S&P 500 version lunettes roses : tout va bien !

Rédigé le 10 février 2012 par | Autres indices Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

Ca y est, la confiance est de retour.

Les gérants ont remis leurs lunettes roses. Ils se déclarent tous acheteurs et les actifs (matières premières, bons du Trésor, actions) reviennent sur les niveaux de la fin octobre en Europe et du début de l’été aux Etats-Unis.

Les derniers sondages font état d’un pourcentage astronomique (près de 80%) d’opérateurs optimistes. Nous avions connu ce type de périodes bénies dans les années 1985-1987 ou 1997-2000 : les épargnants et les professionnels de la Finance étaient massivement acheteurs, ce qui se traduisait par un gonflement significatif des volumes d’échanges et des afflux de liquidités dans les OPCVM et les contrats d’assurance-vie.

Sauf que…

OUI, la crise ravage toujours les marchés européens ;
OUI, la volatilité est difficile à gérer pour les investisseurs particuliers ;
OUI, il est peu probable que vous arriviez à faire des gains seul dans ce contexte…

Une solution existe pour ne plus se laisser balader par les marchés. Une solution qui a déjà permis à certains de nos lecteurs d’engranger des gains rapides de 44,05%… 10,36%… 31,67%… 76,05%… en quelques jours seulement !

Soit vous ne changez rien et vous prenez le risque de vous faire broyer par la volatilité. Soit vous décidez d’utiliser vous aussi cette solution et de bénéficier ainsi d’outils spécialement conçus pour profiter de cette volatilité. Tous les détails sont ici !

 

Où sont les acheteurs ?
Aucune trace d’achats massifs depuis huit semaines…

Il suffit d’observer l’activité quotidienne sur le plus représentatif des indices boursiers de la planète – le S&P 500 – pour constater la contraction des volumes à mesure que l’indice enchaîne les hausses. Et les échanges ne s’étoffent qu’en de très rares occasions : lorsque Wall Street consolide !

La réalité, c’est que, pour une majorité d’institutionnels, la décollecte reste la règle. Quand certains brokers voient affluer des adeptes du day trading, c’est parce que ces traders en herbe sont convaincus qu’avec le LTRO de la BCE, la Bourse et les bons Trésor, on gagne à tous les coups. Or, malgré nos récentes mises en garde, nous serions bien en peine de les démentir. Wall Street est bien parti pour enchaîner une huitième semaine de hausse tandis que Francfort, avec +15,5% depuis le 1er janvier, égale déjà sa hausse de 2009. Le CAC 40 vient de franchir en force les 3 400 points et retrace ainsi 50% des pertes subies entre 4 170 et 2 695 points. Mais cette « force » justement fait débat : les volumes anémiques des dernières séances (constamment inférieurs à 3Mds€) tendent à prouver que l’indice « monte dans le vide ». Nous nous arrachons les cheveux.

En dehors du prétexte – cela devient presque un gag – du gouvernement grec qui « va signer » un accord sans cesse remis aux calendes éponymes, il n’y a pas de véritable relai à l’achat. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles notre analyste, Sébastien Duhamel, reste pour l’instant cash dans son service de trading sur Turbos, car tout plaide pour la baisse, qui ne vient pas – mais la hausse n’en fini pas de s’essouffler. Les valeurs bancaires restent les locomotives du marché, le reste de la cote ne suit pas. Vous savez désormais ce que je vais vous dire : le marché est uniquement animé par des robots qui font monter les cours.

Une fois encore, les vendeurs potentiels restent sur la touche et laissent les robots fixer librement les cours à la hausse et valider des objectifs qui présentent des intérêts stratégiques de court terme incompréhensibles pour les non-initiés – comme l’écrasement de la volatilité et la désactivation de nombreux produits de couverture à effet de levier.

L’important, c’est d’y croire
Il y a toujours une bonne raison de laisser l’ensemble des actifs grimper, comme par exemple un Ben Bernanke qui se demande « si l’ensemble de l’Europe est bien en récession ». Imaginez un seul instant que l’Eurozone affiche +0,1% de croissance d’ici la fin du mois de juin ! Cela changerait tout ! Le chiffre du PIB apparaîtrait alors sur fond vert et non plus sur fond rouge, le tableau macro-économique s’en trouverait littéralement transfiguré et les dizaines de millions de chômeurs seraient transportés de bonheur de savoir que si les entreprises n’embauchent pas, la presse au moins cesse d’invoquer à tout propos ce concept horrible de « récession ». Aux Etats-Unis également, les millions de chômeurs en fin de droit qui disparaissent comme par enchantement de la population active sont heureux d’apprendre qu’ils contribuent – par leur éradication statistique – à entretenir le sentiment que le marché du travail connaît une spectaculaire embellie depuis octobre. Etrange, pourtant… le nombre de nouveaux postes n’a que faiblement progressé par rapport à décembre dernier, et les « heures sup » pas du tout…

Mais ce qui compte, c’est le ressenti du marché et la capacité de Wall Street à entretenir un sentiment de richesse bidon.

Mettez vos lunettes roses : vous le voyez, le potentiel de hausse ?
Alors voici le S&P 500 revient au contact de la résistance des 1 350 points, c’est-à-dire au plus haut depuis le 7 juillet 2011. Inutile de préciser qu’à l’issue d’un cycle de onze semaines de hausse (depuis le plancher de 1 158 points) – dont huit semaines de hausse consécutive sans aucun repli dépassant les 0,55% depuis le 1er janvier – les oscillateurs techniques (MACD, Momentum, RSI, stochastiques…) affichent des niveaux de tension explosifs.

En fait, ils n’ont jamais affiché de tels excès depuis octobre 2007, avril 2010 et mai 2011… de véritables « références » puisque ce bel optimisme univoque des marchés a été suivi par trois corrections de -20%, au minimum.

Graphique: S&P 500
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Mais rien à craindre pour l’instant : nous avons mis nos lunettes roses et constatons qu’il reste 20 points avant d’atteindre les 1 370 points (zénith annuel du 2 mai 2011). Tout va donc bien, le risque de consolidation est donc largement écarté.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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