugez les plus intéressantes en gardant en tête qu’elles doivent être suffisamment liquides pour votre client.

Car si certains fonds restent au capital pendant longtemps, d’autres ont des stratégies complètement différentes et essayent de faire des allers-retours assez rapides. C’était le cas, à mon époque, du fonds Finance SA du regretté Olivier Machou qui était extrêmement dynamique et prenait des plus-values rapides.

Cela peut être également le cas de Sebastien Korchia chez Meeschaert… Il est bien évident que ce genre de gérant a besoin de valeurs liquides pour être actif. Lorsque vous avez ce genre de clients au téléphone et que vous proposez un dossier sur lequel il s’est échangé 3 500 titres dans la journée, vous avez moins de chances de le convaincre que s’il y a eu 15 000 titres.

Donc, l’intérêt pour une société de spliter son cours de Bourse est d’attirer des investisseurs, particuliers ou institutionnels, en ayant plus d’animation et de liquidité. En espérant ensuite un effet boule de neige qui fera monter les cours.

Quels pourraient être les futurs candidats à un split ?

J’ai passé au peigne fin la cote et j’ai trouvé des sociétés comme TESSI (79,40 euros actuellement), INSTALLUX (145 euros), BACCARAT (152 euros), MUSEE GREVIN (84 euros), EUROFINS SCIENTIFIC (91,21 euros), SIPH (78,06 euros) ou encore GRAND MARNIER. Tenez, cette dernière vaut par exemple 4 429,98 euros — non, vous ne rêvez pas, elle vaut pratiquement 5000 euros ! Ce qui explique pourquoi sur les cinq dernières séances, il s’est échangé seulement 17 titres sur la société. Une division s’impose mais est-ce la volonté des dirigeants qui communiquent vraiment a minima

Donc le split n’a rien à voir avec la valeur ou les fondamentaux de l’entreprise, il s’agit principalement d’animer le marché.

* Décryptage : split
Ce terme d’origine anglo-saxonne signifie diviser. Si une société décide de divisier son nominal par 5, cela va lui permettre de multiplier son nombre total d’action par 5 et de réduire la valeur de l’action par 5. Ce procédé a pour but de facilité l’acquisition d’une action par des petits actionnaires, d’où généralement une augmentation de la liquidité du titre. A noter qu’un split ne change en rien la capitalisation boursière d’une société.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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