SPECIAL BCE : Super Mario pourrait bien copier ce communiqué

Rédigé le 10 mars 2016 par | Analyses indices, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Les membres du conseil de la banque centrale ont décidé d’abaisser le taux directeur d’un quart de point en raison de la dégradation des perspectives concernant la croissance mondiale.

« Notre politique monétaire continuera d’être accommodante. Des assouplissements supplémentaires de notre politique monétaire pourraient être nécessaires pour garantir que l’inflation moyenne – actuellement très voisine de zéro – se rapproche de notre objectif central de 2%. »

Tout ce qui précède est parfaitement authentique. J’ai repris le communiqué diffusé par la Banque centrale presque au mot près, compte tenu d’une traduction aussi fidèle que possible. La version originale étant traditionnellement rédigée en anglais…

Une fuite à BCE ?

Précisons que nous en avons pris connaissance cette nuit, aux alentours de 1h du matin.

Y aurait-il eu une fuite ? Ce ne serait pas la première ! Mais non, ce texte n’a pas été extrait par un super-hacker de l’un des ordinateurs mal protégés de la BCE. Il s’agit du texte lu la nuit dernière par Graeme Wheeler, le gouverneur de la Banque de Réserve de Nouvelle Zélande (RBNZ).

La RBNZ abaisse son taux directeur d’un quart de point de 2,50% à 2,25%, ce qui constitue un nouveau plus bas record absolu.

A part les -0,25% qui ne sont pas raccord avec l’anticipation d’un abaissement du taux de prise en pension, l’essentiel du communiqué pourrait être repris tel quel par Super Mario et les membres de la BCE, tant les problématiques, le diagnostic et la stratégie sont similaires.

Auckland est peut-être le point de la planète le plus éloigné de Francfort (en tous cas, la Nouvelle Zélande est le pays développé le plus éloigné des rives du Rhin, il n’y a pas photo), mais la déflation s’y incruste et la baisse de taux de décembre n’en est pas venu à bout.

L’économie néo-zélandaise ne ressemble pas à celle de l’Allemagne : ce lointain pays n’exporte ni berlines de luxe ni machines-outils vers la Chine. Elle ne ressemble pas non plus à l’économie britannique : il n’y a pas de City, pas de réacteur nucléaire financier carburant aux produits dérivés. Et pas davantage à celle des États-Unis : ce n’est pas un grand exportateur d’armes ni de droits audiovisuels.

L’économie de la Nouvelle Zélande ressemble un peu plus à celle de la France ou de l’Italie : c’est un pays d’élevage et de viticulture et la chaîne montagneuse, qui parcourt les deux îles principales, se rapproche des paysages alpins… Et l’on y vient également pour admirer de merveilleux paysages qui prêtent à la rêverie.

Il y a tout de même une petite différence : alors que Léonard de Vinci partageait son génie entre Florence et Amboise, la Nouvelle Zélande était quasiment déserte. Les Européens n’y débarquèrent qu’en 1642, une bonne centaine d’années après la mort de l’auteur de La Joconde (en 1519).

De façon assez surprenante, ce pays – dont la trajectoire économique ne ressemble à aucun autre, dont la population est aussi récente que celles des États-Unis, mais qui a connu une trajectoire historique complètement différente, étant épargné par les guerres et les crises de type 1929/1937 – ce pays, donc, est également contaminé par la vague planétaire de déflation. Et sa Banque centrale reprend pour la combattre les mêmes recettes que ses consœurs de l’hémisphère nord (Fed, BCE, BoJ, BoE, etc.).

Et comme en Europe, aux États-Unis, au Japon, en Angleterre, les mêmes recettes monétaires appliquées à un pays de 4,45 millions d’habitants (1% de la population européenne, 3% de la population japonaise, un tiers de celle de l’Ile-de-France) ne fonctionnent pas.

La déflation affecte de la même façon les économies libérales tournées ou non vers l’exportation, ayant ou non un riche passé historique, regroupant une population se comptant en centaines de millions ou en centaines de milliers. Oui, partout où les Banques centrales subvertissent les lois économiques, empêchent les marchés de déterminer librement les prix, brouillent des références et annihilent toute incitation à prendre des risques.

Qui irait investir dans un monde en récession alors que l’on peut gagner de l’argent à coup sûr en participant au Ponzi obligataire ? Dire que la Nouvelle Zélande pense se tirer d’affaire en participant à la spirale inexorable de la guerre des devises !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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